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ndahfranc
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Tribune de l'écrivain débutant : réflexions critiques sur la société, la culture, le livre et la vie
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15.11.2007
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ETRE ECRIVAIN AUJOURD’HUI EN CÔTE D’IVOIRE

ETRE ECRIVAIN AUJOURD’HUI EN CÔTE D’IVOIRE

Posté le 15.11.2007 par ndahfranc
Etre écrivain aujourd’hui en Côte d’Ivoire, voilà un débat que je voudrais voir engagé par les intellectuels de tous bords. D’abord parce que ce terme est souvent mal utilisé dans les médias nationaux et ensuite parce que la course au titre d’écrivain est un véritable mal qui est en train de tuer cette noble profession.

De la définition du mot écrivain
Dans la littérature française, la codification de la notion d’écrivain et d’auteur a évolué tout au long de l’histoire littéraire et culturelle du peuple français. Les intellectuels se sont affrontés dans des débats parfois houleux sur le sens et la valeur des termes littérature, auteur et écrivain. La diversité des approches a certes nourri le débat et enrichi l’histoire de la littérature dans son ensemble, mais c’est surtout le consensus minimum qui s’est dégagé qui en consacre l’intérêt.
Au début du XVIIe siècle, Auteur était le terme générique pour désigner tous ceux qui écrivent, mais bien plus, on l’associe à la qualité d’originalité, et constitue une qualification possible de l’écrivain. Mais cette conception va s’inverser au cours du siècle. Désormais, est considéré comme écrivain, un auteur qui produit des ouvrages à visée esthétique, c’est-à-dire qui joint à la création l’art de la forme. Cette vision va s’affirmer tout au long du siècle et sera couronnée par l’exigence de la publication par l’imprimé. Être auteur, a fortiori écrivain, suppose des lecteurs, seuls véritables destinataires des œuvres de l’esprit. Ne pourra être distingué comme écrivain que celui qui aura pris le risque de s’exposer au jugement public, de mettre son nom en jeu sur le marché littéraire. L’attribution du nom d’écrivain représente donc une distinction, une valeur.
La fonction sociale de l’Ecrivain sera elle aussi débattue et affirmée comme une exigence. Etre Ecrivain revient à former l’esprit et le goût par des lectures de qualité. Et la rémunération est légitime si la fonction est bien tenue. Ainsi, au XVIIIe siècle, l’écrivain, suivant un terme nouveau et désormais noble, accède en tout cas au premier rang de dignité parmi les hommes de lettres. Toute chose qui accroîtra la condition matérielle et légale des auteurs, leur donnera une aisance et une honorabilité accrues et leur ouvrira l’accès à la société mondaine.
Comme on peut le voir, le sacre de l’écrivain et l’autonomie de la littérature au début du XIXe siècle furent bien le terme d’un mouvement de longue durée.

Commentaires
Ce bref historique que j’ai voulu faire n’est qu’un prétexte pour mettre sur la table un certain nombre de préoccupations.
Et la première qui me vient justement à l’esprit est celle de savoir si les canons esthétiques patiemment construits par les intellectuels français tout au long de leur histoire littéraire sont un prêt-à-porter que nous pourrions utiliser sans aucun risque. Sur la question, je voudrais donner mon point de vue. La charge socioculturelle que renferment les notions d’écrivain et de littérature répond à un projet de société affirmé et constamment renouvelé par les « grands esprits » qui président aux destinées de la nation. A ce titre, aucune société ne ressemblant à aucune autre, une transposition de ces valeurs ne saurait se faire sans risques. L’un des plus grands problèmes de la littérature ivoirienne, c’est qu’elle manque de points d’encrage et de repères. Elle navigue à vue. Nos chercheurs sont comme habités par le fétichisme du secret, pour utiliser un terme à la mode ces jours-ci. Leurs travaux sont inconnus du grand public à cause du manque de structures adéquates pour leur vulgarisation. Les critiques littéraires, véritables gardiens du temple, sont aussi incultes qu’aphones. Les rares qui tirent leur épingle du jeu n’ont pas droit à la parole ou finissent par se prostituer avec les hommes politiques si ce n’est avec les grandes maisons d’éditions dont le seul intérêt est commercial. La littérature ivoirienne manque d’identité propre parce que les grandes tribunes qui devraient permettre aux intellectuels de tous bords d’en repérer et consacrer les traits n’existent pas ou fonctionnent mal. L’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire n’existe que de nom. Le ministère de la culture n’a aucune politique culturelle cohérente et ne vit que par la musique et les concours de beauté. Ce n’est pas que je veuille jeter la pierre à ces entités culturelles qui semblent tirer leur épingle du jeu de la concurrence, mais je veux juste relever que les pouvoirs publics gagneraient à équilibrer l’attention qu’ils portent aux industries culturelles. Car, en faisant la promotion tous azimuts de certaines valeurs culturelles au détriment d’autres, on consacre ainsi leur prééminence. Il n’est donc pas surprenant aujourd’hui de voir les jeunes courir vers ces industries culturelles plutôt que vers celles qui ont une incidence plus positive sur leur formation intellectuelle et spirituelle. Mon ami Koffi disait la semaine passée que les africains ne lisent pas, eh bien, voici une des raisons qui justifient cet état de fait.
La deuxième préoccupation que je voudrais partager avec vous, c’est l’exploitation abusive et malveillante du titre d’écrivain. Aujourd’hui, nous assistons avec impuissance à la naissance d’une race d’écrivains et d’auteurs aux desseins pas toujours conformes aux exigences de la profession. L’écriture est devenue une arme politique et néocoloniale au service d’une minorité qui manipule ainsi la conscience du peuple. Des livres sont mis sur le marché qui font l’apologie de la haine et de la violence. Le culte de la personnalité et la quête du pouvoir d’état sont la seule idéologie qui sous-tend ces productions. Et le pire, c’est que les maisons d’édition qui ne sont que des entreprises commerciales, mettent leur savoir-faire au service de ces pseudo écrivains. Leurs œuvres sont « dédicacées » dans les plus grands palaces avec des invités triés sur le volet. Des émissions télévisées sont enregistrées avec les plus « grands » journalistes… Pendant ce temps, les manuscrits des « vrais » écrivains pourrissent dans les tiroirs des maisons d’édition au motif qu’il n’y a pas d’argent pour les éditer. Quels types d’ivoiriens veut-on voir naître avec des œuvres aussi partisanes que racistes ? Ce que je veux dire, si on ne peut dénier à aucune personne le droit d’être écrivain, qu’on n’empêche pas non plus ceux qui ont du talent de s’exprimer, par quelque moyen que ce soit. Sinon, dans quelques années, le risque est grand de retrouver la littérature ivoirienne dans une situation des plus catastrophiques.
L’écrivain, le vrai, est aujourd’hui livré à lui-même. On n’a pas suffisamment conscience du rôle d’éclaireur et d’artiste qui est le sien. L’écrivain se situe en dehors des classes et des partis. Belle âme, il refuse la corruption et œuvre pour le triomphe spirituel de la société. A l’image du sage-vieillard de la société africaine, il a pour mission de rêver la société selon les valeurs les plus pures. Il est donc temps que les uns et les autres lui accordent la place qui est la sienne ainsi que le respect qu’il mérite. Car, sa déchéance entraînera inéluctablement celle de la société.

N’DAH François d’Assise Konan
Professeur de Lettres Modernes et écrivain.



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100% D'accord avec N'Dah
Posté par Kingsley Kobo le 12.06.2008
Bonjour, je suis Kingsley Kobo, un ecrivain debutant d'origine nigériane. J'ecris qu'en anglais mais je parles aussi le fraçais à ma manière donc, pardonnez mes fautes. C'est vrai les africains ne lisent pas beaucoup mais le cas ivoirienne est grave. La culture ivoirienne est actuallement dominé par les son des DJ. Ceux-la meme qui ne devaient meme avoir leurs place à la RTI. C'est triste. La génération de Amadou Khuruma s'en va, et il n y a pas de releve d'abbord. Ceux que vous voyez qui sontent des livres chaque jour ne sont pas des écrivains. Ils sont guidé par des fins politiques. Et leurs oeuvres n'ont aucune riches littéraires. Et au lieu de l'hormonie et unité; leurs ouvrages dispensent que de la haine, le nationalisme aveuglé, etc. Les vrai écrivains sont malheuresent covert par cette fumée noir de négligence généré par ses maisons d'éditons qui n'ont pas un coeur pour l'avenir de la vraie littérature ivoirienne. Pour conclus, je pense que cet article de Mr N'Dah François devait etre publié dans tous les journaux de la place et dans la francophonie. Mr François pleure avec nous tous ses semblades en profession et ambition. Et je sugere que vous, Mr François, lance un mouvement dans ce sens pour resenser les jeunes écrivain et si c'est possible, creer une autre association des ecrivains Ivoirienne(les chanteurs en ont beacoup). Nous les jeunes écrivains, ne pouvons pas se laisser dans la main de ses 'sans coeur' Merci.


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