VOYAGE INTERIEUR
Posté le 27.11.2007 par ndahfranc
Une jeune femme qui se sentait perdue à cause des difficultés de la vie cherchait à comprendre pourquoi sa destinée était si difficile. Au bout du rouleau, elle voulait se suicider ou partir ailleurs pour tenter sa chance en espérant que le bonheur lui ouvrirait cette fois les bras. Mais avant de prendre une décision définitive, elle voulait réussir cette fois à entrer en contact avec son ange gardien toute chose qu’elle n’avait jamais réussi à faire jusqu’à présent. Aussi, prit-elle la position que lui avait enseignée une de ses amies quelques jours plus tôt. Assise sur une natte, buste droit, jambes écartées et repliées se joignant par les plantes des pieds, dos des mains posées sur les cuisses, yeux fermés, elle essaya d’accéder à son être intérieur afin de lui demander de l’aide dans l’entreprise qu’elle allait mettre à exécution. Quelques minutes plus tard, entre plusieurs langues de flammes, apparut le visage énigmatique de son ange gardien.
- Que veux-tu, femme ? lui demanda-t-il.
- Je veux savoir pourquoi ma vie est si triste, pourquoi le bonheur fuit loin de moi.
L’ange lui sourit.
- Il y a longtemps que j’attendais que tu me poses cette question.
- Je n’arrivais pas à entrer en contact avec toi.
- Mais tu me cherches là où tu es certaine de ne pas me trouver.
- Comment ça ?
- Tu me cherches en dehors de toi or je suis en toi. La preuve, tu m’as trouvé quand tu m’as cherché là où je me trouvais.
- D’accord, maintenant que je t’ai trouvé, je voudrais comprendre.
- Tout ce que tu dois comprendre et savoir se trouve en toi-même.
- Comment y avoir accès ?
- C’est simple, il te suffit de te soumettre à l’épreuve du miroir.
- L’épreuve du miroir ?
- Oui. C’est une épreuve qui consiste à entrer en soi-même et de prendre connaissance de ce qui s’y trouve. C’est la seule façon pour l’être humain de savoir qui il est en réalité, quels ont été ses gains et ses passifs karmiques et comment il peut construire son avenir.
Quand la jeune femme eut pris congé de son ange gardien, un sentiment de peur s’était substitué à l’espoir qu’avait suscité sa rencontre avec lui. Mais cette réaction était tout à fait normale car l’homme a toujours eu peur de connaître sa vraie nature. Il préfère vivre dans l’ignorance, ce qui lui évite de faire les efforts nécessaires pour son évolution.
Ah ! L’épreuve du miroir ! Elle la redoutait tant, mais à présent, elle n’avait plus le choix. Il lui fallait s’y soumettre.
Guidée par la force du destin, elle marcha d’un pas hésitant en direction du miroir et le détacha du mur. Puis, tout doucement, avec des gestes d’une dextérité maladroite, elle le posa sur une chaise devant elle avant de reprendre sa position de tout à l’heure. Elle se concentra avec toute la force de son esprit en fixant le miroir. Tout à coup, à la place de son image, une porte s’ouvrit. D’un pas incertain, elle pénétra alors cette demeure mystérieuse à laquelle elle venait enfin d’avoir accès. Et la nuit surgit brusquement derrière ses paupières subjuguées. Devant elle, s’entremêlaient des voies inextricables. Elle marchait sans savoir où aller. Les rues étaient vides ; les cieux sans étoiles ; les maisons inhabitées…C’était une ville fantôme, refuge de souvenirs abandonnés. Elle était seule et continuait de marcher, poussée par le vent et les dunes du destin. Plus tard, elle s’arrêta devant une immense maison, consciente d’être enfin arrivée à la fin de son trajet. Elle s’avança jusqu’à la porte qui donnait sur le salon. Mais soudain, elle eut peur de l’ouvrir, car elle savait que cette porte donnait accès au silence, à la demeure des âmes déchues. Imaginez une demeure où chaque pierre est un secret, un soupir, une défaite, une angoisse, un enfer. L’âme qui pénètre dans une telle maison est exposée aux forces du mal, forces impitoyables des ténèbres. Mais elle avait besoin de franchir cette porte car, c’était aussi la porte de la vérité. Elle n’avait donc pas le choix.
Prenant son courage à deux mains, elle poussa la porte qui grinça avant de s’ouvrir. L’esprit tourmenté, elle en franchit le seuil. Mais à peine fit-elle quelques pas que la porte se referma aussitôt derrière elle, dans un fracas terrifiant. Des murmures commencèrent alors à se faire entendre. Elle avait le sentiment que des êtres invisibles tenaient une réunion secrète dans cette étrange et immense maison. Elle avança à travers les couloirs sans savoir où elle allait en réalité. Après avoir parcouru un chemin interminable, elle s’arrêta enfin devant une porte qui portait cet écriteau : « Ici se trouvent les réponses à vos interrogations… » Son cœur se mit alors à battre de façon désordonnée. Elle se demandait si elle devait continuer ou rebrousser chemin. Finalement, elle se résolut à frapper à la porte et attendit. Quelques instants plus tard, le battant s’ouvrit. Elle entra. Mais la pièce était vide. Seule une petite table avec deux chaises de part et d’autre en occupait le centre. Instinctivement, elle prit place et attendit.
Quelques minutes plus tard, un moine au crâne nu et à la longue barbe blanche fit son entrée dans la pièce. Sans rien dire, il vint prendre place en face d’elle. Puis, de son regard énigmatique, il entreprit de scanner son âme. Quand il eut fini, il lui demanda, amer et déçu :
- Pourquoi te laisses-tu mourir alors que la vie t’ouvre gentiment les bras ?
- Trop d’obstacles m’empêchent de sauter dans le train du bonheur, répondit-elle, amère.
- Le vrai problème qui t’empêche d’être heureuse, c’est de chercher le bonheur là où il n’est pas. La plupart des humains font cette erreur et leur vie devient un calvaire.
- Dites-moi comment m’y prendre. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas.
Le moine sourit avant de poursuivre.
- Sur le chemin comme dans la vie, seul l’homme avisé et sage peut courtiser le bonheur. Le soleil ne brille jamais de la même façon et avec la même force à l’intérieur des hommes. Un disciple ne peut jamais imiter les pas de son maître. A chacun sa manière de voir la vie, de vivre les difficultés et les conquêtes.
- Vous voulez dire que la quête du bonheur est un voyage solitaire ?
- Mieux, c’est une entreprise intérieure. Enseigner, c’est montrer ce qui est possible. Apprendre, c’est rendre possible à soi-même. La quête du bonheur, c’est être capable de réaliser son unité avec Dieu. Or, nombre de personnes sont incapables de le faire parce qu’elles ne savent pas vraiment qui est Dieu.
Il regarda avec amertume le trouble qu’avait suscité en elle la notion de Dieu. Il poursuivit donc.
- Dieu est un Principe et tout Principe est immuable. Tous les hommes reconnaissent que Dieu est la perfection de la Justice et pourtant ils ne cessent de se plaindre à longueur de journée d’être défavorisés dans tel ou tel domaine de la vie ou de n’avoir pas reçu suffisamment de dons pour réussir leur vie terrestre. Mais, à qui la faute ? Tu veux que je te dise à qui la faute ? Eh bien, sache que chaque homme est responsable de ce qui lui arrive. On ne vient dans la vie qu’avec l’héritage de sa vie précédente. Et une fois qu’on vient à la vie, on ne peut rien faire pour modifier cet héritage. Seule l’acceptation de notre condition peut réduire la souffrance légitime qui en découle. A quoi cela sert-il de se révolter contre Dieu qui n’est fidèle qu’à ses propres principes ? « Tout ce que l’homme sème, il le récoltera aussi » disent les Saintes Ecritures. C’est la loi de la semence. Si vous semez le bien, vous récolterez le bien, et si vous semez le mal, c’est le mal que vous récolterez. C’est une loi immuable que personne ne peut transgresser impunément. La loi est donc là, connue de tous. A qui donc la faute ? Est-ce à celui qui a instauré la loi ou à celui qui la connaissait et qui malgré tout l’a transgressée ?
La jeune femme baissa la tête, coupable. Le moine sourit de nouveau avant de continuer.
- Les humains raisonnent de façon absurde allant jusqu’à incriminer Dieu ou leurs semblables de leur mener la vie dure, sans raison valable. S’ils ont tant de difficultés à trouver un sens à leur vie, c’est simplement parce qu’ils croient que leur vie présente est coupée du passé et sans aucun rapport avec l’avenir auquel certains d’ailleurs ne croient même pas. Or, il est indéniable que le présent dépend du passé et que le présent construit également l’avenir. Dès qu’on admet cette conception, tout devient tellement clair. On finit par comprendre que chaque événement de notre vie a sa raison d’être…
- Si je suis donc votre raisonnement, l’interrompit la jeune femme, la prière n’a donc aucune espèce d’importance puisqu’elle ne peut agir sur notre vie présente ?
- C’est une mauvaise compréhension de la prière. La prière est le moyen par lequel l’homme loue la perfection de Dieu à travers les principes qu’il a établis. Souvent, dans les épreuves, on entend les gens dire : tout ce que Dieu fait est bon. Alors, si tel est le cas, il faut l’en remercier. Il faut dire : « Seigneur Dieu, maintenant j’ai compris : si j’ai ces épreuves à subir, cela signifie que je paie mes dettes et c’est très bien. Je ne me révolterai plus et je ne te demanderai plus d’être épargné. » La prière permet également à l’homme de demander à Dieu la Sagesse, c’est-à-dire l’acquisition de la Vérité intemporelle et des vertus cardinales, seul gage pour un avenir radieux. Dès aujourd’hui, tu peux préparer ton avenir par le désir, la pensée, la prière. Alors, va et mène le Bon Combat sans toutefois oublier ceci : on ne parvient au bonheur que par la connaissance de Dieu.
C’est sur cette dernière phrase que le moine se leva et disparut au détour de la porte…
La jeune femme se leva et lui emboîta le pas. Mais dès qu’elle sortit de la pièce, un remue-ménage infernal se fit entendre de celle d’en face : des cris, des hurlements, des gémissements qui lui déchiraient le cœur… Des êtres y étaient enfermés et cherchaient vainement à s’échapper.
Quand elle revint à elle, elle se sentait bouleversée par toutes ces vérités bien qu’elle avait le sentiment que quelque chose de puissant et de grandiose venait de se produire en elle : elle ne détestait plus Dieu.
Cette histoire m’a été racontée par un ami qui avait une immense connaissance des Lois cosmiques. Il m’a demandé de tenter la même expérience que cette femme. Après avoir longtemps hésité, je m’y suis mis et je ne vous le dis pas, ce que j’ai découvert a largement dépassé mes espérances. Voilà pourquoi désormais, j’apprends à aimer Dieu au lieu de le détester comme j’avais pris la mauvaise habitude de le faire. Vous aussi, vous pouvez tenter cette expérience fabuleuse. Votre vie s’en trouvera certainement changée.
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