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ndahfranc
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Tribune de l'écrivain débutant : réflexions critiques sur la société, la culture, le livre et la vie
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15.11.2007
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L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 1

L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 1

Posté le 28.11.2007 par ndahfranc
Je voudrais vous proposer chaque semaine, un chapitre de ce roman inédit. C'est de la littérature sentimentale en hommage à toutes les femmes qui prennent plaisir à visiter mon blog. J'espère que cette histoire vous plaira. Bonne lecture.

Le lac Akromionbla s’étendait, calme et généreux, au centre de la ville. Les rayons naissants du soleil lui donnaient une allure presque majestueuse.
Ses admirateurs, depuis que la Sotra y avait installé une petite compagnie de transport pour les amateurs de tourisme et loisirs, se bousculaient sur ses deux berges afin de profiter de son humeur joviale et matinale.
A cette heure déjà, le carnaval de ces petits bateaux de plaisance était impressionnant.
William et Linda, deux amoureux comme il en existait une multitude dans cette belle ville de Yamoussoukro, se faufilaient parmi la foule, visiteurs enchantés par tant de féerie. Mais le premier cité, contrairement à ses habitudes, n’avait pas tout à fait le cœur à l’ouvrage ; il paraissait préoccupé.
- Viens, allons faire un tour en barque, lui lança Linda, comme pour exorciser sa mauvaise humeur.
- Non, répondit-il froidement.
- Quoi ! Tu as peur de te froisser un muscle ?
- Non.
- Allez ! viens faire un tour, ça sera agréable !
- Je ne peux pas ; je te quitte, lâcha-t-il, cynique.
Une décharge traversa le cœur de la pauvre jeune femme, mais elle fit un effort surhumain pour n’en rien laisser paraître.
- Viens sur la barque, répliqua-t-elle, comme pour se convaincre qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie.
- Non.
- Quoi ! Mais, qu’est-ce qui se passe ? Mon Dieu, tu es sérieux ? demanda-t-elle l’air tout à fait désespéré.
- Ça n’a rien à voir avec toi.
- Vraiment ? soupira-t-elle, le cœur en feu.
- Vraiment… Je ne pouvais que t’offrir l’histoire que nous avons vécue jusqu’ici ; jusqu’à ce qu’elle se termine. Et elle va se terminer… J’aurais pu attendre pour te le dire, mais ça n’aurait pas été loyal.
- Ecoute, je n’y comprends rien ; comment peux-tu être aussi sûr ? Ça ne fait que quelques semaines… Les sentiments changent, les situations évoluent… Je veux dire, tu ne me connais même pas…
- Peut-être pas ; mais je me connais, moi. Je suis désolé.
Puis, il tourna les talons et s’éloigna. Elle voyait son imposante silhouette se faufiler à travers la multitude et disparaître. Elle savait que c’était vraiment fini. Plus jamais, elle ne reverrait son beau sourire, celui qui l’avait séduite dès le premier regard, comme un coup de foudre. Et ce visage candide et plein de sympathie sans doute dû à la flamme de son regard, comment pourrait-elle l’oublier ?
Elle essaya une dernière fois de le repérer, mais il était déjà parti. Cette histoire, son histoire, leur histoire, se terminait de la façon la plus banale qui soit. Et dire qu’elle y avait mis tout son cœur, toute son âme. A l’idée de devoir tout recommencer encore à zéro, elle en avait les larmes aux yeux. Comme toujours, le destin lui jouait encore un de ses tours diaboliques à vous précipiter vers la mort.
Derrière elle, William ébaucha un sourire de satisfaction. Au fond, ça n’avait pas été aussi difficile qu’il le pensait. Linda n’était pas la femme rare qu’il recherchait depuis des lustres.
Que lui reprochait-il au juste ? Il n’en avait pas la moindre idée. Peut-être était-elle trop possessive ? Ou simplement pas assez amoureuse ? Il ne saurait le dire.
Mais, en agissant ainsi, William apportait de l’eau au moulin de son ami John et de tous ceux qui le soupçonnaient d’user de cette ruse pour jouer les don Juan.
A la vérité, ils n’avaient pas tort car, le nombre de jeunes filles qui avaient fait les frais du charme et de l’instabilité chronique de William Pokou se comptaient par dizaines.
En rentrant chez lui, aucun remord ne l’habitait. « Sacré Will ! » se serait probablement écrié son ami John, s’il avait été témoin de cette scène pathétique.

* *
*

Yamoussoukro, la ville lumière, brillait de mille feux. Telle une jeune femme la veille de son mariage, elle resplendissait sous le charme multicolore des lumières magiques des néons et autres ampoules des lampadaires plantés tout le long des routes et grandes avenues qui faisaient sa renommée.
Oui, Yamoussoukro, depuis le transfert réel de la capitale, s’était métamorphosée. En plus des monuments d’une architecture futuriste comme la Maison des Députés ou le Siège du Gouvernement, qui avaient poussé comme des champignons, de grands espaces commerciaux attirant une foule impressionnante avaient eux aussi vu le jour, faisant de la capitale politique de la Côte d’Ivoire, la plaque tournante du tourisme, du shopping et de la gastronomie du pays. On y venait de partout pour admirer la Basilique Notre Dame de la Paix, le lac aux caïmans, ainsi que toutes ces infrastructures socio-économiques dignes des grandes capitales européennes, mais aussi pour manger du kédjénou de pintade ou de poulet ou de la soupe de machoirons aux épices locales.
Ce week-end encore, la tradition avait été respectée. Un nombre impressionnant de noctambules pullulaient dans les coins chauds de la ville. Maquis, restaurants, bars et autres boîtes de nuit continuaient de recevoir du monde, en majorité des jeunes gens en quête de sensations fortes et d’émotions colorées.
Au restaurant Les Délices, situé en bordure de lac, il n’y avait plus de places pour les retardataires, quoique les prix ne fussent pas à la portée de toutes les bourses.
William Pokou, le propriétaire de cet établissement de première classe, avait de quoi être fier de son personnel qui, à force de travail, avait su hisser le restaurant au sommet de son art, dans un secteur où la concurrence est des plus impitoyables.
Cette réussite, il le devait en grande partie à son ami John Adomo qu’il avait appelé au secours au moment où son entreprise était sur le point de faire faillite. En professionnel émérite, il avait su colmater les brèches, mieux, mettre l’entreprise sur le chemin de la croissance.
L’Entrepreneur, magazine de promotion des PME/PMI, leur avait consacré à juste raison son numéro du mois, allant jusqu’à désigner les deux promoteurs comme meilleurs entrepreneurs de l’année.
Aujourd’hui, leur succès commun avait renforcé davantage leur amitié qui résistait tant bien que mal aux intempéries de la vie. Leur devise, ensemble pour aller plus loin, leur avait conquis les lauriers de la gloire.
Ce week-end, comme tous les autres d’ailleurs, ils étaient encore à l’ouvrage pour satisfaire une clientèle variée et de plus en plus exigeante…
Pendant qu’ils s’affairaient à l’intérieur, une voiture vint stationner sur le parking extérieur.
Une charmante jeune femme, vêtue d’un ensemble maxi confectionné dans un wax ivoirien aux motifs chatoyants, en descendit et pénétra dans le restaurant.
Elle se dirigea d’une démarche gracieuse vers la caisse et s’adressa à John :
- Excusez-moi, je voudrais voir Will.
- Bien sûr ; attendez une minute.
John rejoignit Will à la cuisine où il faisait un contrôle de routine, dans une ambiance gaie et détendue.
- Qu’est-ce qui est arrivé à Linda ? lui demanda-t-il.
- J’ai préféré débarrasser la table.
- Eh bien ! remets le couvert ; il y a un nouvel arrivage à la porte, fit-il, ironique.
Will fit une grimace à son ami qui avait du mal à cacher sa déception avant de sortir de la cuisine. A son passage, il installa quelques clients avant de rejoindre la visiteuse devant le bar.
- Bonsoir, chérie, lui lança-t-il en lui faisant la bise.
- Tu es très occupé ?
- Et comment ! Ce soir, c’est une maison de fou. Tu peux m’attendre encore deux minutes ?
- Bien sûr.
- Bon, je reviens.
Il s’éloigna d’un pas alerte en direction d’une table et en déménagea les occupants dans le patio pour installer d’autres clients. Non loin de là, à une autre table, une jeune fille d’une vingtaine d’années célébrait son anniversaire en compagnie de quelques amis. Frappé par le charme de cette dernière, Will se surprit à l’admirer.
Mais, il se reprit aussitôt et rejoignit son amie au bar.
- Alors, ma puce, que me vaut l’honneur de cette visite ?
- Je suis venue prendre quelques câlins, répondit-elle dans un sourire.
- Vicky, on a passé la nuit d’hier ensemble ; d’où vient-il alors que tu viennes chercher des câlins jusqu’ici ? la réprimanda Will.
- Tes caresses me manquent tellement ! Et puis, tu avais promis m’emmener voir Un mariage trop parfait de Jennifer Lopez.
- Ah ! c’est vrai ; j’avais totalement oublié ! pesta-t-il en regardant sa montre.
Juste à ce moment, une vieille dame vint les interrompre.
- Mais, c’est Will Pokou ! s’écria-t-elle. Mais, c’est lui !
- Bonsoir, répondit Will, surpris par tant d’enthousiasme.
- Et il n’a pas changé… Eh ! qu’est-ce que tu as fait ?… passé un pacte avec le diable pour rester toujours aussi jeune ?
Will, qui ne comprenait rien à cette conversation saugrenue, jeta un regard dépité à son amie avant de poursuivre :
- Je suis désolé, mais…
- Non, ce n’est pas vrai, grand imbécile ! Je suis Dolorès Dacko.
Une lueur étrange parcourut alors le visage de Will qui s’écria :
- Doly ? Eh ! je ne peux pas le croire !
Il se jeta alors dans les bras de la vieille dame, manquant de peu de renverser la coupe qu’elle tenait, sous le regard amusé de sa compagne.
- Fais gaffe au cocktail ! lui cria Dolorès.
- Oui, oui ; excuse-moi, fit Will, tout penaud.
La jeune fille qui célébrait son anniversaire et ses compagnons suivaient de près la scène, d’un air amusé.
- Ah ! mon Dieu !… poursuivit Will, mi-joyeux, mi-embarrassé. Comme tu as changé !
- Oui, je sais ! répliqua son interlocutrice, le temps qui passe n’a pas été tendre avec moi, n’est-ce pas ?
- Oh ! ne sois pas stupide, Doly ! Tu es merveilleuse…
- Will… Epargne-moi tes mensonges, veux-tu ?
Will soupira et jeta un regard de côté, embarrassé. Juste à ce moment, son regard croisa celui de la jeune fille qui célébrait son anniversaire. Aussitôt, cette dernière baissa les yeux, incapable de contrôler les pulsions de son cœur.
La scène ne passa pas inaperçue, puisque Simon, un de ses amis la chahuta aussitôt :
- Chérie, est-ce que tu te sens bien ? Tu es devenue bizarre tout à coup.
- Je vais bien… C’est juste… C’est lui, en faisant un signe de la tête en direction de Will.
- Quel âge peut-il avoir ? demanda cette fois Sharon, sa voisine et amie assise à sa droite.
- On se calme, les filles, repartit Simon. Charlotte, s’il est riche comme il me le semble, tu vas avoir une sacrée concurrence !
Ils se mirent tous à rire de bonne guerre. Juste à ce moment, Dolorès qui était une des convives de cette table, les rejoignit en compagnie de Will.
- Ecoutez-moi, les enfants ! Je vais vous présenter un vieux copain à moi. Il est irrésistible. C’est Will Pokou ; et c’est lui le propriétaire de cet établissement hors de prix.
- Hors de prix ? s’indigna faussement Will. Je ne peux pas croire que tu dises cela, Doly. Où est-ce que vous trouverez un kédjénou de pintade mangeable à moins de quinze mille francs ?
- J’ai adoré le soufflet de framboise… Je suis Sharon.
- Sharon, merci pour le compliment, répliqua Will.
- Moi, c’est Simon.
- Salut, Simon !
- Salut ! Ravi de faire votre connaissance.
- Moi aussi.
Après un court silence, Will poursuivit :
- Puis-je demander qui fête son anniversaire ?
- C’est elle qui fête son anniversaire et elle est ma petite fille, répondit Dolorès en montrant la jeune fille qui ne s’était pas encore présentée du doigt. Elle s’appelle Charlotte.
- C’est la fille de Cathy ? demanda Will.
- Tu parles ! Elle a les yeux de Cathy, non ? Et le talent, je n’en parle même pas. Sais-tu que cette enfant a fait elle-même tous ces chapeaux « insensés » que nous portons ?
Cette phrase entraîna une explosion de rire sur la table.
- Ils sont supers, répartit Will, admiratif. C’est un travail merveilleux !… Vous savez parler ? demanda-t-il à Charlotte pour la chahuter.
- Merci, répondit-elle enfin, un sourire radieux aux lèvres.
- Vous êtes la fille de Cathy, repartit Will. Alors, vous devez avoir…
- Vingt-deux ans et jamais embrassée, répondit Simon.
- Non, non, là, je ne marche pas ; une si jolie fille n’a jamais embrassé ?...
- Hélas non ! répartit Simon, feignant d’ignorer le regard de désapprobation de Charlotte.
- Joyeux anniversaire tout de même, Charlotte et je te souhaite aussi de rencontrer le prince charmant.
- Merci.
- Ravi de t’avoir revu, Doly.
- Ravie, moi aussi.
Sur ce, il se retira sous leurs regards admiratifs.
- Ah ! mon cœur, ne bats pas si fort ! s’écria Simon en croisant les bras sur sa poitrine.
Les autres convives éclatèrent une nouvelle fois de rire.
- Il est mignon, mais il est un peu vieux pour Charlotte, avoua Sharon.
- Non, il est simplement fabuleux ! s’extasia Simon.
- D’où le connais-tu, grand-mère ? demanda enfin Charlotte.
- De Bassam. Un vieil ami de ta maman.
Un peu surprise par cette réponse, Charlotte leva la tête et vit Will s’en aller en compagnie de son amie. Dans son costume bleu nuit, il avait un charme irrésistible. Et sa démarche altière était bien là pour témoigner de cette élégance qui était sur le point d’avoir raison d’elle. Une foule d’idées se bousculèrent alors dans sa tête de jeune fille en quête d’émotions fortes. (A suivre...)


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Votre roman sentimental inedit
Posté par Regina Yaou le 28.11.2007
Felicitations pour ce blog. Revoir la fluidite du recit.


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