LE SECRET DE LA PRIÈRE
Posté le 03.12.2007 par ndahfranc
Beaucoup de personnes s’adonnent à la prière sans en connaître le véritable sens. Certains crient à tue tête croyant que Dieu est sourd et qu’il n’entend que lorsqu’on lui crie après, tandis que d’autres se plaignent parce que bien qu’ils demandent ils ne reçoivent jamais. La question qui se pose alors est de savoir pourquoi Dieu ne répond pas toujours à nos prières ? Est-ce parce qu’il est avar ou est-ce parce que nous ne savons pas prier ? Là-dessus, je vais vous raconter une histoire.
Il s’agit de deux hommes qui avaient décidé d’envoyer chacun une lettre au Président de la République pour lui demander de l’aide. Le premier, après avoir rédigé sa lettre sur un papier qui respectait les normes et avec sa plus belle écriture, l’a mise dans une enveloppe au format approprié avant d’y écrire l’adresse exacte. Puis, il est allé à la poste pour l’affranchir.
Quant au deuxième, comme il ne savait ni lire ni écrire, il fit appel à son fils aîné qui avait arrêté ses études au cours élémentaire deuxième année. Ce dernier arracha une feuille dans un de ses vieux cahiers qui datait du moment où il usait encore ses culottes sur les bancs de l’école. Et, avec un stylo dont le nez coulait comme un bouc enrhumé, il entreprit d’écrire dans une langue et une écriture que vous devinez aisément, la fameuse missive. Le courrier terminé, notre homme alla le remettre à un retraité qui partait ce jour-là percevoir sa pension à la capitale.
- Cette lettre est d’une importance capitale, lui dit-il, remets-la en main propre au Président de la République de ma part.
- C’est comme si c’était fait, répondit le vieux retraité en pliant la lettre et en la jetant quelque part au fond de son vieux sac.
Tout joyeux, notre homme s’en retourna chez lui pour attendre la réponse à sa fameuse lettre.
Quelques jours après, le Président de la République reçut la lettre du premier homme et la lut intégralement. Dans son courrier, ce dernier demandait la construction d’une maternité et d’une école primaire pour le village afin que les femmes et les enfants ne soient plus obligés de parcourir de longues distances pour accoucher ou s’instruire. Le Président de la république trouva cette lettre si noble qu’il décida en réponse d’effectuer une visite privée dans le village en question afin de s’imprégner personnellement des problèmes qui s’y posaient. Il envoya donc un de ses chargés de mission porter l’heureuse nouvelle. Quand celui-ci arriva au village, il en informa toute la population.
- Mais, peut-on savoir quand viendra le Président ? demanda le chef du village ?
- Il n’a pas donné une date précise, mais il me fait dire que c’est pour bientôt et qu’il sera là en personne.
Mais, comme entre temps, le programme du Président s’est avéré chargé, il n’a pas pu honorer personnellement le rendez-vous et s’est fait plutôt représenter par certains de ses ministres. Malheureusement, las d’attendre, ce jour-là, tout le monde ou presque était allé au champ. Mais, en homme prévoyant, l’homme qui avait envoyé la lettre au Président avait chargé sa femme de rester à la maison et de le prévenir au cas où le président viendrait ou enverrait quelqu’un. Il lui avait aussi demandé de garder la maison propre, d’essuyer et de bien ranger les meubles, et surtout de recevoir avec déférence tout étranger qui se présenterait au village. C’est ce qu’elle fit ce jour-là. Avant que le tam-tam parleur ne tonne pour annoncer la venue des messagers du Président, les premiers à les recevoir furent la famille de l’homme qui avait écrit au Président. Ce fut un grand honneur pour chaque membre de la famille qui put exposer directement ses préoccupations aux envoyés du Président. Chacun reçut un présent sans oublier les cartes de visite que chaque membre de la délégation leur remit.
- Chaque fois que vous avez un problème, il vous suffit de nous appeler ou de venir nous voir, les avaient-ils rassurés.
Après la cérémonie de remise des dons à l’ensemble de la communauté villageoise, l’homme à la missive reçut devant toute l’assistance une décoration de la part du Président de la République. C’est à ce moment-là que l’autre homme qui avait également écrit au Président se présenta pour exiger lui aussi une médaille.
- J’ai moi aussi écrit au Président, pourquoi n’a-t-il pas répondu à ma lettre ? Pourquoi ne vous a-t-il pas remis les sacs de riz que j’ai demandés pour ma famille ?
- Mais, nous n’avons jamais reçu une quelconque demande de ta part, répondirent les émissaires du Président.
Mais l’homme ne voulait rien savoir. Il prit comme témoin le vieux retraité qui confirma qu’il avait bel et bien déposé la lettre au cabinet du Président alors que cela était archi faux.
- Qu’à cela ne tienne, répliquèrent les envoyés du Président, nous passerons tout à l’heure chez toi à la maison pour saluer ta famille et t’offrir un présent.
Heureux d’avoir pu convaincre les envoyés du Président, notre homme s’en retourna chez lui pour les attendre. Et, comme promis, ces derniers se rendirent chez lui après la cérémonie afin de tenir leurs engagements. Mais, à quelques mètres de la maison, ils aperçurent dans la cour un tas d’immondices qui dégageait une odeur pestilentielle. Des chiens galeux, des porcs, des chats et des bestioles de toutes sortes fouillaient les détritus à la recherche de leur pitance quotidienne. Quel spectacle ! Les enfants, ventres ballonnés, déféquaient partout quand ils n’étaient pas en train de hurler les uns après les autres. La maison elle-même était décrépite. A l’intérieur, c’était un véritable remue-ménage. Le père et la mère qui s’étaient accommodés des caprices de leurs enfants les regardaient traîner les casseroles et les assiettes sans pouvoir rien leur dire.
Les messagers, ne pouvant s’approcher de plus près à cause des odeurs et de l’insalubrité, envoyèrent un enfant qui passait par là appeler le maître des lieux. Mais le tohu-bohu était tel que malgré les cris de ce dernier, personne ne put l’entendre. Il revint en informer les émissaires qui décidèrent en conséquence de rentrer chez eux…
Cette histoire relate bien les différentes relations de l’homme avec la prière. En effet, la première série de questions que tout homme doit se poser est de savoir si sa prière a été faite dans les normes de politesse et de bienséance requise. Deuxièmement, est-ce que ce que je demande peut contribuer à mon élévation spirituelle ? Troisièmement, est-ce que le canal choisi est celui qui convient ?
Pour faire une prière, pour demander quelque chose à quelqu’un, il faut formuler la demande de la façon la plus précise et la plus polie qui soit. Regardez quand vous adressez une lettre à votre supérieur hiérarchique ! C’est avec toute la déférence possible que vous le faites, avec des formules de politesse appropriées. Si vous voulez passer outre ces lourdeurs administratives, il vous faut alors avoir des relations privilégiées avec votre patron. Comme cela, lors de vos nombreuses rencontres au cours d’un repas amical ou une sortie détente, vous pourriez lui faire part directement de vos préoccupations. L’intérêt de cette dernière possibilité, c’est que votre réponse, vous l’avez immédiatement, sans aucun intermédiaire. Oui, nous pouvons nous aussi établir des relations privilégiées avec Dieu pour peu que nous respections ce qu’il nous demande. Dans le cas contraire, notre demande devra être acheminée par la voie officielle. Ne la remettez surtout pas à des intermédiaires car votre courrier risque de ne jamais arriver à bon port, ou au meilleur des cas arrivera tardivement et dans un état déplorable.
Et puis, que faut-il demander en priorité ? Ce qu’il faut demander à Dieu, c’est tout ce qui peut contribuer à l’acquisition de vertus. Si Dieu est sûr que vous ne feriez pas bon usage d’un bien, soyez certains qu’il ne vous le donnera pas. Comment Dieu peut-il savoir si vous seriez bons ou mauvais gestionnaires ? C’est tout simple, il regarde l’usage que vous avez fait de ce qu’il vous a déjà donné. Si, au lieu d’utiliser par exemple l’argent qu’il vous donne pour acquérir de nobles vertus, vous l’utilisez pour avilir votre âme ou nuire à vos prochains, soyez sûrs qu’il vous en privera par la suite.
Quant à la seconde série de questions, elle tourne autour de la vigilance spirituelle pour reconnaître et recevoir convenablement les envoyés de Dieu et la tenue de notre maison intérieure.
En quoi consiste la vigilance spirituelle ? Beaucoup de personnes ne savent pas reconnaître les signes de la présence de Dieu encore moins les décrypter. Elles ne reconnaissent jamais Dieu parce qu’elles ne se sont jamais demandées à quoi il pourrait bien ressembler ce Dieu qu’on implore tant. Comment peut-on de façon honnête reconnaître quelqu’un qu’on n’a jamais vu ? Voilà donc que Dieu arrive ou envoie des émissaires pour vous remettre ce que vous lui avez demandé. Et à leur grande surprise, vous les refoulez sous prétexte que vous attendez Dieu. Que croyez-vous qu’ils feront ? Naturellement ils s’en iront puisque vous refusez de les écouter à plus forte raison les recevoir. La vigilance spirituelle, c’est travailler à reconnaître Dieu à tout moment. C’est aussi et surtout s’apprêter pour l’attendre, jour et nuit. Parce que, si vous vous endormez ou si vous allez faire une course et que Dieu arrive après vous, il va de soi que vous ne recevrez pas ce que vous avez demandé. Il faut donc veiller, car nul ne sait quand le maître arrivera. Ne faites pas comme les cinq vierges sottes dont parle Jésus dans une de ses paraboles. La vigilance spirituelle consiste donc à être en harmonie avec Dieu et avec toutes les créatures qui symbolisent sa présence.
Qu’est-ce que la tenue de notre maison intérieure ?
L’être humain est une demeure, le temple de Dieu. Oui, Dieu seul est autorisé à habiter en nous et avec lui, toutes les entités lumineuses qui le servent. Nous avons donc le devoir de tenir la maison propre. Si nous ne le faisons pas, les odeurs et les bruits indisposent ceux qui y habitent qui préfèrent dès lors déménager. Et vous savez très bien ce qui arrive à une maison inhabitée. Les animaux et les bêtes de tous genres viennent y élire domicile. Souvent même, des fous ou des bandits de grands chemins en font leur repaire. Si vous voulez que ceux pour qui la maison a été construite reviennent, il faut tout simplement la désinfecter, refaire la peinture et la meubler de nouveau. Mais cela ne suffit pas, il faut promettre que vous prendriez désormais soin de votre maison. Sinon, personne n’acceptera venir y faire des commissions de peur de se faire agresser ou de se contaminer. Même quand certains esprits intrépides acceptent de venir faire des commissions dans une telle maison, il y a tellement de désordre et de bruits que personne ne peut les entendre. Voici les raisons pour lesquelles certaines personnes prient et ne reçoivent rien en retour. Dieu est miséricordieux et est toujours prêt à nous aider pourvu que nous soyons polis, ordonnés, propres et vigilants. En ce moment-là, il vient même habiter en nous avec une foule de serviteurs dévoués qui ont le devoir aussi de nous servir, puisque nous aussi nous sommes des dieux !
Voilà le secret de la prière !
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:: Les commentaires des internautes
merci
Posté par
jojolepetitsavoyard le 14.01.2008
merci pour votre visite.
j'aime bien ce texte sur la prière, il fait réfléchir, prier et demander pour élever notre âme ou aider les autres.
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