LITTERATURE DE JEUNESSE : un filon à exploiter
Posté le 09.12.2007 par ndahfranc
La littérature de jeunesse serait-elle un genre mineur ?
Voici la question qui me trotte dans l’esprit depuis un certain nombre d’années. Et pour cause : aucun spécialiste en la matière au niveau universitaire ; aucune critique sérieuse n’est faite lors des parutions d’œuvres ; aucun relais médiatique efficace n’est assuré, enfin bref, tout se passe comme si les auteurs de ce genre littéraire n’avaient pas droit aux honneurs en Côte d’Ivoire. Regardez les maisons d’édition, combien disposent d’une collection jeunesse digne de ce nom ? Des œuvres éparses, publiées à compte-goutte, rien de plus.
Et pourtant, c’est la plus belle des littératures qui puisse exister. D’abord, le public cible en lui-même est tout un symbole. Ce sont les adolescents, une tranche d’âge relativement vierge en qui doivent être ensemencées les valeurs individuelles et sociales propices à une évolution harmonieuse. Et les héros de ces œuvres incarnent toutes ces valeurs. Or, les adolescents aiment s’assimiler à ces personnages dont ils vont jusqu’à porter les noms, signe qu’ils reconnaissent et acceptent les lois morales et sociales en vigueur. Avec l’absence prolongée des parents due aux contraintes professionnelles, le livre est un substitut efficace dans l’éducation des enfants.
Ensuite, cette littérature est un point d’encrage de l’adolescent dans la société. C’est à travers elle, qu’il découvre les valeurs qui font la spécificité du groupe social auquel il appartient. Le livre révèle l’adolescent à lui-même et tel que la société voudrait qu’il soit.
En plus, si nous ne voulons plus avoir à nous plaindre d’adultes qui ne lisent pas et donc qui cultivent l’ignorance, la chose la plus simple à faire, c’est de commencer par inculquer le goût de la lecture aux adolescents. Or, sans œuvres littéraires, il n’y a pas de lecture. Le risque, c’est que, la nature ayant horreur du vide, les adolescents se rabattent sur des œuvres venues d’ailleurs qui ne sont pas toujours en harmonie avec nos valeurs à nous. Il nous faut donc mettre à leur disposition des œuvres. Nos créateurs doivent s’y mettre et les maisons d’édition les y accompagner. Le public cible est de plus en plus nombreux et de bonne qualité grâce au relèvement du taux de scolarisation en Côte d’Ivoire.
Créateurs débutants, voici un secteur de l’activité littéraire pas assez exploité ; c’est une aubaine pour nous, un filon d’or à exploiter. Engageons-nous-y, avec toute la foi de notre passion. Mais ne vous y méprenez pas, c’est une littérature difficile et exigeante. Elle a ses règles propres qu’il faut connaître pour produire des œuvres de qualité. N’oubliez pas que les enfants sont des juges impartiaux ; leurs verdicts sont sans appel. Alors, mettez-vous sérieusement au travail, apprenez auprès des aînés, lisez beaucoup pour espérer figurer au nombre des auteurs de cette littérature qui ne cherche qu’à éclore. Pour notre part, nous essaierons dans la mesure de nos possibilités, de vous donner des informations glanées ici et là auprès d’auteurs confirmés pour vous faciliter la tâche.
Je voudrais terminer ce billet en saluant deux auteurs qui font autorité en la matière ; il s’agit de Camara Nangala et de Véronique Tadjo. Très chers aînés, nous attendons beaucoup de vous et espérons vous voir partager avec nous votre immense expérience.
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus