LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT V
Posté le 09.12.2007 par ndahfranc
LE RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE
Aujourd’hui, beaucoup de personnes aspirent à écrire sur les évènements qui ont jalonné leur vie ; ils veulent partager leurs expériences avec d’autres personnes, immortaliser leurs émotions… C’est un dessein légitime mais écrire un livre, n’est pas chose aisée. Plusieurs genres littéraires peuvent servir de support, notamment l’essai, la poésie, les épîtres, le journal intime, etc. Toutefois, si vous optez pour le récit autobiographique, voici quelques repères dont il faudra tenir compte :
a. Le moment des événements
Dans les écrits autobiographiques, on trouve des évocations de moments précis, des récits d’événements ou d’habitudes du passé. Tout cela a réellement existé à une époque plus ou moins éloignée du moment où l’auteur écrit ses souvenirs. L’auteur cherche à recréer le passé.
Exemple: On se reposait dans le pavillon. (J.-J. Rousseau)
Souvenir situé dans le passé
Le plus souvent, l’évocation de ces moments de l’enfance, de la jeunesse ou de la maturité est écrite aux temps du passé, pour marquer la rupture avec le moment de l’écriture. Si certains faits ou événements sont racontés au présent, il s’agit du présent de narration.
Exemple: Je tends l’oreille. A la fin, n’y tenant plus, je me lève. (A. Gide)
b. Le moment de l’écriture
L’évocation du passé amène souvent l’écrivain à réfléchir sur ce qu’il raconte. Le souvenir, ou le fait d’écrire permettent de regarder le passé avec du recul. Les réflexions sont contemporaines du moment de l’écriture (ou de l’énonciation). Elles sont écrites aux temps des énoncés ancrés dans la situation d’énonciation, et majoritairement au présent. Il s’agit alors du présent du narrateur (ou présent de l’énonciation).
Exemple: Les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m’attire et me touche le plus. (J. –J. Rousseau)
Exemple: Ayant ainsi consigné ces quelques faits, je m’arrête, prise de vertige.
(M. Yourcenar)
Pour bien marquer que ces commentaires sont liés au moment de l’écriture, l’auteur peut avoir recours à des adverbes ou des locutions comme aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, maintenant…
c. Les commentaires
Le fait de chercher à se souvenir de son passé et d’écrire ses souvenirs amène l’auteur à :
• Revivre des sensations, et des sentiments d’autrefois. A cette occasion, il peut établir une comparaison avec ses sensations ou ses sentiments au moment où il écrit.
Exemple: La croyance indistincte, indéfinissable, à je ne sais quoi d’autre, à côté du réel, du quotidien, de l’avoué, m’habita durant nombre d’années. Je ne suis pas sûr de n’en pas retrouver en moi, encore aujourd’hui, quelques restes. (A. Gide)
• S’interroger sur la manière dont la mémoire fonctionne, dont elle transmet le souvenir, ou sur le langage et sur la difficulté de traduire exactement le passé.
Exemple: C’est ainsi que je suis resté longtemps convaincu d’avoir gardé le souvenir de l’entrée des Prussiens à Rouen. (A. Gide)
Exemple: Il y faudrait des heures, des saisons entières, l’éternité du récit, pour à peu près en rendre compte. (J. Semprun)
• S’engager dans une réflexion plus générale sur la vie et le monde,
Exemple: La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère… (M. Yourcenar)
ATTENTION !!! Dans ce cas, le présent de vérité générale est souvent employé.
L’ensemble de ces réflexions rédigées au moment de l’écriture constitue les commentaires de l’auteur. Ils expriment la vision que l’auteur veut transmettre.
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