LE PROPHETE DE KAHLIL GIBRAN, mon livre préféré.
Posté le 28.12.2007 par ndahfranc
Ce livre est mon livre de chevet préféré. C’est le trésor dans lequel je puise ma foi et mon espérance en la vie. Un visiteur du blog me demandait récemment comment faire pour trouver le véritable sens de la vie ?
Peut-on vraiment dire que la vie a un véritable sens ? Un seul et unique sens sans lequel on aurait vécu inutilement ?
En lisant et méditant LE PROPHETE de Kahlil Gibran, vous comprendrez que non. La vie est un cheminement, une école où nous apprenons à nous connaître pour comprendre le dessein de Dieu. A ce sujet, je voudrais soumettre à votre sagacité, deux textes extraits de cette œuvre magnifique.
PREMEIER TEXTE :
Une femme parla, disant, qu’est-ce que la douleur ?
Et il dit :
Les souffrances sont les déchirures par lesquelles les germes de votre compréhension percent leur enveloppe.
Et tout comme il faut inévitablement que le noyau du fruit se casse pour que le cœur puisse mûrir au soleil, ainsi devez-vous connaître la douleur.
Tâchez de maintenir votre cœur dans l’émerveillement des miracles quotidiens de la vie et vos douleurs vous apparaîtront aussi dignes d’émerveillement que vos joies ;
Vous saurez vous soumettre sans difficulté aux saisons du cœur, comme on règle sa vie sur le passage des saisons.
Et vous resterez alertes et sereins aux hivers de votre tristesse.
Vos souffrances sont en grandes parties infligées par vous-mêmes.
Elles sont ce remède amer par lequel le médecin qui est en vous soigne le malade en vous.
Aussi accordez votre confiance à ce médecin, et buvez son remède en toute quiétude et sans vous plaindre ;
Bien qu’elle vous paraisse brutale et sans ménagement, sa main est guidée par la main bienveillante de l’Invisible.
Et si elle brûle vos lèvres, la coupe qu’il vous tend, n’en a pas moins été façonnée par le Potier lui-même, d’une argile détrempée de Ses larmes sacrées.
DEUXIEME TEXTE :
Almitra dit : Parle-nous en premier lieu de l’Amour. Il leva la tête et regarda tous ceux qui étaient devant lui, et tous retenaient leur souffle. Et, d’une voix forte, il dit :
Lorsque l’Amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient abruptes et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, abandonnez-vous à lui,
Quoiqu’il ait un dard acéré caché parmi ses plumes, qui pourrait vous blesser.
Et s’il vous adresse la parole, croyez en lui,
Bien que de sa voix il puisse fracasser vos rêves, comme le vent du Nord dévaste le jardin.
Car autant l’Amour sait vous couronner, autant il sait vous crucifier. Alors même qu’il vous aide à grandir, il vous dépouille.
Alors même qu’il s’élève au plus haut de vous-mêmes et caresse les plus tendres de vos branches qui ondoient dans le soleil,
Il s’enfonce au plus profond de vos racines pour vous ébranler dans vos assises.
Comme des gerbes de blé que l’on moissonne, il vous rassemble en lui-même.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu.
Il vous passe au crible pour vous libérer de votre enveloppe.
Il vous moud à la meule jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit pour vous assouplir.
Puis il vous soumet à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin vénérable de Dieu.
Voilà tout ce que l’Amour vous fera subir afin de vous faire connaître les secrets de votre cœur, et devenir, en cette connaissance, un éclat du cœur de la Vie.
Mais si vous n’osez pas et ne cherchez de l’Amour que la paix et les plaisirs,
Alors il vous serait préférable de ne pas dévoiler votre nudité et de fuir, quand l’Amour fait son battage,
Vers un monde sans saisons où vous pourrez encore rire aux éclats, et où vous pourrez encore pleurer, mais non pas de toutes vos larmes.
L’Amour ne donne que lui-même et ne prend rien qu’en lui-même.
L’Amour ne possède personne et ne peut être possédé,
Car l’Amour se suffit amplement de l’Amour.
Lorsque vous aimez, vous ne devez pas dire :
« Dieu est dans mon cœur », mais plutôt : « Je suis dans le cœur de Dieu. »
Et ne croyez pas que vous pouvez diriger les voies de l’Amour, car c’est l’Amour, s’il juge que vous le méritez, qui dirigera votre cœur.
L’Amour n’aspire qu’à s’épanouir pleinement.
Si vous aimez et devez éprouver des désirs, faites que ces désirs soient vôtres :
Vous fondre en ce ruisseau onduleux qui chante une mélodie à la nuit.
Eprouver la douleur d’un débordement de tendresse.
Porter la blessure qui n’est due qu’à votre incompréhension de l’Amour,
Et en laisser couler le sang joyeusement.
Vous réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre grâce pour cette nouvelle journée où il vous est permis d’aimer ;
Méditer ensuite sur l’extase de l’Amour en faisant la méridienne ;
Et revenir chez vous au crépuscule rempli de gratitude ;
Enfin, vous endormir avec en votre cœur une prière pour l’être aimé et sur vos lèvres un chant de louanges.
En cette fin d’année, je voudrais que chacun puisse tremper son âme dans le ruisseau de ces vers pleins de poésie et de sagesse.
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