COMMENT DETECTER EN SOI LA GRAINE D’ECRIVAIN ?
Posté le 29.12.2007 par ndahfranc
Cette petite causerie du jour, non pas pour décourager tous ceux qui aspirent à l’écriture pour diverses raisons, mais pour renforcer au contraire en chacun la foi qu’on peut y arriver parce qu’on a en soi ce petit quelque chose qui nous prédispose à la profession.
Récemment, Régina Yaou affirmait que pour elle, écrire, était une question de don divin. Je n’irai pas moi, jusqu’à parler de don divin même si tout don par essence est quelque chose de divin, mais je parlerai plutôt de talent, de prédisposition.
Oui, la prédisposition, le talent, est quelque chose d’inné, de latent en soi et qu’il faut développer. Dans le domaine de l’écriture, tout commence par un appel, parfois irrésistible d’on ne sait quoi. Quelque chose qui se manifeste comme un manque tant qu’on n’y a pas cédé. On peut y résister pendant des années, par peur de l’inconnu ou par manque de temps mais on finit tôt ou tard par y céder. Au début, la peur vient du fait qu’on croit qu’on n’a rien à dire, puis par la suite parce qu’on a trop de choses à dire et enfin parce qu’on se croit incapable de dire toutes ces choses qui bouillonnent au fond de nous. Ces moments sont parfois des périodes de profonde remise en cause, de recueillement et de méditation. Sans s’en rendre compte, je dirais, à son corps défendant, on se surprend à gribouiller des choses auxquelles parfois on ne comprend rien. Mais ce besoin d’écrire ou plutôt l’acte d’écrire ressemble plus à une thérapie qu’à autre chose. Chaque mot qu’on écrit, chaque phrase qu’on construit, nous soulage d’un mal inconnu. Puis, on a le sentiment que chaque page produite est une infime partie d’un tout immense, comme un puzzle qu’on cherche à reconstituer.
La deuxième chose qui permet de détecter en nous la graine d’écrivain, c’est cet élan de curiosité qui nous pousse à la découverte de l’écriture. On apprend à aimer les belles lettres, à en savourer les émotions. Notre âme apprend à s’harmoniser avec les différentes vibrations qu’elles émettent. C’est le moment où l’écrivain cherche sa voie, celle qui correspond au mieux à son tempérament. Il cherche à établir des affinités entre lui et d’autres écrivains qui répondent au niveau du style et du genre pratiqué à ses attentes. C’est le moment où il choisit son premier maître, celui qui l’accompagnera dans ce début de carrière. Il cherchera à écrire comme lui, à l’imiter. Ce moment de balbutiement durera de longues années pendant lesquelles l’écrivain débutant réalisera une banque de textes aussi divers que variés, certains plus réussis que d’autres.
Enfin vient le moment de la grande décision après un bilan des plus objectifs. Si l’on a su écouter la voix de son cœur, si l’on a su se laisser dompter, si l’on a su se laisser engrosser, alors, il n’y a qu’une seule alternative, retrousser ses manches, s’armer de courage et de persévérance et se jeter dans cette jungle impitoyable où le succès et la renommée fuiront toujours un peu plus loin de vous. Bien souvent, le découragement sera au rendez-vous, mais l’amour de l’écriture sera toujours le plus fort. A défaut d’être édité, on prendra plaisir à se lire soi-même, ou à se faire lire par nos proches qui nous aideront par leurs encouragements et leurs soutiens. Au fur et à mesure que le temps passera, comme un fruit, on atteindra la maturité. Dès lors, l’écrivain ne s’appartient plus, mais il devient un bien collectif et social.
Ce cheminement, bien souvent, se déroule à notre insu, sans qu’on y prête attention. Mais c’est un cheminement classique, identique dans tous les domaines artistiques. Ceux qui y échappent ne comprennent pas très souvent pourquoi leur succès n’a duré que le temps d’un feu de paille. Bonne et heureuse année à vous, dompteurs de mots et d’émotions !
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