L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 9
Posté le 31.12.2007 par ndahfranc
Trois jours étaient passés depuis le retour de Will d’Accra. Pour changer un peu, il était allé faire un tour à son restaurant tandis que Charlotte avait opté pour le shopping. C’est justement au moment où elle revenait du supermarché qu’elle fut accostée par le concierge devant l’ascenseur. Ce dernier, avec sa bonne humeur habituelle, lui fit la conversation.
- Alors ? M. Pokou et vous partez en vacances ?
- Oh, ça ! j’en doute.
- Oh ! Est-ce que M. Pokou a apprécié son voyage ?
- Mais, quel voyage ?
- Celui d’hier !
- Ah ! j’appellerai pas ça vraiment un voyage.
- Oh ! pas pour vous, mais moi, je suis jamais allé hors du pays. C’est étonnant comme je connais peu mon pays, à fortiori les pays limitrophes. Mes ancêtres viennent du Ghana et ce serait avec plaisir que je découvrirais ce pays.
C’est la rage au cœur que Charlotte rejoignit Will qui était rentré quelques instants plus tôt. Il s’affairait autour de l’arbre de Noël.
- C’est bien comme ça ? lui lança-t-il dès qu’il l’aperçut.
- Pas très bien… Qu’est-ce que tu es allé faire au Ghana ?
- J’avais rendez-vous avec un spécialiste du cœur. Il accepte de t’opérer.
- Tu sais que c’est exactement ce que je ne voulais pas que tu fasses. Tu es allé le faire derrière mon dos. Tu m’as menti et nous avions pourtant parlé.
- Arrête ! s’il te plaît ! hurla Will, dépité.
- Nous avions parlé de tout ça !
- Arrête ! Tu ne veux pas mourir ! Tu veux vivre !
- Tu crois que je n’ai pas réfléchi à ça, de multiples fois ? Je ne veux donner espoir à personne puisqu’il n’y en a aucun.
- Pourquoi pas ? On a peut-être besoin d’espoir. Peut-être ai-je besoin de savoir que j’ai fait tout ce que je pouvais ! Il est possible que ça marche.
Charlotte, sans dire un mot de plus, se retira sur le balcon, triste et abattue. Will l’y rejoignit et prit place à côté d’elle.
- Qu’est-ce que je ferais, Will, si tu n’étais pas là ? Qu’est-ce que je serais devenue ? Hein ! C’est vrai !
- Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça.
Puis, il lui prit la main.
- Je ferais ce qu’il faudra que je fasse. Je déchirerais ces papiers et je dirais au médecin… Je ferai ce que tu voudras. Parce que je le veux vraiment ; je ne veux pas te quitter, termina-t-elle en sanglotant.
- Non…
- Jamais.
- Non.
Il la serra dans ses bras.
- Je veux te montrer quelque chose, dit-elle au bout d’un moment.
Elle ouvrit alors son sac à main et en sortit une feuille qu’elle lui tendit.
- C’est le papier que j’ai signé.
- C’est vraiment, vraiment bien !
- Quoi ?
Il la prit par la main et l’entraîna dans son bureau.
- C’est… Regarde, c’est aussi parfait que si ça avait été toi ! poursuivit-il en lui montrant une autre feuille qu’il sortit de son tiroir.
- Non, mais, t’as pas fait ça ?
- Si, je l’ai fait.
- Oh ! c’est pas vrai ! Des fausses ?
- Oui, j’ai fait de fausses attestations. Le médecin voulait une attestation signée de ta main avant d’accepter de t’opérer. Alors, j’ai imité ta signature. J’ai fait tout ça… des tas d’exemplaires.
- Oh !
- C’est moi, pour toi.
- Oh ! c’est pas possible ! rit-elle, au lieu d’être offusquée.
Ils s’embrassèrent, complices, convaincus qu’à deux, ils avaient plus de chance de vaincre la mort et le destin… (A suivre)
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