L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 10
Posté le 07.01.2008 par ndahfranc
Charlotte venait de se réveiller.
- Will ? Mais, qu’est-ce que tu fais là-bas ?
- Rien… eh ! non, non, ne viens pas !
Charlotte ne pouvait s’empêcher de rire devant les gestes puériles de Will.
- Donne-moi encore une minute, d’accord ? Va-t’en, va-t’en !
Charlotte revint alors sur ses pas et s’empara d’un colis qu’elle avait laissé dans le canapé. Puis, elle se dirigea de nouveau vers Will. Celui-ci se mit encore à crier :
- Non, non, non ! tu vas gâcher le plaisir de la surprise !
Charlotte sautillait alors comme une enfant.
- Oh ! il faut que je vois ça !
- Allez, va-t’en, allez ! cria-t-il en faisant de grands gestes.
Charlotte se tordait de rires.
- Ça y est, presque. Encore une seconde, une seconde ; presque prêt ! Attends encore, juste une seconde, et voilà ! Ça y est ! Allez, surprise !
Des ampoules multicolores éclairèrent alors une partie du séjour. Mais, au moment où Charlotte essayait de s’approcher, elle ressentit un malaise comme elle en avait connu ces derniers temps et s’affala brutalement au milieu de la pièce.
L’instant d’après, une ambulance la conduisait à la clinique…
Le docteur Gandy, aussitôt informé de la situation, sauta dans son hélico privé en direction de Yamoussoukro.
Dans la salle d’attente de la Clinique Notre Dame des Lacs, Will tournait en rond comme pris au piège, faisant d’interminables va-et-vient.
Ses amis étaient là pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve : John et sa femme, ainsi que Lisa et tous les autres, personnels du restaurant…
Il y avait aussi les parents et amis de Charlotte qui étaient là : la vieille Dolorès, Simon et Sharon…
Tous avaient le visage marqué par la tristesse et la douleur. L’inquiétude qui les minait était insurmontable.
Une infirmière vint informer Will que Charlotte avait repris connaissance.
- Ne restez pas longtemps, lui conseilla-t-elle.
- Bien.
Il était à présent seul avec elle. Il posa sa tête à côté de la sienne et murmura à son oreille :
- Le temps jamais ne sépare les ailes du corps de l’oiseau. L’oiseau va avec ses ailes, ses plumes avec le ciel… Rien de ce qui a volé, ni l’alouette ni toi ne meurent comme le temps.
Charlotte ouvrit alors les yeux et lui dit d’une voix tenue :
- Mais, qu’est-ce que j’ai fait de toi !
- Tu m’as détruit pour les autres femmes.
- Non, je t’ai sauvé pour elles.
Dehors, des voix signalèrent l’arrivée du docteur Gandy qui, sans perdre une seule seconde, demanda :
- Elle a été préparée pour six unités ?
- Oui, docteur, lui répondit le médecin de Charlotte.
- Bon, qu’est-ce qu’on attend ?
- Juste vous, docteur.
- Alors, on y va.
Aussitôt, Charlotte fut conduite au bloc opératoire, sous le regard inquiet de Will et des autres.
L’attente était longue et pénible pour les uns et les autres… Il y avait dans chaque regard, une illusion prête à s’envoler sans avoir tenu parole. Il y avait dans chaque larme, des espoirs furibonds, prêts à capituler au moindre danger. Et l’amour dans tout ça ? « Charlotte, ton visage a illuminé ma vie. Si tu pars, ce sera avec mon âme et ma vie s’usera au contact de la douleur »…
Des heures s’écoulèrent…
Enfin, le docteur Gandy sortit de la salle d’opération et s’avança vers Will, le regard fixé au sol.
Tous avaient les yeux braqués sur lui. Que pouvaient-ils bien ressentir à ce moment précis ?
Will alla à sa rencontre. Mais, le médecin n’esquissa aucun geste qui eut pu lever le doute sur l’issue de l’intervention.
Will sentait ses jambes vaciller, prêtes à se dérober sous lui, quand il entendit cette voix, comme dans un rêve.
- Nous avons réussi ! Le miracle s’est produit !
Will ne sut pas ce qui s’était passé car, tout de suite après, il avait perdu connaissance.
Quand il revint à lui, il était couché sur un lit, à l’hôpital.
- Et Charlotte ? hurla-t-il aussitôt à l’infirmière qui le veillait.
- Elle n’a pas encore repris connaissance, lui répondit-elle, mais ce n’est qu’une question de temps.
- Puis-je la voir ?
- Non, pas maintenant… Vous savez, M. Pokou, c’est un vrai miracle, ce qui vient de se produire. Les chances de réussite de cette opération étaient quasi nulles…
- C’est l’amour qui l’a sauvé !
- Pardon ?
- Non, rien.
Puis, il ferma les yeux pour savourer sa victoire sur la mort. (A suivre)
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus