LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT VII
Posté le 08.01.2008 par ndahfranc
LE RECIT ENCADRE
Je l’ai souvent dit, le premier matériau de construction du texte narratif, c’est l’histoire qu’on se propose de raconter. Je ne reviendrai pas sur les autres matériaux de construction encore moins sur le schéma narratif canonique (vous les trouverez dans les premiers cahiers de l’écrivain débutant), mais je m’attarderai aujourd’hui sur la notion d’histoire pour en révéler l’importance.
Qu’est-ce qu’une histoire en terme de création romanesque ?
Selon le dictionnaire HACHETTE, l’histoire est une relation d’actions, d’évènements, d’aventures réelles ou inventées. Raconter une histoire à un enfant. L’histoire d’un voyage.
Le mot qui me paraît central dans cette définition c’est le terme de RELATION.
En effet, relation, c’est d’abord et avant tout le fait de relater. En sont dérivés les mots narration et récit.
Mais il y a une deuxième définition qui vient en renforcer la compréhension et qui insiste quant à elle sur le RAPPORT tissé entre des personnes en l’occurrence ici entre les personnages.
C’est cette deuxième définition qui consacre le caractère artistique de l’œuvre romanesque. Car, le génie de l’écrivain, c’est d’arriver à créer une harmonie entre les actions, entre les événements, entre les différentes histoires, etc., de sorte à présenter une toile homogène.
Une des techniques utilisées par les écrivains pour rendre leurs textes limpides et attrayants (quand une histoire est trop simple, elle n’accroche pas), c’est le récit encadré.
On dit qu’un récit est encadré lorsqu’il prend place à l’intérieur d’un autre texte, qui peut être narratif, descriptif, explicatif ou argumentatif.
Le texte dans lequel s’insère le récit s’appelle texte-cadre. C’est dans ce texte-cadre que prennent place un ou plusieurs autres récits. On peut même parfois observer plusieurs niveaux d’emboîtements.
Dans le texte-cadre, différents éléments peuvent amener le ou les récits encadrés. Ce peut être :
- un mot, une réaction ou une question :
Ex : - Et Clara ?
- un objet, un paysage, un animal ou une personne :
Ex : Le gecko est un petit lézard…
- un sujet de conversation :
Ex : J’en ai eu des aventures ! Mais aucune comme celle qui m’est arrivée au port où l’on va bientôt jeter l’ancre !
Comme on peut le constater, l’utilité du récit encadré est multiple. On peut raconter pour illustrer une affirmation, pour apporter une explication, ou tout simplement pour émouvoir, effrayer, passionner, etc.
Dans un texte narratif, il introduit une pause dans la narration. Il fait entendre une autre voix dans le récit.
Dans un texte descriptif, il illustre la description, ou le portrait. Il met la description en action.
Dans un texte explicatif, il illustre ou fait comprendre par un cas concret. Il peut aussi servir de justification.
Dans un texte argumentatif, il vient à l’appui des arguments avancés pour étayer un avis.
Tout ce charabia pour dire que, quand vous écrivez, il faut éviter tout ce qui pourrait provoquer une quelconque confusion chez le lecteur. Il faut aussi varier, pour éviter la monotonie, les niveaux de narration. A l’intérieur de votre histoire principale, doivent s’insérer des histoires secondaires avec des narrateurs différents mais sans provoquer de hiatus dans la compréhension du texte. Un bon roman, c’est une combinaison harmonieuse de plusieurs histoires à l’intérieur d’une histoire, de plusieurs voix à l’intérieur d’une voix. Lisez le texte de Isabelle Boni-Claverie et vous comprendrez tout ce que je viens de vous dire. Mais la référence mondiale dans le domaine est bien le chef-d’œuvre Cent ans de solitude de Garcia Marquez que tout le monde connaît.
N’hésitez surtout pas à lire les textes-référence pour en percer les secrets.
Bon courage, cher collègue et à bientôt.
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