L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 11
Posté le 12.01.2008 par ndahfranc
Enfin rentré chez lui, Will découvrit par terre, le colis que s’apprêtait à lui offrir Charlotte lorsqu’elle eut son malaise. Il le déballa et découvrit sa montre, celle qu’elle lui avait prise un jour où ils se promenaient dans le parc. Il y avait un petit mot qui l’accompagnait.
Mon Cher Will,
Ces trois mois que nous avons vécus ensemble sont les plus beaux de ma vie. Jamais je n’aurais espéré que le destin me ferait un tel cadeau. A présent, si la mort veut, elle peut m’emporter, je m’en moque éperdument. Mais, la seule chose que je voudrais te laisser lorsque le pire se produirait, c’est l’amour. Je voudrais te laisser l’amour comme seul héritage de mon passage sur la terre…Oui, je voudrais te laisser l’amour en héritage !
Charlotte.
Will ne put retenir ses larmes qui se mirent à couler comme un torrent.
* *
*
Après un long moment où le sommeil se fit rebelle, Will trouva enfin un semblant de quiétude derrière ses paupières closes. Mais cela ne dura pas bien longtemps, puisque presque deux petites heures après, il se réveilla en sursaut, trempé de sueur. Il venait de faire un terrible cauchemar : Charlotte tombait dans un gouffre sans fonds et lui, tentait vainement de la retenir. Ses cris déments avaient laissé une blessure béante dans son âme.
Fou d’angoisse, il se précipita au volant de sa voiture et fonça tout droit vers la Clinique. Il trouva Charlotte toujours sans connaissance. Pendant trois jours, il la veilla, priant le Bon Dieu qu’il se manifestât une nouvelle fois.
« Mon Dieu, je te promets d’être un homme rangé et fidèle si tu me ramènes ma Charlotte. Je regrette sincèrement tout le mal que j’ai pu causer à toutes ces jeunes femmes. Pardonne-moi toutes mes fautes… »
Quand une faute est confessée avec autant de regret, il n’y a pas de raison que le Tout Puissant ne nous pardonne.
Will, qui s’était retiré dans la salle d’attente pour permettre au médecin de garde d’effectuer sa visite matinale l’accosta au moment où il sortait de la chambre de Charlotte :
- Docteur, comment est-elle aujourd’hui ?
Le médecin coula sur lui un regard compatissant, lui adressa un sourire de réconfort avant de lui répondre :
- Son état est stationnaire ; mais il faut garder espoir. Le plus dur est passé, vous pouvez me croire.
Ah ! l’hypocrisie des médecins ! pensa-t-il. Même quand tout espoir est perdu, ils vous font croire le contraire, juste pour ne pas que vous sombriez dans la démence. Et lui, William Pokou, malgré le courage dont il essayait de faire preuve depuis le début, n’était pas certain d’échapper à la démence. Car pour lui, cela était plus qu’une évidence maintenant, il ne pouvait vivre sans sa Charlotte.
Le médecin le tira de ses confuses pensées.
- Vous pouvez aller la voir, lui lança-t-il avant de disparaître dans son bureau.
Will observa Charlotte avec une émotion à nulle autre pareille. Que faire à présent ? Il se sentait tellement impuissant !
Il y avait des lustres que Will n’avait pas mis les pieds dans une église, mais, il fouilla dans les arcanes de son subconscient pour y déceler un psaume qu’il avait appris alors qu’il n’était encore qu’un tout petit garçon docile.
« A mes paroles prête l’oreille, ô Jéhovah ! Comprends mes soupirs. Sois attentif au son de mon appel au secours, ô mon Roi et mon Dieu, car c’est toi que je prie. »
Will avait prononcé ces paroles avec une foi sans pareille. Et l’instant d’après, il attendit que le miracle se produisît.
Non, ce ne pouvait être qu’une hallucination ! Pourtant, quand Charlotte bougea les doigts une seconde fois, il ne put s’empêcher de hurler :
- Elle bouge, elle bouge, docteur ! Ses doigts bougent !
Au son de sa voix, le médecin accourut en compagnie de deux infirmiers.
- Sortez, monsieur ; laissez-nous travailler ! avait aussitôt ordonné le médecin.
Will sortit à la hâte. Une joie immense se lisait sur son visage. Il ne vit pas Dolorès qui arrivait.
- Bonjour, Will. L’as-tu vu ce ma…
Will ne la laissa pas terminer sa phrase.
- Elle a bougé, tu m’entends, Dolorès ! Elle est en vie, s’écria-t-il en se jetant dans les bras de la vieille dame.
Enlacés comme deux amoureux, ils pleurèrent de joie…
* *
*
Transférée dans la chambre n° 3 depuis la veille au soir, Charlotte recevait à présent ses premiers visiteurs. Tous ceux qui l’aimaient étaient là au grand complet : tante Dolorès, Sharon, Simon, John, Agnès, Lisa, sans oublier Will ainsi que quelques membres du personnel de son restaurant. Une colonie enthousiaste qui étala sa bonne humeur de longues minutes durant.
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