Créer un blog Présentation

Nom du blog :
ndahfranc
Description du blog :
Tribune de l'écrivain débutant : réflexions critiques sur la société, la culture, le livre et la vie
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
15.11.2007
Dernière mise à jour :
07.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or ndahfranc
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT VI
· LITTERATURE IVOIRIENNE
· LE PROCES DE L'EXCELLENCE
· LE SECRET DE LA PRIÈRE
· L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 1
· MES POEMES (Page 4)
· LE STYLE D'UN AUTEUR ? PARLONS-EN.
· OBSERVATIONS D'UNE AINEE
· L'ARGENT FAIT-IL LE BONHEUR ?
· LE BON SENS ET LE KARMA

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

slt
27.06.2008
Au sujet de votre article
20.06.2008
Au sujet de votre article
20.06.2008
Bravo un frère!
19.06.2008
merci
18.06.2008
réponse à mon frère NDAH FRANCOIS d'ASSISE
13.06.2008
100% D'accord avec N'Dah
12.06.2008
Bonjour
25.05.2008
discussion
22.04.2008
discussion
22.04.2008
Bonjour
14.04.2008
Bonjour François
13.04.2008
Bonjour François
08.04.2008
Excellent
02.04.2008
Merci pour le partage
02.04.2008
Merci pour le partage
02.04.2008
bonjour
16.03.2008
bonsoir
15.03.2008
merci
15.03.2008
@ un mot de trop
11.03.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· lemeltingpotdeclytia
· vent2folie
· letontonflingueur
· cessenon
· moonsun
· bourbaky
· segur
· kindu
· alsacedownunder
· etrangemessager



LE MASSACRE DE KOUMASSI

LE MASSACRE DE KOUMASSI

Posté le 15.01.2008 par ndahfranc
Extrait:
...Tout bon guerrier doit savoir lire dans le livre de la nature. Un attroupement de vautours au loin au-dessus d’un village est un mauvais présage. Le cri lointain d’une hyène interpelle la vigilance de tout guerrier. Et la course folle des esprits dans l’obscurité ? Et le chant du cygne dans la nuit agitée ? … Voici autant de signes qui permettent à tout bon guerrier d’être sur ses gardes.
Les guerriers d’Opokou Warè déchiffrèrent ces signes de la nature avec effroi. Et l’affolement s’empara d’eux. L’inquiétude aussi.
Plus tard, le son du tam-tam parleur martela avec effroi des appels au secours pour confirmer ce qui n’était jusque là qu’un mauvais pressentiment. Opokou Warè ordonna aussitôt un repli. De toutes les façons, l’adversaire avait déjà battu en retraite et s’était réfugié dans la brousse. Plus question donc de continuer la guerre. Même si l’objectif qui était d’exterminer l’ennemi n’était pas totalement atteint, on n’en était pas loin. En témoignaient tous ces cadavres gisant sur le sol. Qu’importent les quelques survivants terrés dans les forêts proches ! Il fallait retourner au plus vite à Koumassi.
L’armée d’Opokou Warè reprit sans perdre une seule minute le chemin du retour. Elle marchait, courait, sautait, volait…
Les guerriers, anxieux, pensaient au sort réservé à leurs femmes, leurs enfants, leurs parents, restés au village…
Ils marchaient depuis quelques heures quand tout à coup résonna à nouveau le tam-tam parleur. Et chacun prêta l’oreille. Le contenu du message envoyé par le gardien des traditions sacrées était troublant : « Koumassi n’est plus qu’un champ de ruines, une cité morte et sans âmes. Un groupe de femmes, d’enfants et quelques vieillards se sont terrés dans la forêt au nord. Seules Pokou et Ekoua ont miraculeusement échappé à la mort. Mais, elles sont les otages d’Ebiri Moro. »
Le souverain du royaume Ashanti et ses troupes, quoique affectés par cette triste nouvelle, marchaient à la rencontre des fuyards. Une heure plus tard, ils les retrouvèrent regroupés dans un camp de fortune. Et ce fut le moment inespéré et angoissant des retrouvailles. Les cœurs étaient partagés. Tandis que certains étreignaient joyeusement un enfant par-ci, une femme par-là, d’autres cherchaient désespérément du regard un père, une mère. On finit par se rendre compte que bien peu de personnes d’âge étaient présentes. Et chacun étouffait difficilement sa douleur et sa rage.
Opokou Warè, après avoir compté les siens, sentit un poignard lui déchirer le cœur : autour de lui, seuls quelques enfants et concubines dont la présence ne lui apportait aucun réconfort. Aucune trace par contre des princesses de sa lignée ni de ses favorites. Aussitôt, il se tourna vers Yassoua Kouakou qui avait conduit le groupe des fuyards. Celui-ci, sans même attendre que le roi ouvre la bouche, se mit à balbutier :
- Beaucoup de princesses ont refusé de fuir avec nous.
- Et on ne les y a pas contraintes ? hurla le roi.
- Abla Pokou a essayé de les convaincre mais elles n’ont pas voulu entendre raison.
- Elle n’a pas insisté, je suis certain qu’elle n’a pas insisté ! Pourquoi cette sorcière est-elle encore en vie alors que tant de mères et de jeunes filles sont mortes ? Elle me le paiera !
Finalement, N’Zi le grand réussit à calmer le roi qui se réfugia derrière un silence méditatif. Il laissa aux survivants le soin de savourer le plaisir des retrouvailles.
Plus tard, il appela ses généraux N’Zi le grand et Boni l’intrépide et leur fit part de sa nouvelle stratégie.
- Rentrons à Koumassi. Quand nous aurons mangé et pris des forces, nous irons à l’assaut de l’ennemi. Rassemblez les familles pour le départ.
- Est-ce que tu crois que nous avons faim après tous les malheurs que nous venons de vivre ? lui demanda N’Zi le grand.
Opokou Warè fixa son général dans les yeux.
- Je sais que tu n’auras pas la paix tant que ce poltron n’aura pas payé pour tout ce qu’il a fait, lui répondit le roi.
- Rentre à Koumassi avec Boni et les rescapés. Moi et mes hommes, nous allons partir en avant-garde.
La poignée de mains que se donnèrent les deux hommes était tout le symbole de leur détermination à laver l’affront subi. Juste après, N’Zi le grand et ses hommes disparurent derrière les hautes herbes du maquis.
C’est au petit matin que la procession dirigée par Opokou Warè parvint dans les ruines encore fraîches et fumantes de la ville. Quel spectacle ! On courait ici et là mais le constat était le même. Des cris et des pleurs s’élevaient dans la nature meurtrie. Ici, c’est un père ou un oncle décapité qu’on pleurait. Là, une mère ou une épouse éventrée. La douleur était épouvantable. Opokou Warè se dirigea vers son palais, suivi de Boni l’intrépide. Devant ses yeux ahuris, le spectacle était poignant. Les corps encore chauds et fumants de ses femmes gisaient dans une marre de sang. Certaines avaient été décapitées, d’autres éventrées. Toutes étaient nues, preuve qu’elles avaient été violées. Le roi fit un effort surhumain pour ne pas pleurer. Oui, un roi ne pleure jamais avec ses yeux. C’est signe de faiblesse. Un roi qui a mangé le cœur de son prédécesseur pleure avec son cœur. Soudain, son regard fut attiré par un cadavre que l’on avait pris soin de recouvrir d’un voile blanc. Il demanda à Boni l’intrépide de l’ôter. Apparut alors le visage marqué par la douleur de la reine mère. Un filet de sang avait coulé sur ses lèvres devenues muettes à jamais. Boni, secoué par une forte émotion, recouvrit aussitôt le cadavre souillé. Mais, au moment où il s’abaissa pour le soulever, Opokou Warè l’arrêta. Il se baissa lui-même et souleva le cadavre de sa mère. Ensuite, il se dirigea vers la case qui avait résisté au pillage et à l’incendie. Il se recueillit un long moment sur la dépouille de sa mère. Quand enfin, il ressortit, c’était en homme profondément révolté qu’il s’adressa à ses guerriers.
- Ebiri Moro a profané le royaume jusque dans ce qu’il avait de plus sacré. Même les os vénérables ont été désacralisés. N’eût été la vigilance de Gbôssô Nanwlè, il nous aurait dérobé le trône sacré. Et je ne parle même pas de la mort de ma mère. L’insulte est grave et impardonnable. Apprêtons-nous à mourir en hommes dignes ou à vaincre l’ennemi qui nous a poignardés dans le dos. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous partons dans une heure rejoindre N’Zi et les autres…

Extrait du roman historique, La mystérieuse traversée, paru chez Edilivre-Editions.



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre message : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

:: Les commentaires des internautes

Légende ou fait historique
Posté par Michel-Ange KONAN le 17.01.2008
Salut l'artiste, ce texte est-il une autre version de l'histoire ou la légende de la reine POKOU ? Au plaisir de te relire.


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus