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Tribune de l'écrivain débutant : réflexions critiques sur la société, la culture, le livre et la vie
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LES PRISONNIERS DE L’AMOUR

LES PRISONNIERS DE L’AMOUR

Posté le 07.02.2008 par ndahfranc
...Cybelle et Marc-Olivier se retrouvèrent enfin face à face pour l’ultime combat, celui qu’ils avaient longtemps désiré en secret.
Marc-Olivier voulut parler, mais les mots se bousculèrent dans sa tête. En plus d’être volontairement devenu amnésique, il devenait aussi muet à présent. Les mots s’étaient rebellés, comme tant de fois, quand il avait essayé de les appeler à son secours.
Mais, à quoi peuvent bien servir les paroles quand on a tant de choses à dire et qu’on ne sait par quel bout commencer ?
Pendant qu’il se livrait à toutes ces élucubrations, Cybelle vint se jeter dans ses bras. Et la folie les rattrapa.
Leurs corps se joignirent alors sans qu’ils s’en fussent rendus compte. Marc-Olivier la serra très fort en soupirant. Cybelle se pressa contre lui comme si elle voulait se fondre en lui pour devenir un être unique. Comme la première créature humaine à l’origine des temps. Et ils s’embrassèrent à en perdre haleine, sombrant dans une ivresse à la limite de la démence.
Les jambes de Cybelle devinrent cotonneuses et ses tempes se mirent à murmurer de confuses mélodies. Elle eut à peine conscience que Marc-Olivier lui ôtait ses vêtements. Une fièvre impatiente la consumait. Elle le désirait plus que jamais. Elle voulait le sentir contre elle et en elle…
Cela faisait si longtemps (combien de temps déjà ?), une éternité, que ce corps étranger, si lointain et toujours si proche d’elle, n’avait pas effleuré la surface de sa peau d’ébène. Maintenant, il exécutait en silence, avec une tendresse infinie, la danse initiatique des prisonniers de l’amour.
Il l’embrassait partout, à l’extérieur comme à l’intérieur. Puis, son souffle d’ouragan les souleva tous les deux, tel un cerf-volant, et les emporta, essoufflés, jusqu’aux confins de l’amour, là où toute parole s’efface pour laisser libre cours aux retrouvailles des corps, dans une félicité à nulle autre pareille.
Maintenant, il lui façonnait le corps avec la chaleur de ses mains d’artiste. Il lui pétrissait le cou, les seins, la forêt de son pubis, et tout le reste… comme une pâte à modeler… l’amour.
Marc-Olivier et Cybelle vivaient au rythme d’une musique magnifique sans paroles ni sons. Elle résonnait dans leur cœur et irradiait tout leur être.
Pendant qu’il réinventait avec des gestes d’acrobate sa nudité parfaite de déesse en chaleur, elle écrivait quant à elle sur sa peau trempée de rosée, les mots qu’on n’arrive jamais à prononcer au cours de ce singulier voyage.
Alors, avec cette dextérité d’artiste retrouvée, ils accordèrent leurs instruments de musique longtemps rangés aux placards de l’oubli. Et cette mélodie céleste de Pierrette Adams les envahit de sa magie irrésistible : « … Quand le destin te tend la main, où est le mal où est le bien ? A quoi ça sert de résister, laisse aller… » Sublimes paroles !
Cavaliers solitaires égarés dans les déserts arides de la solitude, ils célébraient ainsi leur retour, tels des dieux grecs excommuniés, dans la taverne magique de l’amour qu’ils avaient quittée, un jour de vents fous et rebelles…
Extrait de "Les prisonniers de l’amour" (Inédit).



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