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ndahfranc
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Tribune de l'écrivain débutant : réflexions critiques sur la société, la culture, le livre et la vie
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L’AMOUR EN CAVALE

L’AMOUR EN CAVALE

Posté le 14.02.2008 par ndahfranc
"L’amour en cavale" est une fantastique histoire d’amour dans laquelle Nafi et Ismaël, sont en proie à un tragique destin. La première doit épouser un vieil homme, milliardaire, qui a tiré sa famille de la misère tandis que le second, doit convoler en justes noces avec une jeune fille que son père, souffrant, a choisie pour lui. Que faire ? S’échapper pour une journée, loin de tous et vivre à fond cet amour, avant de revenir à la dure réalité ?
Mais comme toujours, les surprises sont de taille et le destin échappe à toute logique.
A la faveur de la Saint-Valentin, je vous invite à découvrir cette œuvre pleine de suspense et de rebondissements que je viens de mettre sur le marché du livre.

Extrait :
Après ces deux jours d’intense folie, ce fut le douloureux moment de la séparation. Des pleurs, des étreintes, des sanglots, pour dire adieu à l’être qu’on a aimé le temps d’une folie majeure. Après avoir aspiré le parfum mortel de l’orchidée des êtres perdus, vécu des moments d’extase sublime, l’heure était maintenant à la « mort ».
La séparation est toujours douloureuse quand l’amour a élu domicile dans le cœur de deux êtres pour ne plus jamais en ressortir. Mais, pourquoi se quitter alors qu’on s’aime ? Triste coup du sort !
Ismaël et Nafi avaient décidé de se séparer là où ils s’étaient rencontrés deux jours plus tôt. Devant le cinéma Les Studios. Avec pour seuls témoins, des passants curieux qui les regardaient à la dérobée. Ils éprouvaient des sentiments mêlés et indicibles, teintés de rage et d’impuissance face à la fatalité de leurs deux destins. Aucun mot ne voulait être dompté pour servir de lit à ces vilains sentiments. Des sentiments assez fougueux pour porter toutes les larmes de leur âme.
Puis, leurs lèvres tremblantes, émues par un farouche désir d’impuissance, se sont rapprochées et dévorées passionnément. Fatalement. Avec la fougue des derniers instants et la certitude d’éterniser dans l’espace et le temps, l’acte amoureux. Un baiser, comme le dernier mot d’adieu. Sur un air de sanglots étouffés. Mélancolie, toujours mélancolie. Tristesse d’un pacte brisé, d’un amour fugace.
Ismaël serrait Nafi contre lui de toutes ses forces comme s’il avait peur de la perdre. Il voulait se fondre en elle. Le même désir scintillait dans les yeux de Nafi. Ils voulaient trouver des mots à se dire, mais le silence les avait déjà apprivoisés.
Plus tard, Nafi se raidit et Ismaël desserra l’étau qui la maintenait contre lui. C’est alors qu’elle se mit à reculer sans le quitter des yeux. Ismaël resta planté-là, tétanisé, sans pouvoir esquisser le moindre geste. Au fur et à mesure qu’elle reculait, une boule rageuse et indomptable lui montait à la gorge. Lui non plus ne pouvait pas la quitter des yeux. Il était comme hypnotisé par elle. Par ses cheveux qui flottaient au vent. Par son regard mélancolique de femme amoureuse. Par son parfum qui s’éloignait. Par son ombre qui s’enfuyait. Chacun de ses pas en arrière scellait le pacte de la séparation et accroissait davantage sa douleur.
Tout à coup, Nafi se retourna et se mit à courir de toutes ses forces. Ismaël la regardait se fondre dans la multitude. De temps à autre, il apercevait une couleur de chemise qu’il supposait être la sienne. Puis, elle disparut de son regard.
Mais soudain, prenant conscience que Nafi était en train de lui échapper, Ismaël se jeta à sa poursuite. Il hurlait son nom comme un forcené, devant les passants atterrés. Il courait à en perdre haleine, s’arrêtait brusquement, pivotait sur lui-même en criant à nouveau son nom, puis recommençait sa course folle, essoufflé. Il courait sur les trottoirs du Plateau, traversait les rues sans regarder, bousculait des gens sans s’excuser, pénétrait dans les supermarchés, faisait le tour des rayons, renversait des articles…
Il savait qu’il était trop tard, que Nafi s’en était allée pour de bon comme elle était apparue, mais il courait quand même. Il savait que c’était la fin de leur histoire, mais il voulait encore espérer une parcelle d’amour. Il voulait se donner le sentiment d’avoir lutté jusqu’à ses forces ultimes.
Conscient que les dés étaient jetés, il rebroussa enfin chemin, avec dans sa tête, un abîme de désespoir et de désillusion. Il avait l’impression de se réveiller après un rêve fantastique. Il fit un effort pour ne pas pleurer, essaya en vain de chasser la tristesse qui l’assaillait sans aucun répit. Quand il fut de nouveau en face du cinéma, il remarqua que le même film, « Manhattan », qu’il avait regardé deux jours plus tôt, était encore au programme. Il regarda l’heure : dix huit heures moins dix. Il avança alors vers le guichet, prit un ticket et pénétra dans la salle de projection. Il se dirigea à la même place qu’il avait occupée la dernière fois, puis s’assit. Bientôt, les images se mirent à défiler sur l’écran géant. Il attendit en vain la venue de cette charmante fille au parfum envoûtant. Mais il n’en fut rien. Elle ne vint pas, ne pleura pas, ne lui parla pas. Il comprit alors qu’une histoire d’amour était un voyage unique, sans retour possible dans le temps ni dans l’espace.
Tous ses efforts pour retomber dans la frénésie de son rêve furent vains. Sans donc attendre la fin du film, il se leva et sortit. Il se mit au volant de sa voiture et démarra tout doucement. Ce départ marquait définitivement la fin de son rêve. Mais ce qui accroissait davantage son amertume, c’était le sentiment coupable de s’être laissé prendre à son propre piège. L’amour, sublime et merveilleux, devait-il l’apprendre une fois de plus à ses dépens, n’existe qu’une seule fois dans la vie. Et ses pensées se transformèrent donc en regrets et impuissance. Mais puisque rien ne laissait présager qu’il pût renouer avec ce bonheur merveilleux dans un temps proche, il se jura de conserver les bribes de son aventure dans un coffre-fort qu’il dissimulerait au fond de son cœur. Ainsi, dans ses moments de détresse et de mal d’amour, il pourrait dire : « J’ai déjà connu le bonheur », et il se sentirait mieux.
Ismaël roulait tout doucement, l’esprit tout accaparé par son rêve qui venait de lui filer entre les doigts comme un voleur en pleine nuit.
Le monde vit la nuit et la mélancolie des hommes trahis ou assoiffés d’amour se dessine sur leurs visages marqués. Dans ces décors qui s’effondraient, Ismaël avait le sentiment de passer devant le juge ultime et de justifier les fondements des actes qu’il avait posés dans sa vie. Coupable ? Devait-il se sentir coupable d’avoir côtoyé et flirté avec l’amour le temps d’une nuit et d’une journée ? Cette histoire d’amour, en était-ce vraiment une ou un rêve éveillé ? Où les hommes existent sans avoir jamais existé ? Où les paroles se dénudent au contact des sons, des couleurs et de la lumière ? Une histoire sans histoires ?
Les histoires d’hommes et de femmes sont similaires, faites de rumeur sourde d’où émergent toujours un sanglot compassé, une interrogation balbutiante : « Nafi, te reverrais-je donc jamais ? »

N’DAH François d’Assise Konan, L’amour en cavale, NEI, Collection Adoras, 4e trimestre 2007.



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Bonsoir
Posté par nadia le 19.02.2008
extrait qui donne envie de lire la suite. J'espére pouvoir bientôt trouver ton sur les rayons des librairies chez moi. Bonne continuation François
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