EDITER EN CÔTE D'IVOIRE, QUEL CALVAIRE !
Posté le 22.02.2008 par ndahfranc
QUE C’EST DEGOUTANT !
Il y a quelques temps, je vous avais promis la liste des maisons d’édition opérant en Côte d’Ivoire. Mais, j’ai bien réfléchi et j’ai trouvé que cela n’en valait pas la peine ; je vais vous dire pourquoi.
En Côte d’Ivoire, les maisons d’édition se comportent comme des sorciers, de véritables dévoreurs de talents. En effet, si vous êtes novice comme moi en matière d’écriture et que vous allez les voir avec votre manuscrit sous la main, d’abord, l’accueil qui vous sera réservé vous démoralisera tant les gestes et les paroles vous réduiront à votre plus simple expression. Et si par malheur, un auteur confirmé venait à passer par-là, vous comprendrez aisément que cet endroit n’est pas fait pour vous. Espérons que cela n’arrive pas ce jour-là. On vous reçoit donc et enregistre votre manuscrit. Eh bien, c’est là que commence votre calvaire. A la question de savoir combien de temps votre manuscrit va mettre en lecture, on vous dira deux ou trois mois. Mais en réalité, si vous avez beaucoup de chance, c’est douze mois, sinon, il faudra attendre deux à trois ans. Après les trois ans, que votre manuscrit ait été retenu ou non, votre calvaire continuera. En effet, si votre texte n’a pas été retenu, très vite, vous vous rendrez compte que le rapport de lecture n’en est un que de nom. Car, vous y trouverez des choses que vous ne pourrez exploiter pour parfaire votre travail tellement elles sont vagues et incompréhensibles. Toute chose qui tuera en vous la passion de l’écriture si vous n’y prenez garde. Maintenant, au cas où votre texte serait retenu, votre joie serait de courte durée tellement le temps sera long. Votre manuscrit va passer un séjour d’au moins trois ans sur une étagère estampillée « Manuscrits bons à éditer ». Il dormira là sous prétexte que les moyens de la maison sont limités. Et pourtant, vous verrez passer à la télé, se succédant comme des fourmis, les mêmes auteurs. Vous savez pourquoi ? Simplement parce qu’à ce niveau, le talent seul ne suffit plus. Des considérations d’ordre commercial viennent s’y ajouter. Et même si votre œuvre est de meilleure qualité, on lui préfèrera celle de l’auteur confirmé parce que lui a un nom et vous pas. Votre texte dormira donc là pendant un bon moment jusqu’à ce qu’un jour la providence décide qu’il en soit autrement. Votre texte passe enfin à la production mais n’est pas prioritaire. Son séjour au milieu des machines peut durer encore au moins deux ans. Faisons un peu de calcul : trois ans + trois ans + deux ans, cela fait bien huit ans. Voilà le temps minimum qu’il faut au manuscrit d’un auteur débutant pour être édité. On a le sentiment que tout est mis en œuvre pour décourager l’écrivain débutant et même pour tuer en lui la passion de l’écriture. Car, combien de personnes peuvent attendre autant de temps avant de mettre un enfant au monde ?
Et ce n’est pas tout, la discrimination va se poursuivre après la sortie de l’œuvre. L’auteur confirmé bénéficiera de plusieurs séances de dédicace dans les plus grands palaces de la capitale avec comme invités des personnalités triées sur le volet. Les médias, qu’ils soient privés ou étatiques, relaieront ces informations des semaines durant, sans oublier les plateaux-télé et radio ainsi que les interviews. Or, l’écrivain débutant sera livré à lui-même. Il dormira quelques jours d’un sommeil bien mérité avec son œuvre au chevet de son lit. Puis, il retombera dans l’anonymat. En fin d’exercice, quand il se présentera pour réclamer ses royalties, on lui dira qu’il est déficitaire parce que seuls quelques exemplaires gratuits de son œuvre ont été distribués aux journalistes et aux hommes politiques. Qui voudra donc éditer un auteur qui ne se vend pas ? Or, on a tout mis en œuvre pour vous piéger. Voilà la triste réalité des auteurs débutants en Côte d’Ivoire.
Que faire alors pour ne pas mourir ? Continuer d’écrire même si on a le sentiment qu’on ne sera pas édité. Car, refuser d’écrire, c’est se trahir soi-même. Ensuite, utiliser les NTIC pour mettre ses écrits à la disposition de ses amis qui prendront plaisir à les lire. Un blog aujourd’hui sur le net, c’est gratuit et facile d’accès. C’est une lucarne ouverte sur le monde et qui vous permet d’échanger avec des personnes de toutes origines qui ont la même passion que vous. Qui sait ? Un éditeur trouvera en vous un bon écrivain et vous proposera peut-être un contrat. Et ce sera le début de la grande aventure. Il est aussi conseillé de chercher des éditeurs à l’étranger, en France et au Canada particulièrement. De petites maisons ou de jeunes maisons d’édition ont des savoir-faire parfois insoupçonnés. Je vous citerai par exemple Edilivre-Editions, une jeune maison d’édition dont on dit beaucoup de bien. Il ne coûte rien d’essayer car, personne ne sait d’où peut venir la chance. J’ai envie de dire pour terminer, sans paraphraser un homme célèbre : « Auteurs débutants de tous les pays, unissons-nous ! » Bon courage à toutes et à tous !
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Salut Prof.
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Michel-Ange KONAN le 03.03.2008
Salut l'Artiste, ton expérience nous éclaire le chemin et nous encourage beaucoup. Merci pour tout ce que tu fais pour les écrivains débutant, mille fois merci et que DIEU te bénisse, long vie à toi et à ton blog.
Merci pour le partage
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Mme Kaba Y Fofana le 02.04.2008
Cher jeune! Je vous remercie et vous félicite de nous relater le parcours du combattant des talents qu'on étouffe ou assassine. donnez à vos lecteurs les adresses des maisons d'édition étrangères susceptibles de prendre les gens au sérieux. Et s'il vous plait, envoyez-moi la liste des maisons d'édition de CI pour que je m'informe sur les pratiques que vous dénoncez. Courage!
Merci pour le partage
Posté par
Mme Kaba Y Fofana le 02.04.2008
Cher jeune! Je vous remercie et vous félicite de nous relater le parcours du combattant des talents qu'on étouffe ou assassine. donnez à vos lecteurs les adresses des maisons d'édition étrangères susceptibles de prendre les gens au sérieux. Et s'il vous plait, envoyez-moi la liste des maisons d'édition de CI pour que je m'informe sur les pratiques que vous dénoncez. Courage!
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