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slt j ss hind une femme marocaine j 20ans bon l'age pr moi k des chiffres ds la vie et l'amour na ps un certai...
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merci pour ces conseils .moi je suis passionné par l'écriture rien ne m'effrai seulement j'eprouve deja des di...
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sincere felicitation pour ce roman qui nous montre que mem les handicapé sontdes etre normal qui merite eux au...
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Date de création : 15.11.2007
Dernière mise à jour : 30.10.2009
151 articles


LE BAISER DE LA MORT

Publié le 23/07/2008 à 12:00 par ndahfranc
Quand viendra la mort
La vie rira à gorge déployée
Et les larmes, amères,
Iront se jeter dans la mer.

Dieu ou le Diable, c'est du pareil au même
Le recto et le verso d'une même réalité.
Et vous, ignorants, qui les croyez différents
Votre fin sera à la mesure de votre foi.

L'espérance a-t-elle un sens en dehors de la mort ?
Et pourtant, vous pleurez quand cette dernière vous baise la main.
Regardez-moi tous ces gens
Qui veulent aller au Paradis sans mourir...

IL TE FAUDRA CHOISIR

Publié le 09/07/2008 à 12:00 par ndahfranc
IL TE FAUDRA CHOISIR

Aujourd’hui ou demain
Ici ou ailleurs
A la croisée des chemins

IL TE FAUDRA CHOISIR

Entre le Bien et le Mal
Entre la lutte et la résignation
Entre la foi et le doute
Entre Dieu et le Diable
Entre l’amitié et l’inimitié
Entre la joie et la tristesse
Entre la tendresse et l’animosité

IL TE FAUDRA CHOISIR

Aujourd’hui ou demain
Un jour ou l’autre
Ici ou là-bas

IL TE FAUDRA CHOISIR

Partir ou rester
Vivre ou mourir
Il n’y a qu’une seule alternative
Avancer ou reculer
Espérer ou sombrer
Accepter ou refuser
Le mensonge ou la vérité
A la croisée des chemins
Même dans ta fuite
Il te faudra choisir un chemin
Dans la bataille comme à la guerre
Il te faudra choisir un camp

A la croisée des chemins
IL TE FAUDRA TOUJOURS CHOISIR...

SAVOIR ÊTRE HOMME

Publié le 09/07/2008 à 12:00 par ndahfranc
Savoir espérer au-delà du doute lorsque les lendemains sont incertains
Savoir attendre le jour qui tarde à paraître
Savoir renaître chaque fois qu’en soi l’être se meurt
Savoir frayer son chemin dans les ténèbres
Lorsque l’adversité devient de plus en plus rude
Lorsque l’épreuve persiste et s’acharne sur notre passage
Savoir souffrir au-delà de la peine sans courber le dos
Savoir pardonner quand la rancœur déborde du cœur
Savoir rester intègre lorsque le mensonge nous promet la gloire
Savoir être juste lorsque la ruse nous promet la fortune
Savoir oublier lorsque la mémoire est marquée au fer rouge
Savoir vaincre lorsque la force nous échappe
Savoir se recouvrir lorsque l’affront nous met à nu
Savoir partir sans regret, sans un regard en arrière
Savoir comprendre les autres même si l’on n’est pas compris.

La grandeur d’un homme ne se mesure pas au nombre de ses victoires
La valeur d’un homme ne se trouve pas dans la force de ses bras
Savoir recommencer lorsqu’on a tout perdu : voici tout l’homme
Savoir mourir au-delà de l’avenir
Savoir choisir le chemin du Bien
Savoir tourner le dos au mal
Savoir croire en soi lorsque les dieux nous ont abandonnés
Tel est l’homme que je dois être.

MILLE ET UNE QUESTIONS

Publié le 09/07/2008 à 12:00 par ndahfranc
J’ai construit un rêve fabuleux sur des morceaux de destin. J’ai bâti un château d’amour, une cathédrale à la dimension de ma foi, mais un amour vacillant et corrompu…
L’amour.
Est-ce un cocon en soie tissée dans lequel on se niche ? Est-ce un territoire secret sur lequel on règne ? Est-ce une illusion de bonheur ? Est-ce un pèlerinage dans un lieu sacré ? Est-ce un baiser interminable ? Est-ce une farce ? Un arrangement ? Une comédie ? Est-ce une séparation ? Un adieu ? Est-ce une espérance ? Une expérience ? Un espoir ? Est-ce un hasard ? Est-ce une vengeance ? Est-ce une chambre d’exécution ? Le dernier abri d’un condamné à mort ? Est-ce dompter un cœur sauvage ? Explorer une âme comme une galaxie inconnue ? Est-ce la fascination ? Le regret ? Est-ce la plage ensoleillée ? Le bruit sourd des vagues ? Est-ce une chanson mélancolique ? Est-ce un poème à forme fixe ? Est-ce la peur de l’autre ?

Je ne sais pas, je ne sais plus… Je ne l’ai jamais su.
Que c'est dommage !

JUSQU'AU BOUT DE L'ENFER

Publié le 07/05/2008 à 12:00 par ndahfranc
JUSQU'AU BOUT DE L'ENFER
Je viens de publier chez Edilivre-Editions, en France, un roman d’aventure intitulé : Jusqu’au bout de l’enfer. Cette œuvre agréable à lire met en scène un personnage étrange, Bla-Yassoua, la Femme-Homme. Ce personnage, homme les jours impairs et femme les jours pairs, est confronté à un terrible dilemme : il doit abandonner définitivement une de ses apparences au profit de l’autre. Mais la guerre des sexes n’a pas vraiment lieu. Son périple autour du monde et dans l’univers lui révèle bien des secrets qui lui permettront de comprendre le vrai sens de la Création. Une œuvre à lire absolument tant le message qu’elle véhicule est poignant.

Extrait :
Le dilemme de Bla-Yassoua était des plus inextricables ! Devait-il épouser un homme ou au contraire une femme ? La loi du village était stricte qui interdisait tout mariage polyandre ou polygame. Or, il aurait été plus facile pour lui de se marier à un homme et une femme à la fois. Mais voyez-vous, la loi c’est la loi et nul n’a le droit, quel que soit son état, de se mettre au-dessus d’elle. Il lui fallait donc faire un choix et au plus tôt.
Il se retira dans l’intimité de sa chambre afin d’interroger dans la plus grande quiétude l’intimité de son être intérieur. Mais le combat que se livrèrent sa nature féminine et sa nature masculine était impitoyable. Un combat farouche qui dura huit jours sans que ni l’une ni l’autre ne pût prendre le dessus. En fin de compte, il décida de prendre conseil auprès de ses géniteurs. Il alla d’abord rencontrer son père qui l’attendait justement pour aborder le sujet.
– Bonjour mon père, lui lança-t-il avant de prendre place en face de lui.
– Bonjour mon fils, lui répondit son père, car c’était un jour impair et donc c’était son apparence masculine qui avait droit de cité.
Il coula sur lui un regard paternel et compatissant mais lui sourit au bout d’un moment pour lui montrer qu’il était de coeur avec lui.
– Père, commença Bla-Yassoua après s’être raclé la gorge, signe de son embarras, j’ai du mal à choisir le sexe qui devra déterminer le reste de mon existence. Que me conseilles-tu ?
Son père, qui avait déjà longuement médité sur la question, ne passa pas par quatre chemins pour lui faire partager sa vision des choses.
– Mon cher enfant, c’est une décision importante que tu es amené à prendre aujourd’hui. Il te sera difficile, voire impossible de revenir sur tes pas. Voilà pourquoi je souhaite que tu le fasses en toute lucidité et connaissance de cause…
– Je suppose que tu me conseilles de choisir le sexe masculin ?
– Je ne te cacherai pas que c’est bien cela ma préférence. A ta place, j’opterai pour le sexe masculin. Car avec lui, tu auras d’énormes avantages. D’abord, sache que depuis l’origine des temps, Anangaman a fait de l’homme le chef de la famille. En conséquence de cela, sa femme lui doit respect et obéissance. Ensuite, la femme a été créée pour servir l’homme, le rendre heureux et assurer la pérennité de sa famille. C’est donc elle qui porte la grossesse et éduque les enfants. Tu n’imagines pas combien pénibles sont ces tâches qui requièrent patience, courage, disponibilité et amour…
Après cet entretien, Bla-Yassoua se retira de nouveau dans sa chambre pour digérer tous ces conseils que venaient de lui donner son père. Mais, comme le dit un proverbe africain, on ne fait pas de sacrifice avec une seule moitié de cola. C’est pourquoi il décida de recueillir l’avis de sa mère le jour suivant où son apparence féminine avait éclos dans toute la splendeur de son charme.
– Mère, lui dit-elle dès qu’elle se fut assise en face d’elle, je viens solliciter ton aide afin que la décision finale que je vais prendre le soit en toute connaissance de cause.
– Ma fille, j’attendais impatiemment cet entretien car, en tant que mère, il est de mon devoir de te donner certaines informations capitales et qui j’en suis sûre t’aideront à prendre la bonne décision… Ah ! ma chère enfant, quel bonheur d’être femme !
– Ah bon !
– Oui ma fille, quel immense bonheur que d’être femme ! Les gens qui ne comprennent pas toujours la mission qu’Anangaman nous a confiée se plaignent à longueur de journée. Mais ce qu’ils oublient, c’est que sans nous, l’homme n’est rien ; il est aussi vulnérable qu’un poussin loin de sa mère. L’homme ne comprend pas toujours le sens de la force physique qu’Anangaman lui a donnée : c’est juste pour subvenir aux besoins alimentaires et matériels de sa femme et de ses enfants. Toute autre utilisation est contraire au dessein d’Anangaman. A la femme, l’Esprit Supérieur a donné la force spirituelle, plus forte que la force physique. Contrairement à la force physique qui est action, la force spirituelle est réflexion. Ces deux forces ne sont pas incompatibles, antinomiques, bien au contraire, elles sont complémentaires. L’une ne saurait exister sans l’autre. C’est pourquoi un homme qui n’est pas marié n’en est pas un ; c’est un handicapé spirituel… Anangaman n’a pas établi une relation de domination entre les deux forces. Quand un homme veut poser un acte, il a besoin de la caution spirituelle de sa femme sinon il court inéluctablement à l’échec. C’est la femme qui le conseille et fait appel aux anges de la lumière pour la réussite du projet en question. L’homme est incapable de rentrer en contact avec les anges de la lumière. Il est obligé d’avoir un intermédiaire. Or, la femme, de par sa sensibilité de femme, entre directement en contact avec eux. Une famille ne prospère que lorsque la femme est consciente de sa mission de femme. Y a-t-il plus
noble mission que celle-là ? L’homme croit qu’il est le chef de la famille parce qu’il aime les honneurs, mais en réalité, le vrai chef de famille c’est bien la femme. Ma fille, ne laisse pas la proie pour l’ombre…
– Merci mère, pour tous ces conseils. Je vais à présent me retirer dans ma chambre afin de les digérer.
– J’ai confiance en ton bon sens. Va et prends la bonne décision.
Sur ce, elle se leva et prit congé de sa mère.
Ainsi donc, chacun des parents vanta-t-il le sexe qui était le sien. Ils furent tous les deux si convaincants qu’au sortir de ces deux entretiens, Bla-Yassoua ne put toujours pas se décider. L’expérience familiale non plus ne lui fut d’aucun apport tellement son père et sa mère vivaient en parfaite harmonie, chacun jouant son rôle avec fierté et bonheur. Il en était d’ailleurs ainsi dans tout le village.
– Il doit bien y avoir une partie plus noble et beaucoup plus intéressante que l’autre, ne cessait de se murmurer Bla-Yassoua à longueur de journée dans l’intimité de sa chambre.
Un jour pourtant, au sortir d’une autre nuit sans sommeil, il trouva enfin la solution à son problème. Il décida d’aller à la conquête du monde pour se rendre compte par lui-même laquelle des deux parties présentait le plus d’intérêts et d’avantages. Il informa ses parents de cette importante décision. Ceux-ci n’y virent aucun inconvénient et lui donnèrent d’ailleurs leurs bénédictions.

Jusqu'au bout de l'enfer, Edilivre, mai 2008

CESAIRE OU LA MORT D'UN IMMORTEL

Publié le 19/04/2008 à 12:00 par ndahfranc
J’ai entendu dire que Césaire est mort il y a à peine deux jours !
J’ai entendu des cris de pleurs provenant du monde entier : de sa Martinique natale, de son Afrique qu’il portait dans son sein comme un trésor, de cette jeunesse qui s’est longtemps abreuvée à la source de son intarissable savoir…
Mais pourquoi donc pleurez-vous un immortel ?
Pourquoi tant de pleurs pour un homme qui a vaincu la mort ?
Non, séchez vos larmes, le poète n’est pas mort !
Non, domptez vos peines, le dramaturge est bien vivant !
Oui, pleurez de joie car Césaire est bien vivant !
Vivant dans la conscience de l’Afrique dont il était l’un des guerriers les plus vaillants !
Vivant dans l’espoir de cette jeunesse dont il demeure le phare le plus puissant !
Vivant dans ces vers révoltés qui ont crié la rage de l’insoumis !
Vivant dans chacune de nos larmes quand nous rêvons l’Afrique !
Cette Afrique meurtrie, héritage convoité par tant de vautours !
Rapaces insatiables survolant nos têtes affamées…
Non, le temps des pleurs est révolu !
On ne pleure jamais un guerrier tombé au champ d’honneur, on enjambe sa dépouille pour continuer son combat, ragaillardi par son sourire étincelant sur son visage mort !
Non, Césaire n’est pas mort !
Comme Senghor, Lumumba, N’krumah…, héros vivants d’une Afrique mal-aimée.

QUAND ZADI ZAOUROU RACONTE CESAIRE

Publié le 18/04/2008 à 12:00 par ndahfranc
Dans cette interview accordée à Frat-Mat, le Professeur Zadi Zaourou rend hommage à Césaire.

Professeur, vous êtes un grand amoureux –excusez le choix de cet adjectif- d’Aimé Césaire. Hier, il s’en est allé. Vous êtes évidemment triste…

Ca va de soi, d’autant plus que tout en sachant que la mort nous attend au carrefour de la vie, on se berce toujours d’illusions. Les gens qu’on aime et auxquels on tient, on les croit immortels. C’est avec beaucoup de tristesse que j’avais appris que sa santé s’était dégradée. J’avais souvent de ses nouvelles par des compatriotes et des amis de France. Mais on croit toujours que cela n’arrivera pas. C’est une nouvelle triste.


Vous avez croisé l’homme. Quelles émotions vous ont-elles habité la première fois?

Je l’ai croisé au moins quatre fois. Deux fois à Paris et deux fois en Martinique. La première fois, c’était en 1970. Et je lui avais exprimé mon désir de le rencontrer. Il n’a pas hésité à donner une suite à ma demande. Il m’a reçu dans un café situé non loin de "Présence Africaine". Je l’avais abordé hardiment pas loin de la Maison des étudiants ivoiriens à Paris. Je lui ai parlé de la Négritude. J’avais encore l’attitude de l’élève. Je venais de finir ma maîtrise sur Le cahier d’un retour au pays natal et il y avait des choses que je voulais comprendre. C’est donc de manière un peu scolaire que je l’avais abordé. Deux ans plus tard, quand je suis allé en France, en voyage d’études, il m’a reçu à l’Assemblée nationale. J’étais avec trois de mes étudiants. Nous avons ce jour-là, discuté de sujets plus poussés. Je lui ai demandé les raisons pour lesquelles il n’a jamais voulu que la Martinique soit indépendante - ce que beaucoup d’Antillais lui reprochent -. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas, par simple ambition personnelle, laisser la Martinique devenir une République indépendante qui aurait été étranglée à peine née, parce qu’elle n’a aucune ressource, qu’elle a une surface insignifiante, une population numériquement insignifiante, dont la plupart des jeunes se rendent en métropole pour trouver du travail. Il ne voyait pas comment une République martiniquaise indépendante pouvait être viable. Et qu’il avait pensé pendant longtemps que les Antilles auraient pu fonder une fédération. Mais il m’a dit: «Vous savez, les contradictions qu’il y a entre les Antillais sont bien plus féroces que celles qui opposent les pays africains». Connaissant ce que sont les contradictions africaines, j’ai compris.

Mais ce qui m’a touché, c’est quand il m’a dit: «Je ne pouvais pas, par ambition personnelle…». C’est vrai qu’à cette époque, la Martinique aurait pris son indépendance, il n’y avait personne d’autre que Césaire pour être Président de cette République. Et je dis qu’il est sincère quand il dit qu’il ne pouvait pas sacrifier son pays par ambition personnelle.


En 1972, vous découvrez réellement, au contact de cet homme, toute la grandeur qu’il porte…

Oui, ça m’avait vraiment impressionné. Et cela m’a d’ailleurs fait penser à notre Président Houphouet-Boigny, parce qu’on s’est beaucoup interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’avait jamais voulu de la fédération. Nous savons qu’il avait neuf chances sur dix d’être le Président de cette fédération s’il avait voulu qu’elle soit. Il a dit non. Il a préféré la balkanisation et contrôlé ce bout de terre qu’est la Côte d’Ivoire au lieu d’une fédération comme l’ex-AOF. Il avait certainement une conviction selon laquelle plus de maîtrise sur un pays comme la Côte d’Ivoire aurait donné l’exemple d’un développement capitaliste plutôt qu’une AOF qu’il aurait certainement mal maîtrisé, du fait de grands gabarits comme les Sékou Touré, Léopold Sédar Senghor qui n’étaient pas des hommes à manipuler.


Professeur, comment faites-vous pour passer si aisément de Césaire à Houphouet-Boigny?

Très bonne question : il est bien évident que ma liaison n’est pas idéologique. Il y a un univers qui les sépare. Césaire est un ancien communiste…


Houphouet-Boigny aussi…

On sait que le Vieux a flirté un peu, de 46 à 50, avec le Communisme, mais il est fondamentalement anti-communiste. Il l’a prouvé. Césaire est un homme de culture. Je ne dis pas qu’Houphouet n’est pas un homme de culture, mais il s’en méfiait énormément, il la trouvait trop subversive. On peut multiplier les oppositions. J’ai demandé à Césaire – parce que j’avais l’intention de l’inviter, c’était la dernière fois que je l’avais rencontré au tout début de 1999 – pourquoi il n’est jamais venu en Côte d’Ivoire. Il m’a dit: «vous savez, je ne veux pas embarrasser le père Houphouet».

Je fais le lien entre les deux hommes parce que pour moi, autant Houphouet fait partie des grands de l’après deuxième guerre mondiale, autant Césaire fait partie de ces grands-là. Même si c’est sur un terrain autre que la politique. Comment chacune de ces hautes personnalités a vécu ses convictions? Comment les a-t-elles mises en pratique? Comment a-t-elle su gérer ses échecs? Comment ne pas se laisser déborder par ses victoires? Quand on interroge ces deux personnages, qui ont des positions complètement opposées, on se rend bien compte que ce sont des gens de conviction, des gens qui ont une vision d’eux.


Qu’est-ce qui vous a séduit chez Césaire?

D’abord, je suis poète. Et vous avez que les poètes sont des gens qui n’ont pas une grande modestie. Ils sont considérés comme des gens venant d’une planète à part. C’est pour cela que certains philosophes méprisent les poètes qu’ils regardent comme des gens égarés qui découvrent des lumières là où il n’y a que des ténèbres. C’est une vieille bataille qu’on connaît. Nous gérons ce mépris-là. Mais ce qui est certain, c’est qu’un poète sait toujours se mirer dans un autre poète, et son cœur sait toujours vibrer au contact d’un cœur de poète.

Quand on rencontre Césaire – tous ceux qui l’ont rencontré le disent -, on a l’impression qu’on le quitte tout illuminé. Chaque parole de ce Monsieur est une parole d’édification. Et ce n’est même pas qu’il raisonne en philosophe, mais il n’y a pas une seule seconde où il cesse d’être poète. Or, la poésie est avant tout un art de séduction. Il te parle de l’Afrique qu’il porte en lui et qu’il a célébrée dans Le Cahier d’un retour au pays natal: «cette Afrique gigantesquement chénillante, où la mort fauche…». En deux ou trois images, il a bouleversé ton coeur face au drame qui parle pour ton continent, le continent auquel tu appartiens. Il te parle du Congo «à force de regarder le Congo, je suis devenu un Congo bruissant de caïmans». Cet homme-là, si ce n’est pas Dieu de maîtrise de la parole, qu’est-ce qu’il est alors? Et puis alors quelle simplicité! Quelle simplicité! C’est la chose la plus effarante chez lui. La première fois où je l’ai abordé, il allait à l’épicerie. Je cours vers lui pour lui parler, il m’a donné le rendez-vous que je lui avais demandé tout de suite. Il était d’une simplicité extraordinaire. Senghor aussi était comme ça. Il y a ce côté qui est très séduisant. Et puis, Césaire est très cultivé. Les gens qui ne le connaissent pas pensent qu’il prend des mots dans le dictionnaire pour complexifier son langage. C’est une insulte. L’œuvre qu’il laisse le rend tellement respectable. J’ai lu tout Césaire. J’ai tout lu de lui. Césaire laisse une œuvre immense. Pas au nombre des volumes. Mais par la haute qualité de cette œuvre. Voilà les raisons pour lesquelles Césaire m’a fasciné personnellement.

Interview réalisée par Agnès Kraidy

LE LIVRE EST MORT, VIVE LE LIVRE !

Publié le 18/04/2008 à 12:00 par ndahfranc
Le livre est mort, vive le livre !
La chronique de Frédéric Beigbeder

par Frédéric Beigbeder
Lire, avril 2008

Au Salon du livre on ne parlait que de lui: l'e-book, ou livre électronique. Cela fait des années que ce truc traîne, mais les prototypes n'étaient pas au point, Erik Orsenna militait à fond à l'époque, ça faisait un peu ricaner les méchantes langues, la cyber-lecture ne faisait peur à personne. Or voici que le moment est venu. Ça y est: les gens vont comprendre que cette invention va tout changer. Ce qui est arrivé au disque va arriver au livre: les librairies vont fermer les unes après les autres, le support papier sera réservé à quelques collectionneurs fétichistes, les enfants ne liront plus que sur des écrans. Vous haussez les épaules, incrédule? Si on vous avait dit, il y a dix ans, que plus personne n'achèterait de CD en 2008, vous ne l'auriez pas cru. Pourtant, c'est arrivé. La même chose va arriver au livre: je parie qu'en 2018 le livre sera mort. C'est horrible? Oui. J'aime les bibliothèques, j'aime fureter dans leurs étagères, saisir un livre, l'ouvrir en son milieu, le parcourir au hasard, le humer, revenir au début, comparer, en prendre un autre, m'asseoir dans un fauteuil, déclamer un paragraphe, le souligner, le relire en silence... Tout vrai lecteur est avant tout un maniaque du papier. La fin du livre imprimé coïncidera peut-être avec la destruction de l'humanité. Gutenberg se retournera dans sa tombe, Hitler aura gagné: l'autodafé sera global.

La première réaction, instinctive, est bien sûr la révolte, le désespoir, la colère. Pourtant si l'on poursuit la comparaison avec la musique, force est d'admettre que la «dématérialisation» a plutôt été un progrès. Mon i-Pod m'a fait redécouvrir des milliers de morceaux que j'avais oubliés au fin fond de mes placards. Je télécharge sans sortir de chez moi des chansons rares, des morceaux cultes, des concerts mythiques. Je pars en voyage avec toute ma discothèque dans ma poche. Est-ce VRAIMENT moins bien qu'avant? Si le livre numérique est l'équivalent du MP3, il va totalement révolutionner nos comportements de lecteur. Nous allons avoir accès plus rapidement à toute l'Histoire de la Littérature. Nous allons dépoussiérer les classiques, tomber par hasard sur un vieux roman négligé, zapper entre Proust et Tolstoï en un lien hypertexte. Nous allons surtout avoir l'équivalent d'une armoire de livres dans notre veste. Nos enfants n'auront plus mal au dos en allant à l'école, comme l'a souligné un très bon article de Stephen Carrière dans le «Libé des écrivains». Les passionnés de lecture ne se trimbaleront plus des valises de deux tonnes au moment des départs en vacances. J'ai encore du mal à imaginer quel sera le fonctionnement de cette néo-lecture: certains «readers» se feuillettent, d'autres font défiler les pages comme sur un écran d'ordinateur. Une chose est sûre: déjà avec Google sur mon portable, j'ai parfois pris du plaisir à tomber en pleine rue sur un poème de jeunesse de Rimbaud ou à retrouver l'auteur d'une citation en trois secondes (alors qu'en cherchant dans ma bibliothèque j'aurais mis une semaine!). J'aimerais pouvoir jurer ici que lire sur un écran me dégoûte mais je mentirais. Ce n'est qu'une habitude à prendre, avec ses avantages (plus besoin de corner les pages) et ses inconvénients (c'était bien de corner les pages).

Comme Sartre, j'ai grandi au milieu des livres de mes parents et grands-parents. Dans Les mots, il raconte comment son amour des livres est né dans la bibliothèque de son grand-père: «Je n'ai jamais gratté la terre ni quêté des nids, je n'ai pas herborisé ni lancé des pierres aux oiseaux. Mais les livres ont été mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne; la bibliothèque, c'était le monde pris dans un miroir; elle en avait l'épaisseur infinie, la variété, l'imprévisibilité.» Mais parlait-il de l'objet livre, ou de son contenu? Le progrès va peut-être détruire le livre (ou le réserver à une élite); mais le progrès ne détruira pas la lecture, ni l'écriture, ni la littérature. Au contraire il va peut-être nous amener à lire (et écrire) autrement. Et quand, un jour prochain, je serai allongé sur la plage avec l'intégralité de La comédie humaine de Balzac sur ma serviette de bain, c'est bizarre... Honnêtement je n'arrive encore pas à décider si ce sera le sommet du ridicule, ou un luxe extraordinaire, ou la fin du monde.

SUR LES TRACES DE L'AMOUR

Publié le 06/04/2008 à 12:00 par ndahfranc
SUR LES TRACES DE L'AMOUR
Je vous avais annoncé la parution très prochaine d’un roman de littérature sentimentale chez Edilivre-Editions et intitulé Sur les traces de l'amour. Eh bien, c’est chose faite depuis le 31 mars 2008. C’est une œuvre palpitante que vous prendrez beaucoup de plaisir à lire, j’en suis convaincu. En attendant, je vous en offre un extrait pour aiguiser votre appétit. Bonne lecture.

Extrait :
Ce matin-là, Roxane s’était réveillée, les images de sa soirée encore plein la tête. Il émanait de toute sa personne une espèce de langueur printanière. Elle avait encore rêvé à cet homme dont lui avait parlé le poète.
Quand elle tira les voiles qui couvraient les fenêtres vitrées, elle découvrit devant ses yeux à peine réveillés, un spectacle magnifique.
La mer s’étendait à perte de vue. Les mouettes tournoyaient au-dessus de la surface mouvante de l’océan. Des couples de touristes épars se dirigeaient ici et là, la bonne humeur à fleur de peau. Au loin, à l’horizon, à cet endroit-là même où la mer semble s’accoupler avec le ciel, l’astre d’or commençait à envelopper la nature impatiente de ses rayons tièdes et dorés…
Après un bain tonique, elle porta un bikini jaune citron qui lui allait merveilleusement bien.
Au-dessus, elle enfila une robe volante en toile rose, assez transparente pour laisser admirer sa forme harmonieuse. Au vent, cela lui donnait une allure de fée. Elle laissa ses longs cheveux flotter dans son dos comme une crinière de lion…
Quand elle pénétra dans le restaurant, elle adressa un sourire poli aux clients qui levèrent leurs yeux sur elle avant d’aller s’installer.
On lui servit aussitôt un café chaud bien parfumé avec des croissants. Après y avoir goûté, elle reconnut l’arôme du bon café de Côte d’Ivoire, le meilleur du monde.
Dans les yeux des hommes qui l’observaient à la dérobée, elle sentait le désir, la convoitise et l’envie. Ils rêvaient tous de la posséder, de l’étreindre…
Après avoir terminé son petit déjeuner, elle se précipita dehors pour profiter des bienfaits des rayons naissants du soleil ainsi que de la brise maritime.
Le temps était doux, le vent apprivoisé et la mer très calme. Dans le ciel bleu, le carnaval des oiseaux de mer était impressionnant. Certains voltigeaient par simple plaisir, tandis que d’autres, au prix d’acrobaties spectaculaires, couraient après leur pitance quotidienne. Mais toujours est-il que leurs mouvements donnaient une atmosphère de gaieté à la nature.
Roxane enleva ses chaussures et commença sa promenade solitaire sur la plage. La brise matinale berçait son visage et souffletait sa robe de toile rose.
Elle se sentait vivre. La nature fredonnait une musique langoureuse à ses oreilles. Elle avait l’impression d’entendre ses slows préférés interprétés par des musiciens invisibles dotés de dons surnaturels.
Elle marchait tout au bord de l’eau. Parfois, ses pieds se laissaient immerger par les derniers soubresauts des vagues mourantes.
Elle s’aventura bien loin. C’est alors qu’elle aperçut un rocher qui surplombait la mer. Un artiste peintre y avait installé son atelier. Donnant dos au public qui s’était amassé derrière lui pour admirer son talent, celui-ci avait l’impression d’attendre une dernière inspiration providentielle pour terminer son oeuvre.
Quand Roxane porta son regard émerveillé sur la toile, elle eut tout de suite des frissons. C’était bien son image que le peintre avait reproduite sur sa toile. Elle portait la même robe de toile rose. Il lui manquait seulement les traits du visage.
Le coeur de Roxane se mit à battre nerveusement. Elle sentait tout proche l’homme qui prenait plaisir à la troubler de la sorte.
Soudain, le peintre se retourna comme s’il eut deviné sa présence et porta sur elle un regard admiratif et soulagé. Puis, il descendit tout doucement de son piédestal et s’avança vers elle, devant le public subjugué.
– Bonjour, princesse, je vous attendais.
Le même scénario que la veille. Elle lui posa les mêmes questions et il y répondit par les mêmes réponses confuses.
Roxane crut qu’elle devenait folle. Aussitôt, elle se mit à courir. Elle voulait s’éloigner le plus possible, fuir cet homme. Mais le pouvait-elle ? Il était partout dans sa tête, dans son regard, dans ses envies, dans ses rêves…

LES CICATRICES DE LA VIE

Publié le 27/03/2008 à 12:00 par ndahfranc
Les cicatrices de la vie sont nos plus grands trophées. Quand tout va mal et que le découragement tente de s’emparer de notre âme, il nous suffit de les regarder pour revisiter nos victoires passées. Car toute victoire laisse nécessairement des cicatrices. Pour qu’on se souvienne toujours des qualités qui nous ont permis de vaincre. Le pèlerin ne continue sa marche que lorsqu’il a vaincu un obstacle intérieur. Fuir devant l’obstacle ne fait que retarder notre marche vers la lumière. Car seules nos victoires font de nous des conquérants. Les lauriers de la victoire ne fleurissent que dans les larmes de la défaite.

Le pèlerin ne s’attarde jamais sur ses victoires ; il peut se les remémorer pour se donner du courage quand la force semble l’abandonner.
Le bonheur est-il dans l’absence d’épreuves ou dans la victoire sur les épreuves ? Le pèlerin est toujours en quête d’épreuves sinon sa vie ne sera qu’un océan de tristesse.
A quoi vous sert-il d’avoir une épée si vous ne devez ou ne savez pas vous en servir ? Une épée qui ne sert pas est attaquée par la rouille. C’est en maniant quotidiennement l’épée qu’on en fait une arme. Il en va de même pour le courage, la persévérance ou la perspicacité. Ce sont des armes redoutables pourvu qu’on s’en serve chaque jour de notre vie. Mais l’arme la plus redoutable que nous ayons jamais eue, c’est l’amour. Quel que soit le danger, il nous fait toujours triompher. Apprenons donc à cultiver l’amour.


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