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je trouve que les conseils donnés, sont très bien mais difficile a appliquer, pour les femmes moins difficile ...
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Par nawel, le 06.11.2009

slt j ss hind une femme marocaine j 20ans bon l'age pr moi k des chiffres ds la vie et l'amour na ps un certai...
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Par hind, le 06.11.2009

merci pour ces conseils .moi je suis passionné par l'écriture rien ne m'effrai seulement j'eprouve deja des di...
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Par kouadio, le 05.11.2009

il n'y a que les africains un peu bêtes pour raisonner comme ce fiavi.je suis désolée si on a l'impression que...
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Par RAISSA, le 05.11.2009

c'est un mauvais texte ...
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Par Anonyme, le 19.10.2009

vraiment c'est un texte géniale pour la prière...
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Par Anonyme, le 19.10.2009

votre analyse est pertinente,cepen dant il ne faut pas oublier qu'une oeuvre de veronique tadjo est au program...
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moi jai besoin de lire tout les chapitres svp...
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sincere felicitation pour ce roman qui nous montre que mem les handicapé sontdes etre normal qui merite eux au...
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Par nicole, le 28.09.2009

félicitation pour cette histoire...
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Par nicole, le 28.09.2009

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Date de création : 15.11.2007
Dernière mise à jour : 30.10.2009
151 articles


MORT D’UN « DISEUR DE VERITE ».

Publié le 09/02/2008 à 12:00 par ndahfranc
Une amie mienne (permets-moi de te nommer ainsi, Nadia) a du mal à trouver l’une des œuvres les plus célèbres de Kourouma, Allah n’est pas obligé, chez elle à Fès. Or, pas plus tard que la veille, j’ai lu une contribution fort intéressante de l’universitaire Madeleine BORGOMANO, dans la revue Notre Librairie de janvier-mars 2004 et intitulée MORT D’UN « DISEUR DE VERITE ».
Pour elle et pour tous ceux qui sont en quête de Kourouma, je reproduis intégralement cette contribution.

Ahmadou Kourouma est mort le 11 décembre 2003 à Lyon, à l’âge de 76 ans. Mais c’est « en malinké », à sa manière, qu’il faudrait faire part de cette disparition qui nous plonge dans le deuil : « Il y a quarante jours qu’a fini Ahmadou Kourouma, de race malinké… » Et ce qu’il n’a pas supporté, ce n’est pas un « petit rhume », mais le chaos qui menaçait son pays, la Côte d’Ivoire, dont il se voyait, une fois de plus, exilé. Même si, en épousant une française, il s’était fait, à Lyon, « une petite case », c’est au pays malinké qu’il appartenait.

Il était né en 1927, près de Boundiali, à Togobala. Le nom de ce village est le seul à apparaître sans masque dans son premier roman, Les soleils des Indépendances, en 1968, comme patrie du héros, Fama, vieux « prince » déchu. A l’autre bout de l’œuvre, c’est aussi à Togobala qu’est né Birahima, l’enfant-soldat, héros narrateur du dernier livre, Allah n’est pas obligé (2000).

Ni ses études de mathématiques, ni son métier d’actuaire ne semblaient destiner Kourouma à l’écriture. Il avait pris la plume, disait-il, pour protester contre l’arbitraire du régime politique issu des Indépendances et pour défendre ses camarades emprisonnés pour « faux complot ».

La fiction lui était imposée par l’impossibilité d’attaquer directement le pouvoir en place. Dans son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages (1998), il démontera les ressorts de ces pouvoirs dictatoriaux et fera d’Houphouët-Boigny, le président ivoirien, un portrait à la fois violemment critique et admiratif, sous les traits du rusé Tiekoroni.

Ainsi l’écriture serait née d’une volonté de témoigner, affrontée à l’impossibilité de le faire. Ses romans relèvent bien d’une « contre-littérature », selon les prescriptions de l’époque. Mais ils osaient dénoncer aussi les responsabilités africaines dans la grande désillusion des Indépendances et surtout ils se distinguaient par un souci extraordinaire de la forme linguistique. La langue française, certes aliénante et inadaptée au monde africain, mais « incontournable », Kourouma faisant fi, avec une belle liberté, de tous les diktats, la « viole » (selon ses propres termes), mais amoureusement, la changeant en une langue métisse sans cesse à inventer, en jouant comme d’un instrument docile au service de sa formidable verve de conteur. L’écriture devenait alors une jubilation partagée par le lecteur.

Cependant cette stratégie entreprise exigeait un long travail. Vingt-deux ans se sont écoulés avant la sortie d’un deuxième roman, Monnè, outrages et défis (1990), raccourci magistral, tragi-comique, d’un siècle d’histoire vu par le centenaire Djigui, prince d’un petit royaume du sahel. Il est regrettable que ce roman, peut-être son chef-d’œuvre, reste pourtant le moins lu.

Huit ans après, en 1998, paraissait En attendant le vote des bêtes sauvages. L’écrivain revenait au présent pour dresser un tableau terrifiant et burlesque d’une Afrique tout entière en proie aux effets de la « guerre froide », prétexte saisi par l’Occident pour favoriser sans scrupules les pires dictatures.
La saga ultracontemporaine de Koyaga nous était contée sous la forme traditionnelle d’un donsomana, récit purificatoire dont la magie puissante réussissait une nouvelle forme de métissage.

Accélérant son rythme d’écriture, comme sous la poussée d’une urgence, Kourouma écrit Allah n’est pas obligé en deux ans seulement. En laissant la parole à un enfant-soldat, qui tente de survivre dans le chaos et l’horreur des guerres « tribales », il écrit son roman le plus terrible et le plus bouleversant. La mort de Kourouma nous prive cruellement de la suite qu’il se proposait de lui donner.

L’entreprise iconoclaste de ce « diseur de vérité » (titre de son unique pièce de théâtre, qui lui a valu l’exil) n’a pas toujours été appréciée ni des Français ni des Africains. Ainsi a-t-il fallu à Kourouma un détour par le Québec, beaucoup plus ouvert aux audaces linguistiques, pour faire éditer Les soleils…

Et le tableau des désillusions nées des Indépendances a d’abord été mal reçu en Afrique, avant de devenir un classique. Mais il a encore fallu beaucoup de temps pour que l’écrivain ivoirien soit reconnu en France. Les prix littéraires qui l’ont couronné (Prix Inter pour En attendant le vote des bêtes sauvages, en 1999, prix Goncourt des lycéens et prix Renaudot, en 2000, pour Allah n’est pas obligé) et les émissions télévisées qui lui ont été consacrées à cette occasion, ont rendu momentanément célèbre sa carrure de géant tranquille et son rire éclatant. Ils ont surtout beaucoup élargi son lectorat. Mais la littérature africaine reste encore victime de tant de préjugés et si marginalisée que l’on peut craindre que cet écrivain de génie ne soit pas reconnu comme l’un des plus grands du siècle.

Et pourtant, tous ceux qui aimaient cet homme juste et qui se nourrissent de ses livres souhaiteraient que, comme à la mort de Fama, la nature entière – « les animaux sauvages », « les oiseaux », « les montagnes, les rivières, les forêts et les plaines » - se ligue pour faire comprendre aux hommes « la portée historique » de cette œuvre, hélas, inachevée. On voudrait pouvoir dire, comme les gens de Soba à la mort de Djigui : « Kourouma n’a pas fini avec sa mort, mort il reste plus vivant que jamais. »

Madeleine BORGOMANO, in Notre Librairie n° 153 de janvier-mars 2004.

COMMENT REUSSIR SON MARIAGE

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par ndahfranc
Cette nuit-là, après qu’Antoine eut présenté sa fiancée à son père, ce dernier entreprit de lui donner quelques conseils en aparté.
- Mon fils, je suis heureux que tu aies enfin décidé de devenir un homme. Car, je ne le dirai jamais assez, un homme qui n’est pas marié, n’en est pas un. Il n’a droit ni au respect, ni à la parole lors des assemblées populaires. La gestion des hommes doit commencer par sa propre famille. Un homme qui ne sait pas gérer sa famille, ne peut prétendre gérer une entité plus importante. En plus, c’est un gage de stabilité. Nos dispositions physiques et mentales dépendent en grande partie de la paix dans notre foyer. Je le dis avec toute l’expérience que j’ai acquise en trente ans de mariage avec ta mère. C’est pourquoi, il importe que l’homme, avant de s’engager dans cette responsabilité ait une claire conscience de ses droits et de ses devoirs. Et mon devoir à moi, en tant que père, c’est d’attirer ton attention sur certaines réalités inhérentes à la vie à deux. La première chose qu’il importe de savoir, c’est que l’homme doit respecter sa femme. A première vue, cela paraît une évidence. Mais, je t’apprends que la première cause de dispute dans un foyer provient de l’inobservance de cette règle élémentaire. Respecter son épouse revient à dire quoi ? Le meilleur mari, c’est celui qui sait écouter sa femme et prendre conseil auprès d’elle. Quand la sagesse populaire dit que la nuit porte conseil, c’est justement pour corroborer cette complicité entre l’homme et sa femme. Un homme qui ne sait pas écouter sa femme est un homme perdu. La deuxième chose, c’est que l’homme a le devoir d’assurer la sécurité financière et sociale de sa femme, même si cette dernière exerce une profession. Pour cela, il doit être un bon épargnant et réaliser des projets qui concourent au bonheur de sa famille. La troisième chose importante sur laquelle je voudrais insister, c’est l’éducation des enfants. Un bon mari, c’est celui qui est capable d’assurer une bonne éducation à ses enfants. Pour cela, il doit lui-même être un bon exemple pour ces derniers. Il lui faut donc éviter les situations déshonorantes. Je ne saurais terminer mon propos sans parler de l’infidélité. Ah ! l’infidélité ! C’est le plus grave danger qui menace le mariage. L’Homme est faible par essence. Mais, ce n’est pas une raison pour succomber à tout bout de champ à la tentation. Et je ne vois qu’un seul moyen de résister à ce fléau, c’est la Religion. En effet, tu trouveras dans la religion, peu importe laquelle, toutes les armes nécessaires pour te protéger de ce mal… A ce sujet, je voudrais te rappeler un passage de la Sainte Bible qui dit ceci : « Ne te livre à aucune femme au point qu’elle puisse dominer sur toi. Ne fais pas d’avances à une femme légère, de peur de tomber dans ses filets. Ne reste pas auprès d’une chanteuse de charme, pour ne pas succomber à ses manigances. N’attarde pas ton regard sur une jeune fille, cela pourrait te coûter fort cher. Ne te livre pas aux prostituées, tu y perdrais tout ce que tu possèdes. Ne jette pas de regards furtifs dans les rues de la ville et ne va pas traîner dans des endroits déserts. Détourne tes yeux d’une jolie femme, de la beauté qui ne t’appartient pas. La beauté d’une femme a égaré bien des hommes, elle allume leur désir comme un feu. Evite de t’asseoir près d’une femme mariée et de t’attabler avec elle pour boire, de peur de tomber amoureux d’elle et, dans ta passion, de glisser sur la pente fatale. » Tu trouveras ces propos dans le livre de Siracide. Fais-en tiens, et tu connaîtras le vrai bonheur…
Pendant que le père d’Antoine s’entretenait avec lui, sa mère en faisait autant avec sa future belle-fille.
- Ma fille, sache que dans le mariage, le plus important, ce n’est pas tant l’amour, mais la compréhension et le respect mutuel. Ce qui fait le succès d’un mariage, ce n’est pas tant ce que l’on reçoit de l’autre, mais ce qu’on lui donne. Donner, c’est le premier gage d’amour. Car, celui qui n’aime pas ne sait pas donner. Et celui qui ne donne pas ne peut pas recevoir. Et tout ce que l’on donne n’a pas de prix. Le deuxième gage de succès d’un mariage, c’est la disponibilité. Une femme doit être attentionnée, connaître son homme, le servir comme son esclave. Le troisième gage de succès d’un mariage, ce sont les enfants. Un homme aime autant sa femme que ses enfants. Elle a donc le devoir de lui faire de beaux enfants et de les éduquer convenablement. Si elle lui fait de vilains enfants, son amour en pâtit inévitablement.
- Mais, maman, est-ce sa faute si les enfants sont vilains ?
- Oui, ma fille. Car, c’est elle qui procrée. C’est à elle de prendre toutes les dispositions pour éviter de tels désagréments. Il y va du sort de son mariage. Les secrets pour avoir de beaux enfants, tu les trouveras dans ce passage de la Sainte Bible : « Le charme d’une femme ravit son mari et le bon sens qu’elle a le garde en bonne forme. Une femme qui parle peu est un cadeau du Seigneur, celle qui a été bien éduquée est d’un prix inestimable. La femme modeste est d’un charme incomparable, rien ne vaut celle qui se montre réservée. Dans une maison bien tenue, une femme bonne est aussi belle que le soleil parvenu au plus haut du ciel. Un joli visage sur un corps bien fait apparaît comme une lumière sur le porte-lampe sacré. De belles jambes sur des chevilles fermes sont des colonnes d’or sur un socle d’argent. » Tu trouveras ces propos dans le livre de Siracide. Fais-en tiens, et tu connaîtras le vrai bonheur…

* *
*

En quittant Tiébissou ce dimanche après-midi-là pour Abidjan, Antoine et Carrelle étaient assez outillés pour réussir leur vie future, pour peu qu’ils appliquassent les conseils qu’ils avaient reçus. Pendant tout le trajet, ils méditèrent chacun sur les sages propos qui leur avaient été sagement adressés…

LES PRISONNIERS DE L’AMOUR

Publié le 07/02/2008 à 12:00 par ndahfranc
...Cybelle et Marc-Olivier se retrouvèrent enfin face à face pour l’ultime combat, celui qu’ils avaient longtemps désiré en secret.
Marc-Olivier voulut parler, mais les mots se bousculèrent dans sa tête. En plus d’être volontairement devenu amnésique, il devenait aussi muet à présent. Les mots s’étaient rebellés, comme tant de fois, quand il avait essayé de les appeler à son secours.
Mais, à quoi peuvent bien servir les paroles quand on a tant de choses à dire et qu’on ne sait par quel bout commencer ?
Pendant qu’il se livrait à toutes ces élucubrations, Cybelle vint se jeter dans ses bras. Et la folie les rattrapa.
Leurs corps se joignirent alors sans qu’ils s’en fussent rendus compte. Marc-Olivier la serra très fort en soupirant. Cybelle se pressa contre lui comme si elle voulait se fondre en lui pour devenir un être unique. Comme la première créature humaine à l’origine des temps. Et ils s’embrassèrent à en perdre haleine, sombrant dans une ivresse à la limite de la démence.
Les jambes de Cybelle devinrent cotonneuses et ses tempes se mirent à murmurer de confuses mélodies. Elle eut à peine conscience que Marc-Olivier lui ôtait ses vêtements. Une fièvre impatiente la consumait. Elle le désirait plus que jamais. Elle voulait le sentir contre elle et en elle…
Cela faisait si longtemps (combien de temps déjà ?), une éternité, que ce corps étranger, si lointain et toujours si proche d’elle, n’avait pas effleuré la surface de sa peau d’ébène. Maintenant, il exécutait en silence, avec une tendresse infinie, la danse initiatique des prisonniers de l’amour.
Il l’embrassait partout, à l’extérieur comme à l’intérieur. Puis, son souffle d’ouragan les souleva tous les deux, tel un cerf-volant, et les emporta, essoufflés, jusqu’aux confins de l’amour, là où toute parole s’efface pour laisser libre cours aux retrouvailles des corps, dans une félicité à nulle autre pareille.
Maintenant, il lui façonnait le corps avec la chaleur de ses mains d’artiste. Il lui pétrissait le cou, les seins, la forêt de son pubis, et tout le reste… comme une pâte à modeler… l’amour.
Marc-Olivier et Cybelle vivaient au rythme d’une musique magnifique sans paroles ni sons. Elle résonnait dans leur cœur et irradiait tout leur être.
Pendant qu’il réinventait avec des gestes d’acrobate sa nudité parfaite de déesse en chaleur, elle écrivait quant à elle sur sa peau trempée de rosée, les mots qu’on n’arrive jamais à prononcer au cours de ce singulier voyage.
Alors, avec cette dextérité d’artiste retrouvée, ils accordèrent leurs instruments de musique longtemps rangés aux placards de l’oubli. Et cette mélodie céleste de Pierrette Adams les envahit de sa magie irrésistible : « … Quand le destin te tend la main, où est le mal où est le bien ? A quoi ça sert de résister, laisse aller… » Sublimes paroles !
Cavaliers solitaires égarés dans les déserts arides de la solitude, ils célébraient ainsi leur retour, tels des dieux grecs excommuniés, dans la taverne magique de l’amour qu’ils avaient quittée, un jour de vents fous et rebelles…
Extrait de "Les prisonniers de l’amour" (Inédit).

LITTERATURE DE JEUNESSE : STRATEGIES D’ECRITURE

Publié le 07/02/2008 à 12:00 par ndahfranc
Comme je le disais dans l’un de mes précédents billets, la littérature de jeunesse est un genre en devenir mais très peu connu et pratiqué par les auteurs africains et ivoiriens en particulier. Or, avec l’avènement de l’éducation à 100%, le public cible a une base très élargie. C’est donc une mine d’or à exploiter surtout par les auteurs débutants.
Le billet d’aujourd’hui aura donc pour souci majeur de fixer quelques points de repère dans la stratégie d’écriture. Mais avant, essayons de définir ce que c’est que la littérature de jeunesse.

Essai de définition
La littérature de jeunesse est une littérature qui englobe tous les genres littéraires sauf qu’elle est destinée aux adolescents, parfois même à partir de dix ans. Elle diffère donc de la littérature enfantine qui est une littérature d’éveil.
C’est donc fondamentalement l’âge du public cible qui en délimite les contours. Quelles incidences cette réalité peut-elle avoir sur le contenu des œuvres produites ?

Connaître la psychologie de l’adolescent
Pour être sûr de produire une œuvre qui intéresse le public cible, il faut connaître sa psychologie. Il est vrai que la psychologie de l’adolescent varie d’une région à l’autre mais il n’en demeure pas moins non plus qu’il existe des constantes.
A cet âge-là, qu’est-ce qui intéresse ou devrait intéresser les enfants ?
D’abord, l’adolescent a soif de connaître le milieu dans lequel il vit. Il cherche à découvrir les caractéristiques de la société dans laquelle il se meut ainsi que les valeurs qui la fondent. En terme d’écriture, l’écrivain aura pour mission de révéler à l’enfant l’origine du groupe social, les figures légendaires, historiques et mythiques qui ont contribué à sa naissance. A ce niveau, les héros devront être célébrés dans ce qu’ils ont de plus noble, de plus pur, afin que l’enfant éprouve une légitime fierté à se réclamer d’eux. De là, découleront les valeurs à cultiver. N’oubliez pas que l’adolescence est une période où l’enfant acquiert les manières qui feront ou non de lui un membre actif du groupe social. C’est maintenant qu’il doit apprendre à faire la part des choses en s’identifiant aux héros locaux.
Ensuite, il faut apprendre à l’enfant à respecter la loi, fondement de la cohésion sociale. A ce niveau, la stratégie didactique est la même partout. Il s’agit de proposer des scénarii avec deux variantes principales. Dans la première, le héros respecte la loi et reçoit la reconnaissance des siens et dans la seconde, il enfreint la loi et est banni. Il peut y avoir une troisième variante où le héros, après avoir reconnu ses fautes réintègre la communauté qui l’avait excommunié. C’est donc une éducation civique et morale que l’écrivain doit véhiculer dans son œuvre.
Un autre point très important, c’est la connaissance de soi. En effet, à cet âge-là, l’enfant doit apprendre à se connaître. Qu’il soit de sexe masculin ou féminin, il doit comprendre pourquoi il en est ainsi et comment il doit assumer cette réalité. Quels rapports doit-il entretenir avec le sexe opposé et aussi avec ceux qui ont le même sexe que lui ? Sont-ce des adversaires, des partenaires ? Ici, il s’agit de faire la promotion des valeurs comme l’amitié, le respect, l’amour au sens le plus large possible. Dans cette relation avec soi-même et avec l’autre, des conflits naissent nécessairement. Il faut donc proposer à l’adolescent des pistes de résolution afin qu’il ne soit pas livré à lui-même.
En outre, il existe des problèmes particuliers que l’adolescent rencontre dans sa vie de tous les jours. Il s’agit par exemple de la pauvreté, de l’alcoolisme, de la drogue, de la cigarette, des rapports parfois tumultueux avec les parents, la violence de certains parents à leur égard, du phénomène de la prostitution scolaire, des enfants déscolarisés, des enfants de la rue, des enfants soldats, etc. enfin bref, de tous ces problèmes qui font de l’adolescence une période parfois difficile. L’écrivain doit participer au débat afin de faciliter leur insertion dans la société.
Enfin, parlons de cette envie d’aventure qui caractérise cette tranche d’âge. Les œuvres qui proposent des aventures passionnantes sont très prisées par les jeunes, car c’est une occasion pour eux de montrer leur virilité, de s’évader du monde restreint dans lequel la société semble vouloir les confiner. Le maître mot ici, c’est la liberté, c’est la virilité, c’est l’amour…
Voilà, chers amis, quelques pistes de réflexion que je voulais porter à votre connaissance. Car mon objectif, c’est de vous amener à investir ce type de littérature dont l’importance et l’attrait ne sont plus à démontrer. Merci de votre attention et à vos plumes.

LE CALVAIRE DE BLA-YASSOUA, LA FEMME-HOMME

Publié le 01/02/2008 à 12:00 par ndahfranc
Bla-Yassoua quitta Nadjiba au moment où le soleil avait réalisé presque la moitié de son trajet quotidien. La route fut longue et fastidieuse. Il marcha des jours et des jours. Il voulait aller le plus loin possible du pays des hommes sans morale.
Après trois cent soixante-cinq autres jours de marche, il arriva enfin dans un autre pays. Il se laissa surprendre par des détonations et des rafales d’armes automatiques. Il pensa à une partie de chasse. Mais, au détour d’un chemin tortueux, il tomba dans une embuscade. Des jeunes gens l’encerclèrent tout en le menaçant de leurs armes. Mais, ce qui intrigua le plus Bla-Yassoua, c’est l’âge des combattants qui le tenaient en respect. Rien que des adolescents dont le plus âgé ne dépassait pas les quinze ans.
- Qui es-tu ? vociféra à sa grande surprise le plus jeune à peine plus haut que trois pommes.
A en juger par le ton de sa voix qu’il voulait autoritaire, il devait être le chef du groupe.
- Je m’appelle Bla-Yassoua. Je viens de Blôlô, le village fantôme.
- Et que viens-tu faire ici ?
- Je suis à la recherche de la réponse à une question.
- Laquelle ?
- Celle de savoir s’il est plus avantageux pour une personne d’être un homme ou au contraire une femme ?
Les jeunes soldats se jetèrent des clins d’œil complices puis éclatèrent de rire. Ils se tordaient à en mourir. Bla-Yassoua les regardait sans rien comprendre à leur attitude.
- Je pensais que vous pourriez m’aider.
- Silence ! hurla le bout d’homme. Ici, c’est nous qui commandons, O.K. ?
Sans se laisser intimider outre mesure, Bla-Yassoua poursuivit :
- Que comptez-vous faire de moi ?
- Nous allons te conduire chez notre chef. Peut-être saura-t-il, lui, répondre à ton étrange question.
C’est ainsi qu’ils le firent promener à travers le maquis. Après plusieurs heures de marche, ils arrivèrent enfin dans un village. Chose étrange, tous les habitants étaient tous des mutilés. Il n’y avait que des unijambistes et des manchots. Etonné, Bla-Yassoua leur demanda :
- Qu’est-il arrivé à tous ces gens ?
Fièrement, le bout d’homme de rebelle répondit :
- C’est nous qui les avons mutilés sous les ordres de notre chef, le caporal Sankoh.
- Et pourquoi avez-vous fait une chose pareille ?
- C’est pour les empêcher de creuser les mines de diamants qui sont la propriété exclusive de notre chef.
- Et tous ces bébés que vous avez mutilés ? demanda encore Bla-Yassoua, écœuré par leur sadisme. Quelle menace constituent-ils ?
- C’est pour éviter que plus tard ils ne prennent les armes pour se venger, répondit cyniquement le chef de troupe.
Bla-Yassoua était dépassé par leurs propos. Quel cynisme de la part de ces rebelles ! Un sentiment de haine monta alors dans son cœur mais contrecarré aussitôt par son impuissance à réagir devant de telles atrocités.
Néanmoins, il suivit ses ravisseurs à travers la jungle. Après quatre bonnes heures de marche, ils arrivèrent enfin au quartier général des rebelles. C’était un lieu très animé. La principale activité à laquelle tout le monde se consacrait était l’extraction de diamants.
En effet, des jeunes gens de tous âges, sous la menace d’armes à feu, creusaient d’énormes trous dans le sol pendant que des jeunes filles tamisaient la terre à la recherche de la pierre précieuse objet de tant de convoitise.
Dès leur arrivée, Bla-Yassoua fut aussitôt conduit dans la maison du caporal Sankoh, le chef rebelle. C’était un véritable palais qui avait poussé dans cette jungle. Derrière le palais, il y avait un petit aérodrome où était posé un jet.
Sankoh, le chef rebelle, était en pleine discussion avec deux hommes blancs. Ils finalisaient un contrat d’achat de diamants. Convaincus de la qualité du produit, les deux hommes échangèrent deux valises de dollars américains contre deux poignées de ces pierres précieuses avant de prendre congé de leur hôte.
Dans leur cérémonial d’au revoir, Bla-Yassoua entendit les noms Sierra Léone et New York mais ne sut ce que cela signifiait.
Quand il fut enfin seul, on mena Bla-Yassoua à lui. Installé dans son luxueux séjour, il sirotait du champagne.
- Chef, voici le prisonnier.
- Faites-le asseoir et laissez-nous.
Les gardes s’exécutèrent.
Le caporal Sankoh considéra Bla-Yassoua d’un air méfiant avant de lui demander :
- Qui es-tu, jeune homme et que fais-tu sur mon territoire ?
- Je m’appelle Bla-Yassoua et je suis à la recherche de la réponse à une question.
- Laquelle ?
- Est-il plus avantageux pour une personne d’être un homme ou une femme ?
Le caporal Sankoh le considéra de nouveau comme s’il voulait sonder son être intérieur.
- Toi, tu n’es pas un homme d’ici…
- C’est exact, je viens de Blôlô, la cité fantôme. Dès que j’aurai trouvé la réponse à ma question, je rentrerai chez moi pour vivre parmi les miens.
- Tu peux dire adieu à ton rêve ; tu es mon prisonnier et j’ai le droit de vie et de mort sur toi.
Méfiant au départ, Sankoh finit pourtant par succomber au charme et à la personnalité ambiguë de Bla-Yassoua. Aussi, fit-il de lui son général les jours impairs et son amante les jours pairs.
En tant que général, Bla-Yassoua participa à tous les massacres de populations hostiles à Sankoh. Il tua des hommes, mutila des gosses, viola des femmes, incendia des villages, mangea même de la chair humaine. Il ne pouvait pas faire autrement, c’était la loi de ce pays et sa libération en dépendait.
Mais un jour, au cours d’une de leurs nombreuses expéditions, Bla-Yassoua marcha sur une mine antipersonnel qui explosa sous ses pieds. Ce pays en était terriblement infesté. Et il fut projeté à des années lumière à travers le cosmos…

Extrait de Jusqu'au bout de l'enfer (à paraître chez Edilivre Edition)

LA MORT DU MESSAGER

Publié le 31/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Le quartier du Plateau vivait désormais au rythme des enseignements et des discours du Messager.
Depuis quelques jours, l’on assistait à une situation vraiment étrange. Tous les étudiants des universités de la capitale avaient déserté amphis et salles de classe pour prendre d’assaut l’espace de La Sorbonne.
Situation similaire pour les fidèles des églises et autres temples qui avaient abandonné leurs lieux de culte habituels pour La Sorbonne.
Les partis politiques n’étaient pas logés à meilleure enseigne. Tous leurs militants se retrouvaient désormais à La Sorbonne, où d’après eux, la parole avait retrouvé toutes ses vertus…
Et cette situation ne laissait pas d’embarrasser les autorités qui cherchaient un moyen de mettre fin à toute cette anarchie.
Car, de plus en plus, des mouvements de contestation se faisaient jour dans la capitale et menaçaient même de gagner l’intérieur du pays.
Les étudiants reprochaient à leurs enseignants leur inculture ; les hommes religieux étaient pris à partie par leurs fidèles sous prétexte qu’ils tordaient le cou à la religion ; les hommes politiques étaient eux aussi sur la sellette… et constamment menacés de lynchage.
De plus en plus, on réclamait un nouvel ordre social et politique qui réduirait les injustices et permettrait à chaque citoyen d’aspirer de façon légitime au bonheur.
Les autorités étaient vraiment dans une situation embarrassante. Si elles décidaient de faire arrêter le fauteur de trouble, elles n’étaient pas sûres de pouvoir enrayer la révolte qui s’ensuivrait. Si elles laissaient l’homme continuer ses agissements, la catastrophe serait inévitable. Que faire ?

* *
*

- Le Pouvoir est ébranlé. Il a peur de perdre tous ses avantages acquis au détriment du peuple. Et il pense que c’est moi la cause de ses désagréments actuels et futurs. Or, c’est le cheminement normal de tout pouvoir. Il ne résiste jamais à l’épreuve de la vérité. Ses sbires ont reçu l’ordre d’attenter à ma vie. Mais, rassurez-vous, ils n’y arriveront pas. Car, ils ignorent que je ne suis pas un être de chair, mais plutôt une conscience éclairée. Et on ne tue jamais une conscience, qui plus est éclairée. Car, elle a le temps de s’incarner… pour poursuivre sa mission…
Ces propos du Messager furent accueillis par un tonnerre d’applaudissements. Oui, les gens étaient plus que rassurés à présent. Leur maître à penser était invulnérable. Ils pouvaient alors dormir tranquilles…

* *
*

La nouvelle était tombée au journal de vingt heures, à la télévision nationale. Des images insupportables pour les âmes sensibles avaient défilé sur le petit écran, avec en fond sonore, ces commentaires du célèbre présentateur, Franck Bato : « Un gang de cinq personnes, lourdement armé, a attaqué cette nuit le siège d’une banque, au cœur du Plateau. Malgré leur armement sophistiqué, la riposte de la police, aidée de la gendarmerie nationale a été fatale aux assaillants qui ont tous péri dans l’affrontement. Aux dires du capitaine Atto, chargé de l’enquête, les premiers éléments lèvent un coin du voile sur l’identité du chef de gang. En effet, il s’agit d’un homme, sans aucune identité précise, qui est apparu dans la capitale il y a quelques mois et qui se faisait passer pour un Messager. Ses agissements peu catholiques, anarchiques même à la limite, avaient déjà attiré l’attention des autorités qui ont déployé discrètement autour de lui, un arsenal d’investigation et de surveillance qui s’est avéré efficace, puisque ce malfaiteur et son gang ont été pris la main dans le sac. Il a été découvert sur lui, un livre à la couverture rouge contenant les noms de ses complices, la liste de leurs cibles et d’autres informations relatives à la sécurité de l’Etat. Comme vous pouvez le constater, il s’agit bel et bien d’un terroriste de la trempe de Oussama Ben Laden… »
Les nombreux adeptes du Messager avaient du mal à croire à cette terrible nouvelle. Partagés entre des sentiments contradictoires, certains avaient accusé les autorités d’avoir assassiné le Maître de la parole, tandis que d’autres, qui croyaient à cette cabale, n’en revenaient pas de s’être laissés si facilement abuser.
Selon qu’on appartenait à l’une ou à l’autre catégorie, on participait aux manifestations et contre manifestations.
Quelques semaines plus tard, la fièvre tomba et seuls quelques inconditionnels du Messager prirent l’engagement de perpétuer ses enseignements…
La mort tragique du Messager présageait d’une ère nouvelle d’incertitude encore plus grandissante pour cette Afrique qui était passée maîtresse dans l’art d’assassiner ses propres « boussoles ».
Au panthéon où figuraient les noms comme ceux de Méhémet-Ali, Kwamé N’krumah, Hailé Sélassié, Patrice Lumumba, etc., venait désormais de s’ajouter celui non moins célèbre du Messager…

MES POEMES (Page 4)

Publié le 25/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
I

Il faut que je parte.
Où ? me direz-vous.
Peu importe !
Partir, un point c’est tout !
Là-bas. Ailleurs qu’ici.
Par-delà les montagnes. Par-delà les mers. Par-delà les océans. Par-delà les déserts et les dunes de sables brûlants. Par-delà les forêts immenses…
Il faut que je parte.
Pourquoi ? me direz-vous.
Pour la quête de l’espérance, à la poursuite de l’espoir, à la rencontre de l’amour.
Partir. Pour découvrir des envies nouvelles, rencontrer des poètes, surfer sur des océans de passions…
Partir. Mais sans oublier d’où on est parti.
Sans oublier les sublimes saveurs de la terre natale.
Sans oublier les gens qu’on a connus et qui continuent encore de nous aimer.
L’amour nous lie à jamais aux êtres qu’on a connus, aux filles qu’on a aimées le temps d’un soupir, au pays qui nous a vu naître.
Leur image reste à jamais gravée dans notre mémoire. Leurs parfums aussi. Ainsi que leurs soupirs…
Oui, partir.
Comment ? me direz-vous.
A vol d’oiseau. S’élever au-dessus des intempéries. Voler toujours plus haut. Encore plus haut. Encore et encore. Sans jamais baisser les bras.
Oui, il faut vraiment que je parte.

II

Sous ce soleil radieux,
Je ne vois que l’obscurité obscure.
Sous ce clair de lune,
Je ne vois que la pénombre aveugle.
Je ne suis que ce que j’ai toujours été.

Quand je passe mon chemin,
Le rossignol perd de sa voix.
Quand je passe mon chemin,
La rose perd de sa couleur,
Ne laissant apparaître que ses épines.
Quand je passe mon chemin,
Les rues se dépeuplent.
Et le tocsin n’arrête pas de sonner.

Autour de moi n’est que néant,
Le goût du dégoût,
Le parfum de la fétidité.
Des profondeurs de mes entrailles,
Bout le magma de ma révolte.
Je ne suis que ce que j’ai toujours été.


III

Désormais !
Les jours qui naîtront du ventre mystérieux de l’Univers
Seront enveloppés dans les langes tièdes de l’espoir.
Ils me trouveront debout, apprivoisé par les paroles mielleuses de la fraternité.
Désormais !
Il revient à l’Amour de construire le monde
A l’enfant d’enfanter la mère au royaume de l’innocence immaculée
A Dieu de sauver la Terre du déluge intransigeant de la haine.

J’ai passé des années lumières à entendre la voix furieuse des canons déchaînés.
J’ai construit sur des immondices de cadavres en putréfaction
Un avenir estropié et orphelin.
Hypothétique avenir au ventre de roc !
J’ai meublé mes rêves des facéties mirobolantes d’un système sanguinaire.
J’ai vendu mon âme au diable pour espérer une mort joyeuse.
Désormais !
Je veux trouver les mots justes
Pour ouvrir les portes défoncées du silence.
Je veux réveiller les cadavres endormis dans les charniers de la terreur
Pour construire une cité éclairée par les feux de l’espérance.
Je veux bâtir une citadelle arc-en-ciel
Comme le mirage divin de la Tour de Babel.
Je veux inventer une langue messianique
Pour permettre à l’humaine fraternité d’éclore

Oui, je veux être un bâtisseur de rêves !
Voir l’espérance nouvelle s’accoupler avec la Terre
Pour enfanter la Côte d’Ivoire de la vraie fraternité.


IV

Je rêve d’une femme belle et sans sexe.
Je rêve d’un amant volage et sans visage.
Je rêve d’une vie simple et tout en rose.
Je rêve d’un pays fier et prospère.
Mais mes cauchemars sont si épouvantables.
Je vois une femme belle avec un sexe d’homme.
Je vois une amante perfide au visage de glace.
Je vois une vie tronquée, truffée d’obstacles mystérieux.
Je vois un pays délabré enchaîné dans les méandres de la guerre.
Ce pays aux rêves jadis si colorés s’est couvert du voile ténébreux de l’incertitude.
Et de ma fenêtre, je vois passer dans la rue des hommes squelettiques
Qui traînent derrière eux un chariot où sommeillent cyniquement des espoirs sans avenir.
Leurs lèvres cousues musèlent à jamais des mots qui refusent d’être prononcés.
Ah ! que j’ai si mal !


V

HIER…
Pour une parcelle de pouvoir, nous avons bradé l’avenir radieux de notre destin commun.
Nos mains criminelles ont poignardé dans le dos la mère patrie, lui arrachant des cris déments.
La citadelle fissurée, le diable y a fait son nid comme un oiseau de malheur se réjouissant des douleurs issues des détritus puants de nos haines fraternelles.

AUJOURD’HUI…
La voix de la réconciliation tonne dans le mystère de la nuit comme un chant de victoire.
La victoire de la paix sur la guerre, du bien sur le mal, de l’amour sur la haine…
Que nos mots soient désormais la navette qui tisse la toile de l’espérance et non les balles meurtrières qui tuent la confiance.
Abreuvons-nous à la source vivifiante du pardon pour exorciser les germes meurtriers de la rancune et de la rancœur.
Arrachons des mains de nos cœurs blessés, les armes destructrices de la vengeance.
Exorcisons la fureur du destin par des mots neufs sortis des mystères insondables de nos consciences sanguinolentes…
Pour faire de nos douleurs, les vestiges inoubliables de notre tragique histoire sur les chemins rocailleux de la gloire.

ET DEMAIN…
Seule la vérité fera de nous des hommes libres…

L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 12

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Deux mois s’étaient écoulés depuis l’opération de Charlotte. Cette dernière avait tenu à aller à Accra afin de témoigner toute sa reconnaissance au médecin qui avait réussi la prouesse de la garder en vie. Ce fut un moment de grande émotion. De retour à Yamoussoukro, la gaieté et l’insouciance se lisaient de nouveau sur son visage. Elle était pleine de santé et surtout bouillonnait de projets pour l’avenir. Il y a longtemps qu’elle n’avait pas rêvé en pensant à demain. Cela lui semblait à présent tellement irréel qu’elle pût le faire. Penser à être une vraie femme d’affaire, à fonder un foyer et avoir des enfants, en somme, à avoir une vie de famille heureuse, tels étaient ses projets !
Ce matin-là, Will avait décidé d’aller la voir dans son magasin, au quartier Commerce. C’est une Charlotte séduisante dans son maxi pagne et ses colliers de perles qui l’accueillit au seuil de la porte. Elle rayonnait d’embonpoint.
- Comment va ma petite colombe ? lui demanda-t-il en lui faisant la bise.
- Comme un charme, mon canard, répondit-elle.
Quand Will pénétra dans le magasin, il fut surpris de l’activité qui y régnait. En effet, les trois jeunes filles qu’employait Charlotte, s’affairaient à disposer de nouvelles tenues dans les rayons. Will tomba littéralement en admiration devant ces chef-d’œuvres, résultat d’un savoir-faire indéniable. Confectionnées à partir d’un savant mélange de pagnes traditionnels provenant du pays baoulé et de wax ivoiriens dont la qualité et la beauté n’étaient plus à démontrer, ces tenues de rêve s’arrachaient déjà comme de petits pains.
- Tu fais de bonnes affaires, on dirait ?
- Si on peut dire. J’ai eu le nez creux en créant cette nouvelle collection. Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts.
- Tu les a créées toi-même, toutes ces belles tenues ?
- Ouais, répondit-elle avec un orgueil feint. J’ai commencé cette expérience depuis environ trois ans. J’ai dû arrêter à cause de mon état de santé. Aujourd’hui que tout semble aller pour le mieux, j’ai décidé de remettre le couvert comme on dit. Et, il y a des opérateurs économiques à l’extérieur que ça intéresse déjà. Internet oblige.
- Vraiment ? Tu n’imagines pas, ma puce, comme je suis fier de toi, la complimenta Will en lui donnant un baiser.
- Alors ? Que me vaut l’honneur de cette visite ? lui demanda-t-elle en l’entraînant dans son petit bureau sobrement meublé.
- T’as raison, répliqua Will après avoir pris place dans le canapé juste à côté d’elle.
Il se pencha pour l’observer d’un regard intense.
- Qu’est-ce qui ne va pas Will, tu m’as l’air bien énigmatique ce matin ?
Will se racla la gorge.
- Très bien, je vais aller droit au but. Depuis quelques temps, j’ai longuement réfléchi à ma vie, à la nôtre aussi…
- A la nôtre ? l’interrompit Charlotte.
- Oui, à la nôtre. Car, durant tout ce temps, je me suis rendu compte que mes sentiments à ton égard étaient plus forts que tout.
- Alors ?
Comme s’il attendait cette réaction de la part de Charlotte, il mit aussitôt la main dans la poche intérieure de sa veste et en sortit un écrin de velours et le lui tendit.
- Ouvre-le.
Charlotte s’exécuta, le cœur battant la chamade.
Emerveillée, elle y découvrit une bague en or sertie de diamant. Elle leva alors sur Will des yeux emplis de larmes. Pour ne pas briser le charme de ce moment solennel, ce dernier, un sourire irrésistible sur les lèvres, lui posa la question rituelle :
- Mon amour, veux-tu me faire l’honneur et le plaisir de devenir ma fiancée ?
Larmoyante, Charlotte le regarda tendrement, attentivement, comme si c’était la dernière fois qu’elle le voyait avant de lui répondre, calmement, d’une voix monocorde :
- Je suis vraiment désolée, Will, mais je ne peux accepter ta proposition.
Une véritable bombe que cette réponse ! Le front de Will se couvrit aussitôt de sueur malgré l’air conditionné.
- Mais… Mais, mais pourquoi ? balbutia-t-il, tout désorienté.
- Je refuse d’être ta fiancée, répéta Charlotte, sans aucune émotion apparente.
- Et pourquoi ? Bon Dieu !
- Parce que je ne suis pas sûre que nous serons heureux ensemble.
- Bien sûr que si, mon amour ! Nous sommes faits l’un pour l’autre et nous nous aimons. Alors, où est le problème ?
- Le problème, c’est que je ne suis pas sûre que ce que tu éprouves pour moi soit de l’amour. Je pense que c’est plutôt de la pitié.
- De la pitié ? Mais, où es-tu allée chercher une idée aussi saugrenue ? Je t’aime et tu le sais très bien, s’écria Will, désespéré.
- Ecoute-moi bien, Will, je te suis reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi, cette fortune que tu as dépensée pour que je ne quitte pas ce monde. Mais de grâce, ne me gâche pas la vie !
- Tu penses qu’accepter ma proposition, c’est gâcher ta vie ?
- Oui, je le pense quand je vois ta façon de vivre. Je veux vivre pleinement le reste de ma vie sans être tourmentée par l’idée que mon cher mari me trompe. Will, tu es un homme à femmes et tu le resteras pendant longtemps encore.
- Mais, Charlotte, je te jure que j’ai changé !
- N’insiste pas Will ; maintenant je voudrais que tu me laisses, j’ai du travail.
En sortant du magasin, son écrin de velours en main, Will avait le cerveau en feu. Lui, le maître de la situation était pris de panique parce qu’il sentait la situation lui échapper de façon irrémédiable.

* *
*

Les jours qui suivirent, Will vécut un véritable enfer. Sa maison, sa vie et son cœur étaient vides sans Charlotte. Elle était tout pour lui et pourtant, elle ne voulait pas de son amour à cause de son passé tumultueux. Et il en souffrait terriblement.
A ce moment précis, lui revinrent en mémoire toutes les souffrances et humiliations qu’il avait infligées aux femmes qu’il avait connues.
Il revoyait nettement le regard de Linda lorsqu’il avait rompu brutalement avec elle, sans aucun motif valable et sourit amèrement en se disant qu’il payait maintenant tout le mal qu’il avait fait à Linda ainsi qu’à toutes les autres femmes qu’il avait désirées puis congédiées.
Will avait cherché le réconfort et le soutien de John et de Dolorès. Mais, contrairement au premier cité qui soutenait la décision de Charlotte, la deuxième par contre fut très compatissante. Elle lui confia ceci :
- Je ne peux pas t’aider, Will. Mais, tout ce que je peux te dire, c’est que Charlotte t’aime et qu’elle souffre terriblement de votre séparation. Alors, insiste et prouve-lui que tu as changé.
Malgré toutes ses tentatives, la reconquête de Charlotte buta sur l’intransigeance de cette dernière. Will envisagea alors la solution ultime : renoncer.
A la simple idée de cette alternative, son cœur se vidait de toute vie… Il prendrait des congés, loin d’elle, pour espérer l’oublier.
Un mois encore s’était écoulé et Will n’était que l’ombre de lui-même. Mais le destin ne pouvait pas le punir indéfiniment.
En effet, un soir, alors qu’il rentrait chez lui après le travail, il faillit tomber à la renverse en découvrant Charlotte devant la porte de son appartement.
- Charlotte ? Mais que fais-tu là ? Il y a un problème à la maison ? C’est Doly ? demanda-t-il, anxieux.
- Non, tout va bien, dit-elle en se levant.
- Allez, viens, ne restons pas dehors, dit Will au bout d’un moment de silence.
Quand ils furent à l’intérieur, il se précipita pour lui servir une tasse de café bien chaud.
- Alors ? fit Will, en guise d’interrogation.
Charlotte hésita mais finit par se jeter à l’eau :
- Je suis seulement venue te dire… que je… je t’aime à la folie et que vivre sans toi, c’est mourir à petit feu. Ces quelques semaines loin de toi m’ont usée, bien plus que la maladie que j’ai portée des années durant. Alors, je préfère être à tes côtés malgré tes caprices de don Juan.
Will, qui n’était pas certain d’avoir bien entendu, lui demanda de répéter, ce qu’elle fit.
Alors, inondé d’une joie sans borne, il se précipita sur elle et l’embrassa à l’étouffer.
- Je t’aime tellement, mon amour ; et je te fais le serment de t’être fidèle toute ma vie.
Cette nuit-là, après avoir fait l’amour, ils firent de nombreux projets au cœur desquels figurait leur mariage dont ils fixèrent la date pour le mois suivant. Will lui promit aussi de l’envoyer à Kossou, son village natal afin qu’elle fît la connaissance de ses parents, surtout son père, cet octogénaire, dont il lui avait dit beaucoup de bien.
Ils s’étaient enfin retrouvés, et une vie de bonheur s’offrait à eux, avec comme seul héritage, l’amour…

Fin

LE MESSAGER

Publié le 22/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Ce matin-là, une foule plus nombreuse que d’ordinaire était présente à La Sorbonne. De bouche à oreille, on avait informé son frère ou son voisin.
Quelques passants, intrigués par le nombre impressionnant de personnes, s’étaient joints à la foule. Les sans emploi n’étaient pas allés à l’Office de la Main d’œuvre et avaient grossi le nombre des auditeurs. On causait avec enthousiasme en attendant l’arrivée du mystérieux messager. Même les orateurs habituels, maîtres de la parole ou prophètes, avaient observé une relâche. Tous attendaient avec impatience l’arrivée du mystérieux messager.
Vers dix heures, leur attente fut comblée. Le mystérieux messager apparut, sorti de nulle part. Il portait le même accoutrement que la veille. Seul son turban avait changé de couleur. Celui-ci était violet.
Il fut accueilli par la foule en liesse. Certains voulaient lui serrer la main, tandis que d’autres cherchaient seulement à le toucher dans l’espoir d’obtenir une bénédiction.
Contrairement à la veille, c’est un grand podium aménagé qui l’accueillit. Dès qu’il y grimpa, il coula un regard énigmatique sur la foule. Le silence se fit alors instantanément.
Pendant plusieurs minutes, il observa la foule comme pour pénétrer son âme, son être intérieur. Puis, il rompit enfin le silence.
- Je vous observe, et je me rends compte que tous vous avez démissionné. Quel avenir voulez-vous construire quand les germes dévastateurs de vos folies passées sont en train de phagocyter les graines de l’espérance future ? Sans être sorcier, numérologue, devin ou tout autre mystificateur des temps modernes, je dis que votre présent est angoissant et votre futur des plus effrayants. Et vous êtes tous coupables ! Car, ce que vous êtes aujourd’hui, ne dépend que de ce que vous avez fait de votre passé. Vos carences présentes ne sont que le résultat d’un mauvais apprentissage de la vie. L’école, grande structure de formation de l’homme par excellence, a été bradée aux politiciens avec la complicité passive des parents. Aujourd’hui, où va l’école dans ce pays ? Votre silence a fait et fait de vous des coupables. Vous vous souvenez certainement de cette folle après-midi où des enfants avaient froidement exécuté un de leurs camarades au motif qu’il ne pensait pas comme eux ?
A cette révélation, un gigantesque murmure s’éleva dans la foule. Et tout le monde se souvint effectivement de ce drame d’une horreur indescriptible, un jour de vents fous où la haine avait conquis le cœur de la jeunesse.
- …Le temple où l’on prépare l’avenir de la nation venait ainsi d’être souillé à jamais. Le sacrilège avait été commis sous vos yeux complices, sans que personne pourtant ne lève le petit doigt. Les uns et les autres avaient « raison » de se taire car, ce crime leur profitait… Tous ces jeunes gens que vous voyez ici aujourd’hui ne sont que les enfants légitimes de cette ère… rebelle, où l’école avait été transformée en champ de batailles politiques, au détriment d’une formation qui aurait fait d’eux des citoyens honnêtes et conscients de leur rôle dans la société… Aujourd’hui, chacun est étonné de voir cette nouvelle race d’enfants. Or, il suffit tout simplement de regarder dans le rétroviseur de l’histoire de ce pays pour comprendre… Vos politiciens ont sacrifié ce pays sur l’autel de leurs intérêts égoïstes… Les drames collectifs dont ils sont les auteurs macabres, demandent de votre part plus de circonspection à leur endroit. Il faut désormais passer au peigne fin, chacun de leurs faits et gestes, chacun de leurs discours, afin d’en déceler les ruses et autres forfaitures de nature à embrigader davantage le peuple. Autant ils complotent dans votre dos pour vous dépouiller de vos droits les plus élémentaires, autant vous devez désormais redoubler de vigilance et sanctionner toutes les trahisons, tous les mensonges dont ils sont les cyniques architectes. En outre, l’avenir ne s’éclaircira que quand vous aurez enfin mis fin au culte ridicule et mystificateur du métier de politique vénéré, parce que considéré à tort comme la seule et unique voie pour accéder à la notoriété sociale et matérielle… Rendez plutôt au travail un culte à la limite de la vénération car, lui-seul a le pouvoir de vaincre le sous-développement. Pour cela, vous devez vous séparer de certaines habitudes qui ont malheureusement été érigées en règles d’or dans ce pays et qui se résument en un seul vocable : corruption. Ce sera déjà un début. Apprenez surtout à ne plus subir en disant non aux policiers et autres fonctionnaires corrompus, aux politiciens véreux, aux maires incultes, aux faux paysans et escrocs qui grugent et ruinent les vrais. Oui, apprenez à être des citoyens honnêtes qui ont envie de prendre leur destin en main. Apprenez simplement à dire non à la fatalité car, il n’y a ni fatalité ni malédiction nègre. La seule malédiction possible, est celle qui consiste à refuser de travailler pour améliorer sa condition, en comptant uniquement sur le Bon Dieu… J’ai bien dit travail et non révolution ou rébellion, comme c’est maintenant la mode en Afrique, continent de toutes les contradictions. Car, toute révolution ou rébellion, est une bête immonde, un ogre insatiable qui finit toujours par dévorer ses propres géniteurs. Il ne peut en être autrement car, tout pouvoir issu d’une rébellion est scélérat et ne saurait par conséquent prospérer. Guéi Robert, un des vôtres, pourtant promu à un bel avenir politique, l’a malheureusement appris à ses dépens. Le beau Blaise, de la République des hommes intègres, en sait aussi quelque chose, lui qui est passé maître dans l’art de faire le vide autour de lui. Mais, pour combien de temps ? On ne part du pouvoir que de la même façon qu’on y a accédé. C’est le parallélisme des formes, sans lequel tout serait injustice sur cette terre des hommes. Souvenez-vous de Jonas Savimbi, affectueusement baptisé par Ronald Reagan, alors l’homme le plus puissant de ce monde, « combattant de la liberté ». Et Savimbi, tout naïf qu’il était, s’était cru capable de refaire le monde. Vous savez comment il a fini. Tout comme vous n’ignorez pas comment ont fini les Foday Sankoh, Ansumane Mane, Sam Bokari, Prince Johnson, Roosevelt Johnson, Alaji Kromah, tous, révolutionnaires patentés devant l’Eternel. Et même, lorsque certains d’entre eux arrivent à conquérir le pouvoir, leur destin de révolutionnaire les rattrape toujours, tôt ou tard. Souvenez-vous de Thomas Sankara, lâchement assassiné par un de ses plus fidèles compagnons de lutte ; de Mengistu Haïlé Mariam, terré au Zimbabwe ; Charles Taylor, exilé à Calabar et sous la menace de finir ses jours dans un cachot en Sierra Leone ou ailleurs ; Laurent Désiré Kabila, abattu dans son bureau et jeté dans les oubliettes de l’Histoire, comme les autres… Vous me direz alors, que devons-nous faire ? Je vous répondrez humblement ceci : Soyez capables de gestes désintéressés : Combien de temps et de forces dépensez-vous pour faire respecter ce que vous croyez être vos droits, vos possessions ! Pourquoi est-il indispensable de poser des gestes désintéressés ? Tout d’abord, vous ne serez pas tellement heureux de faire ces gestes. Vous souffrirez donc et vous vous sentirez comprimés. Mais, si vous y arrivez, vous découvrirez de nouvelles régions, de nouvelles lumières, et il n’y aura pas plus fier et plus heureux que vous. Parce que vous aurez réalisé quelque chose de très difficile : vaincre la nature inférieure qui vous conseille toujours de vous battre pour conserver vos avantages matériels. Si vous comptez sur la sagesse, sur l’amour du Ciel, il ne vous abandonnera pas ; du moment que vous aurez fait quelque chose qui vous lie à lui, il veillera sur vous. Ne perdez jamais la foi en la puissance du monde invisible : il soutient tous ceux qui travaillent d’après ses lois. Si vous suivez les mauvais conseils de votre nature inférieure, vous n’arriverez jamais véritablement à vos fins. A un moment ou à un autre, le monde invisible vous mettra des obstacles. Mais si vous comptez sur le Ciel et si vous respectez ses lois, vous ne serez jamais abandonné. Même si le monde entier vous abandonne, vous serez soutenu, encouragé, éclairé… Au lieu de vous plaindre, tâchez de comprendre pour quelles raisons certaines personnes viennent produire des événements désagréables dans votre existence. Peut-être ces personnes ont-elles été justement poussées par le monde invisible pour vous donner des leçons, vous faire comprendre certaines vérités, vous obliger à vous améliorer… Alors, pourquoi ne pas utiliser ces occasions ? Au lieu de ruminer des idées de vengeance, de vous révolter en pensant que le Ciel aurait déjà dû exterminer votre ennemi… et même de finir par vous venger sur d’autres qui sont innocents, comme cela arrive souvent dans la vie, profitez de cette occasion pour faire un travail sur vous-même. Donc, même si quelqu’un se comporte mal à votre égard, vous devez apprendre à vous comporter bien. Et la première chose à faire pour y parvenir, c’est de chercher quelles leçons vous pouvez tirer de ces circonstances désagréables. Le pire pour l’homme, c’est de vivre avec des sentiments négatifs à l’égard des autres. Car, vous devez le savoir, les courants de notre vie psychique, avant d’atteindre les autres, commencent d’abord par nous traverser nous-même. Si on est animé par des sentiments de bonté, on sera le premier à profiter de cette bonté ; et si on est méchant, on s’empoisonnera d’abord soi-même. Vous dites : « Je suis furieux contre tel ou tel, il va voir ce qu’il va voir ! » Bien, c’est entendu, mais c’est vous qui serez le premier intoxiqué par votre colère… Utilisez vos sympathies pour reprendre courage et vos antipathies pour vous renforcer. La sympathie et l’antipathie sont des mouvements naturels que même les sages connaissent. Toutefois, la différence entre le sage et l’homme ordinaire, c’est que le sage domine ses antipathies et ne se livre pas aveuglément à ses sympathies. Il sait que les unes et les autres proviennent d’expériences vécues dans d’autres vies avec les êtres qu’il rencontre dans celle-ci et qu’elles ne peuvent donc pas le renseigner avec impartialité sur ces êtres. Il tâche alors de manifester de la bonté envers ceux qui lui sont antipathiques et de reconnaître les erreurs et les lacunes de ceux qui lui sont sympathiques. Vous non plus, vous ne devez pas vous laisser aller sans réfléchir à vos sympathies et antipathies, mais apprendre à les utiliser. Quand quelqu’un vous est sympathique, pensez à lui pour vous réjouir et prendre courage. Oui, quelqu’un de sympathique agit favorablement sur vous et vous pouvez profiter des bonnes dispositions dans lesquelles il vous met. Vous direz : « Et avec quelqu’un d’antipathique ? » Eh bien ! là aussi, il y a quelque chose à faire. Dites-vous : « A nous deux maintenant, il faut surmonter ça ! » Et, au lieu de le fuir ou de lui envoyer de mauvaises pensées, vous vous exercez à le supporter. En faisant ces efforts, c’est vous qui gagnez car, vous arrivez à vaincre cette nature inférieure qui est toujours là pour vous entraîner dans des luttes, des malentendus et des complications. Au moment où vous y parvenez, vous entrez dans un monde de beauté et de lumière. Et bientôt, vous constatez que tout change, car tous ceux que vous regardiez avant avec froideur et hostilité sentent que votre regard a changé et ils commencent à vous aimer. Oui, il y a toujours des occasions qui se présentent à vous pour vous renforcer. Pourquoi ne pas les utiliser ? Vous vous en tenez à vos sentiments de sympathie ou d’antipathie et vous ne faites rien. Eh bien ! justement, il faut en faire quelque chose en sachant que ce sont des impulsions que vous pouvez utiliser pour votre évolution…
Pendant longtemps, l’homme parla. Aucun sujet n’était tabou pour lui. Il parla des hommes religieux et de leur propension à exploiter leurs fidèles, de la morale bafouée, de la pauvreté galopante, de la mauvaise gouvernance et de bien d’autres sujets.
Et son auditoire l’écouta avec toute l’attention due à son rang de messager… jusqu’à ce que le soleil eût disparu derrière les géants buildings de la capitale…

LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT IX

Publié le 18/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
LA VISUALISATION :

Il y a une erreur que les écrivains débutants commettent très souvent, c’est qu’ils croient que les personnages qu’ils manipulent dans leurs œuvres ont été créés par eux ; et donc, au lieu de les laisser se mouvoir librement, ils les enchaînent ou limitent leurs mouvements.
A ce sujet, je voudrais lever une équivoque qui j’en suis convaincu, n’arrachera pas forcément l’adhésion de tout le monde mais qui à mon sens, est une vérité incontestable ; c’est que l’activité d’écriture n’intègre pas dans son champ la création de personnages mais bien leur sélection ou casting. Pourquoi ? La raison en est toute simple.
En effet, en déterminant le cadre spatio-temporel en rapport avec une certaine idéologie, il y a comme un accord tacite entre l’auteur et le lecteur qui ne saurait être violé sans mettre en cause la compréhension et la portée de l’œuvre. C’est donc en fonction de cette double réalité que le choix des personnages s’opère. Donnons un exemple pour illustrer notre idée. A supposer que vous voulez écrire une œuvre dont le cadre spatio-temporel se situe dans l’Afrique traditionnelle, avec pour objectif de montrer l’organisation administrative et politique de cette société, il vous est impossible de faire intervenir des personnages qui n’ont rien à voir avec cette société. Vous ne pouvez donc pas, sous prétexte d’être l’auteur de l’œuvre, faire intervenir un juge de la cour d’appel encore moins le sous-préfet, à moins que votre objectif ne soit de montrer les rapports conflictuels qui existent entre ces deux entités, à savoir l’administration traditionnelle et moderne. Votre champ de sélection est donc limité et n’obéit en outre à aucun pouvoir discrétionnaire. Vous avez donc l’obligation de choisir les personnages qu’il faut aux places qui sont les leurs. On pourra citer le chef de village, les notables, les gardiens de la tradition, deux familles en conflit, etc., juste les personnages qu’il vous faut pour bâtir votre récit. Vous me direz, et pour les œuvres de science-fiction ? Je vous répondrai que c’est exactement la même chose. Ce n’est pas parce que le cadre spatio-temporel est inventé par vous que vous avez le droit d’y introduire des personnages qui n’ont rien à y faire. Dès qu’une histoire est créée dans votre tête, une multitude de personnages apparaissent pour solliciter des rôles : vous ne les avez pas créés, ils existaient déjà.
Cela dit, qu’est-ce que la visualisation ?
La visualisation, c’est faire percevoir par la vue ce qui n’est pas visible. A ce niveau, deux questions méritent d’être posées :
- qui doit faire percevoir ?
- à qui doit-il le faire percevoir ?
Sans entrer dans les considérations d’ordre idéologique, je répondrai à la première question que c’est l’auteur qui doit faire percevoir ce qui, jusqu’à ce stade, n’est vu que par lui seul. Pour cela, il utilise une technique qu’on appelle la focalisation et dont j’ai déjà parlé dans les tout premiers cahiers. Pour rappel, sachez que la focalisation, c’est une posture dans laquelle l’auteur se met pour tenir la caméra et qu’à chaque posture correspond un point de vue différent. Une fois que l’auteur tient la caméra, il n’a plus rien à dire aux personnages qui deviennent dès lors autonomes. Il n’a plus à leur dire : « Voyons, je vous ai dit d’aller à droite, pourquoi c’est à gauche que vous tournez ? » Souvenez-vous qu’un personnage ne fait que ce qui correspond à son tempérament. S’il va à gauche, c’est que cela correspond le mieux à sa psychologie. N’ayez donc pas peur et suivez-le. Certains ont parlé de la dictature du personnage, mais moi je dirais plutôt, la liberté du personnage. Le rôle de l’auteur, c’est de suivre les personnages, chacun à son tour en décrivant leurs faits et gestes et en rapportant leurs propos. Suivre un personnage, ce n’est pas interpréter ses faits et gestes mais les décrire. Le lecteur est suffisamment averti pour savoir qu’à telle attitude correspond un sentiment ou un état d’âme. Il faut éviter par exemple de dire : « Elvis était épuisé. » mais plutôt : « Elvis traînassait les pas, les bras le long du corps, le regard hagard. Il s’affala dans le canapé comme une papaye mûre qui s’écrase au sol… » Voyez-vous la différence ? Dans le premier cas, l’auteur outrepasse son rôle qui est juste de filmer. D’où l’importance de la deuxième question : « à qui doit-il le faire percevoir ? »
L’importance de cette question réside dans le fait que entre l’auteur et le lecteur, il y a un contrat basé sur un code linguistique et social consensuel. Il faut donc éviter d’interpréter les actions à la place du lecteur. Le faire, c’est l’infantiliser car, c’est à lui de faire appel aux différents codes pour déchiffrer le message.
L’écriture est un contrat qui doit être respecté par les deux parties contractantes à savoir, l’auteur et le lecteur. Chacun doit jouer son rôle dans la limite de ses prérogatives au risque d’entraîner une rupture unilatérale du contrat. C’est à cela que je vous invite, chers auteurs débutants ; la qualité de vos œuvres en dépend.
A bientôt.



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