Posté le 30.11.2007 par ndahfranc
Pour un certain nombre de personnes, la littérature sentimentale à grand tirage est une sous-littérature qu’on ne saurait conseiller à des gens qui aspirent à la vraie connaissance et au plaisir que procurent les belles lettres.
En effet, d’après eux, cette littérature privilégie beaucoup plus la romance, le rêve, qu’autre chose. Les héros et héroïnes aspirent au grand rêve et finissent toujours par le trouver. Le monde dans lequel ils vivent est la plupart du temps, un monde féerique qui fait la promotion du luxe, souvent ostentatoire.
D’autre part, les personnages principaux ont presque toujours de la prestance, de la classe, du charme, comme si l’amour ne s’adresse qu’aux personnes élégantes. Ce manque de « réalisme » est, selon eux, le plus grand handicap de cette littérature car, elle ne pose pas les vrais problèmes que l’on rencontre dans une vraie relation amoureuse. Ce qui entraînerait chez les jeunes, ce manque de maturité qui résume l’amour en un flirt éphémère.
Enfin, les détracteurs de cette littérature s’acharnent sur son style peu recherché, monotone, sans poésie… enfin bref, autant de griefs qui auraient normalement dû plonger la littérature sentimentale dans une profonde léthargie.
Et pourtant, c’est bien le contraire qui se produit. Dans cette grisaille où l’on crie à tue-tête que les ivoiriens ne lisent pas ou très peu, la littérature sentimentale caracole en tête de toutes les ventes. Qu’est-ce qui pourrait alors justifier cette ruée vers la littérature sentimentale ?
De prime abord, notons que la littérature sentimentale attire parce qu’elle traite du thème de l’amour, un thème aussi vieux que le monde. En effet, qui d’entre nous n’a jamais vécu une aventure amoureuse ? Qui n’a jamais cherché à séduire ou à être séduit ? Qui n’a jamais souffert devant un amour fugace ? Qui n’a jamais fait de folie parce qu’amoureux ? Oui, la littérature sentimentale est le creuset où se fondent nos différentes manières d’aimer et d’être aimé. Qui que nous soyons, nous nous retrouvons d’une manière ou d’une autre dans les différents personnages qui sont créés. Peu importent les différences de classes sociales, les personnages ont les mêmes faiblesses devant l’amour, ce qui est un grand réconfort pour le lecteur modeste. La peinture psychologique des personnages est si raffinée qu’on n’a aucune peine à se retrouver ou retrouver un de ses proches. Et même quand on a des problèmes dans sa vie amoureuse, c’est toujours un réconfort de savoir que la situation pourrait aller mieux.
En plus, la littérature sentimentale est un véritable voyage dans l’univers de la beauté. Les espaces dans lesquels les auteurs nous transportent sont aussi beaux qu’enchanteurs. Ils nous soulagent de nos angoisses et nous mettent à l’abri des train-train quotidiens. Nous savourons ces plaisirs comme si nous étions présents. Nous faisons du tourisme en étant assis dans notre salon ou étendu dans notre chambre. C’est la magie de la lecture. Voyager et prendre du plaisir en compagnie de personnages élégants et raffinés après une dure journée de labeur ! Quel remède peut être aussi efficace ?
Sans vouloir être exhaustif, je voudrais terminer ce billet par le style, l’écriture, qu’adopte cette littérature et qui pour moi, loin d’être un handicap, en fait sa véritable force. En effet, la littérature sentimentale se caractérise par sa simplicité, ce qui la met à la portée de tous. Je suppose que c’est un choix volontaire des auteurs qui veulent ainsi atteindre un lectorat plus vaste et plus varié. Ici, le plus important, c’est de mettre l’histoire à la portée de tout le monde, en exigeant le moins d’effort intellectuel possible. Autrement, la lecture ne serait plus cette distraction recherchée après une dure journée de labeur.
Voilà, ce billet n’a pas la prétention d’épuiser le débat, mais au contraire d’y participer. Et je pense que la littérature sentimentale contribue à la démocratisation de la lecture de façon efficiente.
Posté le 29.11.2007 par ndahfranc
Will était en compagnie de John et de sa femme, Agnès. Il les avait accompagnés prendre leurs deux enfants à l’école.
En attendant la fin des cours, ils faisaient une promenade dans le jardin public en face de leur établissement.
- Quand Will offre trois bouteilles de champagne à une mineure, je sais ce qui va se passer.
- Elle n’est pas une mineure, elle a vingt-deux ans, rectifia Will.
- Oh ! c’est mieux, fit son ami, ironique.
- Je connais sa grand-mère.
- Will, dis-moi, tu ne vas pas la draguer, j’espère, renchérit Agnès.
- La grand-mère ? Non, ça, jamais, répliqua-t-il, d’un air faussement naïf.
Agnès éclata alors de rire. Will avait le don de banaliser toutes sortes de situations. Il poursuivit sur le même ton badin en prenant place sur un banc, imité en cela par ses deux compagnons :
- Je te promets de ne jamais toucher à cette femme.
- Tu sais les problèmes avec les types qui ont ton physique ? le chargea de nouveau John.
- Non.
- Trop de sexe, ça fait fondre le cerveau.
- Ah ! nous y voilà ! répliqua Will.
- Pas à s’inquiéter de ça à la maison, n’est-ce pas ? repartit Agnès, d’un air serein, en s’adressant à son mari.
- Voyons, je suis de ton côté, ma belle. Je suis beau garçon… répondit John à la plaisanterie de sa femme.
- Tu as raison ; je suis désolée. Je fonds au moins trois fois par semaine.
Il accepta alors son baiser en signe d’assentiment.
- Will a de la chance que je ne sois plus sur le marché, reprit John quand il se fut libéré de l’étreinte de sa femme.
- Elle ne le regarderait même pas, renchérit cette dernière.
- Tu entends ça, Will, elle ne te regarderait même pas.
- Dis-moi, Will, tu ne vas pas faire ça, non ? s’indigna Agnès en prenant un air plus sérieux.
- Mais, qu’est-ce qui vous arrive tous les deux ? Ayez une meilleure opinion de moi, bon sang ! Je souris à cette fille, elle tremble de la tête au pied… Pourquoi je ferais ça ?
- Pourquoi tu ferais ça ? s’indigna de nouveau John.
- Eh ! arrête tes bêtises ! Tu paierais pour être à sa place, le chahuta sa femme.
Juste à ce moment, leurs deux fillettes arrivèrent et leur sautèrent dans les bras.
* *
*
Charlotte était vraiment une belle jeune fille. Du haut de son mètre soixante-douze, elle ressemblait à un mannequin. Son teint clair, ses grands yeux d’amande et surtout son sourire éblouissant étaient ses plus grands atouts.
Après des études en coupe et couture dans une grande école de la place, elle avait ouvert un petit magasin de prêt à porter au quartier Commerce, centre des affaires de Yamoussoukro. Ce matin-là, après avoir mis une dernière touche à son maquillage, elle s’apprêtait à s’y rendre quand la sonnerie du téléphone retentit. Elle se précipita alors pour décrocher.
- OK, peau de vache ! Je suis prête, lança-t-elle à son interlocuteur.
- Oh ! non, pas moi, répondit Will, au bout du fil.
Charlotte grimaça aussitôt de gêne.
- Que diriez-vous si on commence par bonjour ?
- Oh ! je suis désolée… Mais, qui est-ce ?
- Devinez.
- Vous ? s’écria-t-elle, surprise, quand elle eut reconnu la voix de Will.
- Je crois. Qui croyez-vous que c’était ?
- Euh, mon ami, Simon. En fait, il m’appelle toujours le lendemain de ce genre de… vous savez… Euh… Vous voulez parler à ma grand-mère ?
- Non, non, non ; c’est vous que j’appelle.
- Moi ?
- Bon, j’ai un petit problème. Je pensais que vous pourriez peut-être m’aider. J’ai bientôt une soirée de charité… Vous savez, avec smoking, cause à défendre… ce genre de truc quoi.
- Ah, bon !
- Et je me demandais si… je voudrais que vous me fassiez un chapeau… Mais, en fait, ce n’est pas pour moi, c’est pour ma cavalière ; je ne porte pas de chapeau, sauf la casquette, quand il fait chaud.
- D’accord.
- Mais maintenant, le problème, c’est que comme je ne connais pas son tour de tête, je suis bien embarrassé. C’est une surprise que je voudrais lui faire.
- Est-ce que c’est cette femme avec qui vous étiez au bar hier soir ?
- Non.
- Ah ! parce qu’elle avait une tête anormalement petite, ironisa-t-elle.
- C’est peut-être ce qui explique sa conversation limitée.
Charlotte rit de bon cœur.
- Vous savez, ce que je peux toujours faire, c’est mettre un bandage juste à la base.
- C’est parfait ! Formidable !
- Non, sérieusement, c’est risqué de travailler de cette façon.
- Non, voyons, vous pouvez le faire.
- Bon, pouvez-vous me donner un sujet d’inspiration ?
- Comme quoi ?
- Vous savez, comme une image sur ce chapeau, comme…
- Comme… la courbe de la hanche d’une femme.
- OK, répondit Charlotte, dans un rire gêné.
- Quand puis-je l’avoir ?
- Disons, dans deux semaines.
- Parfait ! Parfait ! Je vous donne jusqu’à jeudi, quatre heures.
- OK. Waoh !
- Autre chose. Vous dites waoh un peu trop souvent.
- Je sais.
- Vous êtes une adulte maintenant. Quand allez-vous arrêter ça ?
- Bientôt.
- Je vous vois jeudi.
- OK, au revoir.
- Au revoir.
Elle raccrocha, animée d’une immense joie.
- Waoh ! s’écria-t-elle de nouveau.
Affalé dans son canapé, Will éprouvait les mêmes sentiments. Il venait ainsi de mettre la machine de la séduction en marche… Pour épingler cette pauvre fille à son éloquent palmarès. Ah ! Sacré Will ! ( A suivre...)
Posté le 29.11.2007 par ndahfranc
Merci ma très chère tantie Régina Yaou pour ces mots d'une profondeur et d'une sympathie innommables. C'est toujours un énorme plaisir pour moi de te lire et de profiter de ton expérience. Je n'oublierai jamais cet honneur que tu me fais en jetant plus qu'un coup d'oeil sur mon blog.
Je voudrais dire que cette expérience que je tente, c'est pour venir en aide aux écrivains débutants que nous sommes en ouvrant un espace de libre expression et d'échanges. Tu as dû le remarquer, aucun espace de ce genre n'existe en Côte d'Ivoire si bien que nous avons le sentiment d'être livrés à nous-mêmes. Et les interventions comme les tiennes sont là certes pour nous encourager mais pour nous rappeler à l'humilité et à la modestie dans cette jungle où seul le talent ne suffit pas.
Je ne suis pas critique littéraire même si je pense avoir le droit en tant que prof de français de donner mon avis sur la pratique de la littérature en Côte d'Ivoire et en Afrique. Car tu conviens avec moi qu'en tant que praticien moi-même et qui plus est débutant, je suis très mal placé pour décerner des bons ou des mauvais points. C'est pourquoi je voudrais demander ton indulgence quant à certains propos que j'ai tenus et qui pourraient "effaroucher" les premiers destinataires de ce blog. Je voudrais donc profiter de cette occasion pour te demander de participer activement à cette entreprise de formation en m'envoyant quelques réflexions sur l'activité d'écriture en Côte d'Ivoire, en Afrique et pourquoi pas aux USA où tu vis en ce moment. Je me ferai fort de les publier pour le bonheur des visiteurs de ce blog. Je voudrais si possible avoir une de tes photos qui accompagnera chacun des billets que tu me proposeras. Je t'informe qu'avec ton autorisation, je publie sur mon blog, l'intéressante contribution que tu m'as envoyée. N'oublie surtout pas de passer le nom du blog autour de toi pour accroître son audience et susciter davantage de contributions comme les tiennes. Merci et à bientôt.
Posté le 29.11.2007 par ndahfranc
Bonjour Nda,
Felicitations pour le blog.
Concernant le roman sentimental inedit, je voudrais faire une observation : le recit manque de fluidite. Ce petit quelque chose qui fait que l'on a envie de tourner les pages ; non, je ne parle pas de suspense, bien que cela soit important dans le roman sentimental aussi.
Contrairement a ce que croient bcp de gens, la litterature sentimentale n'est pas un genre mineur et celui que tu appelles : "Un bon ecrivain" n'a pas forcement les aptitudes requises pour ce genre.
Ce sont la les remarques d'une ainee dans le monde de l'ecriture, en general, et celles d'un auteur de neuf romans sentimentaux bien recus par le public (4 Adoras et 5 Clair de Lune), en particulier.
Je suis de ces "arrieres-gardistes" qui considerent qu'ecrire, c'est une question de don divin, de talent. Bien sur, des elements exterieurs deviennent un enrichissement (la lecture, les ateliers d'ecriture, les cours de creation litteraire -comme dans les universites en Amerique- par exemple). Bon ecrivain ? Mauvais ecrivain ? Qui decide ? Le public qui vous permet d'avoir des royalties ou les critiques litteraires ou les pontes des universites ou encore les profs de francais ? Il y a a l'universite de Cocody quelqu'un qui decrie particulierement ce que je fais, mais je suis citee dans de nombreuses theses de memoire et de doctorat de francais aux Etats-Unis. C'est vrai que je n'aime pas tout ce qui est publie en Cote d'Ivoire, mais il faut de tout pour faire un monde. On peut gagner souvent des concours litteraires et n'etre qu'un ecrivain moyen dans la vie de tous les jours. Je crains que la definition que tu donnes du "bon ecrivain" n'effarouche les debutants a qui est destine ce blog. Moi, j'ai commence a ecrire depuis l'adolescence et ce qu'ont dit les uns et les autres ne m'ont pas detournee de mon chemin. Mais tout le monde n'est pas fort dans la tete. Ecrire, c'est ma passion, c'est ma vie. Aujourd'hui, "L'indesirable", une de mes dernieres productions, fait partie des livres qui ont ete enseignes en maitrise de lettres modernes a l'universite d'Abidjan. Parce qu'il comporte beaucoup d'effets de style ? Certainement. C'est pourtant la serie des "Affiba" qui m'a permis de me faire connaitre outre-Atlantique.
Excuse le manque d'accents sur les lettres qui en ont besoin. Je suis actuellement aux Etats-Unis avec un clavier different de celui que l'on a au pays.
Dieu te benisse.
Regina Yaou
Ecrivain
Posté le 28.11.2007 par ndahfranc
Je voudrais vous proposer chaque semaine, un chapitre de ce roman inédit. C'est de la littérature sentimentale en hommage à toutes les femmes qui prennent plaisir à visiter mon blog. J'espère que cette histoire vous plaira. Bonne lecture.
Le lac Akromionbla s’étendait, calme et généreux, au centre de la ville. Les rayons naissants du soleil lui donnaient une allure presque majestueuse.
Ses admirateurs, depuis que la Sotra y avait installé une petite compagnie de transport pour les amateurs de tourisme et loisirs, se bousculaient sur ses deux berges afin de profiter de son humeur joviale et matinale.
A cette heure déjà, le carnaval de ces petits bateaux de plaisance était impressionnant.
William et Linda, deux amoureux comme il en existait une multitude dans cette belle ville de Yamoussoukro, se faufilaient parmi la foule, visiteurs enchantés par tant de féerie. Mais le premier cité, contrairement à ses habitudes, n’avait pas tout à fait le cœur à l’ouvrage ; il paraissait préoccupé.
- Viens, allons faire un tour en barque, lui lança Linda, comme pour exorciser sa mauvaise humeur.
- Non, répondit-il froidement.
- Quoi ! Tu as peur de te froisser un muscle ?
- Non.
- Allez ! viens faire un tour, ça sera agréable !
- Je ne peux pas ; je te quitte, lâcha-t-il, cynique.
Une décharge traversa le cœur de la pauvre jeune femme, mais elle fit un effort surhumain pour n’en rien laisser paraître.
- Viens sur la barque, répliqua-t-elle, comme pour se convaincre qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie.
- Non.
- Quoi ! Mais, qu’est-ce qui se passe ? Mon Dieu, tu es sérieux ? demanda-t-elle l’air tout à fait désespéré.
- Ça n’a rien à voir avec toi.
- Vraiment ? soupira-t-elle, le cœur en feu.
- Vraiment… Je ne pouvais que t’offrir l’histoire que nous avons vécue jusqu’ici ; jusqu’à ce qu’elle se termine. Et elle va se terminer… J’aurais pu attendre pour te le dire, mais ça n’aurait pas été loyal.
- Ecoute, je n’y comprends rien ; comment peux-tu être aussi sûr ? Ça ne fait que quelques semaines… Les sentiments changent, les situations évoluent… Je veux dire, tu ne me connais même pas…
- Peut-être pas ; mais je me connais, moi. Je suis désolé.
Puis, il tourna les talons et s’éloigna. Elle voyait son imposante silhouette se faufiler à travers la multitude et disparaître. Elle savait que c’était vraiment fini. Plus jamais, elle ne reverrait son beau sourire, celui qui l’avait séduite dès le premier regard, comme un coup de foudre. Et ce visage candide et plein de sympathie sans doute dû à la flamme de son regard, comment pourrait-elle l’oublier ?
Elle essaya une dernière fois de le repérer, mais il était déjà parti. Cette histoire, son histoire, leur histoire, se terminait de la façon la plus banale qui soit. Et dire qu’elle y avait mis tout son cœur, toute son âme. A l’idée de devoir tout recommencer encore à zéro, elle en avait les larmes aux yeux. Comme toujours, le destin lui jouait encore un de ses tours diaboliques à vous précipiter vers la mort.
Derrière elle, William ébaucha un sourire de satisfaction. Au fond, ça n’avait pas été aussi difficile qu’il le pensait. Linda n’était pas la femme rare qu’il recherchait depuis des lustres.
Que lui reprochait-il au juste ? Il n’en avait pas la moindre idée. Peut-être était-elle trop possessive ? Ou simplement pas assez amoureuse ? Il ne saurait le dire.
Mais, en agissant ainsi, William apportait de l’eau au moulin de son ami John et de tous ceux qui le soupçonnaient d’user de cette ruse pour jouer les don Juan.
A la vérité, ils n’avaient pas tort car, le nombre de jeunes filles qui avaient fait les frais du charme et de l’instabilité chronique de William Pokou se comptaient par dizaines.
En rentrant chez lui, aucun remord ne l’habitait. « Sacré Will ! » se serait probablement écrié son ami John, s’il avait été témoin de cette scène pathétique.
* *
*
Yamoussoukro, la ville lumière, brillait de mille feux. Telle une jeune femme la veille de son mariage, elle resplendissait sous le charme multicolore des lumières magiques des néons et autres ampoules des lampadaires plantés tout le long des routes et grandes avenues qui faisaient sa renommée.
Oui, Yamoussoukro, depuis le transfert réel de la capitale, s’était métamorphosée. En plus des monuments d’une architecture futuriste comme la Maison des Députés ou le Siège du Gouvernement, qui avaient poussé comme des champignons, de grands espaces commerciaux attirant une foule impressionnante avaient eux aussi vu le jour, faisant de la capitale politique de la Côte d’Ivoire, la plaque tournante du tourisme, du shopping et de la gastronomie du pays. On y venait de partout pour admirer la Basilique Notre Dame de la Paix, le lac aux caïmans, ainsi que toutes ces infrastructures socio-économiques dignes des grandes capitales européennes, mais aussi pour manger du kédjénou de pintade ou de poulet ou de la soupe de machoirons aux épices locales.
Ce week-end encore, la tradition avait été respectée. Un nombre impressionnant de noctambules pullulaient dans les coins chauds de la ville. Maquis, restaurants, bars et autres boîtes de nuit continuaient de recevoir du monde, en majorité des jeunes gens en quête de sensations fortes et d’émotions colorées.
Au restaurant Les Délices, situé en bordure de lac, il n’y avait plus de places pour les retardataires, quoique les prix ne fussent pas à la portée de toutes les bourses.
William Pokou, le propriétaire de cet établissement de première classe, avait de quoi être fier de son personnel qui, à force de travail, avait su hisser le restaurant au sommet de son art, dans un secteur où la concurrence est des plus impitoyables.
Cette réussite, il le devait en grande partie à son ami John Adomo qu’il avait appelé au secours au moment où son entreprise était sur le point de faire faillite. En professionnel émérite, il avait su colmater les brèches, mieux, mettre l’entreprise sur le chemin de la croissance.
L’Entrepreneur, magazine de promotion des PME/PMI, leur avait consacré à juste raison son numéro du mois, allant jusqu’à désigner les deux promoteurs comme meilleurs entrepreneurs de l’année.
Aujourd’hui, leur succès commun avait renforcé davantage leur amitié qui résistait tant bien que mal aux intempéries de la vie. Leur devise, ensemble pour aller plus loin, leur avait conquis les lauriers de la gloire.
Ce week-end, comme tous les autres d’ailleurs, ils étaient encore à l’ouvrage pour satisfaire une clientèle variée et de plus en plus exigeante…
Pendant qu’ils s’affairaient à l’intérieur, une voiture vint stationner sur le parking extérieur.
Une charmante jeune femme, vêtue d’un ensemble maxi confectionné dans un wax ivoirien aux motifs chatoyants, en descendit et pénétra dans le restaurant.
Elle se dirigea d’une démarche gracieuse vers la caisse et s’adressa à John :
- Excusez-moi, je voudrais voir Will.
- Bien sûr ; attendez une minute.
John rejoignit Will à la cuisine où il faisait un contrôle de routine, dans une ambiance gaie et détendue.
- Qu’est-ce qui est arrivé à Linda ? lui demanda-t-il.
- J’ai préféré débarrasser la table.
- Eh bien ! remets le couvert ; il y a un nouvel arrivage à la porte, fit-il, ironique.
Will fit une grimace à son ami qui avait du mal à cacher sa déception avant de sortir de la cuisine. A son passage, il installa quelques clients avant de rejoindre la visiteuse devant le bar.
- Bonsoir, chérie, lui lança-t-il en lui faisant la bise.
- Tu es très occupé ?
- Et comment ! Ce soir, c’est une maison de fou. Tu peux m’attendre encore deux minutes ?
- Bien sûr.
- Bon, je reviens.
Il s’éloigna d’un pas alerte en direction d’une table et en déménagea les occupants dans le patio pour installer d’autres clients. Non loin de là, à une autre table, une jeune fille d’une vingtaine d’années célébrait son anniversaire en compagnie de quelques amis. Frappé par le charme de cette dernière, Will se surprit à l’admirer.
Mais, il se reprit aussitôt et rejoignit son amie au bar.
- Alors, ma puce, que me vaut l’honneur de cette visite ?
- Je suis venue prendre quelques câlins, répondit-elle dans un sourire.
- Vicky, on a passé la nuit d’hier ensemble ; d’où vient-il alors que tu viennes chercher des câlins jusqu’ici ? la réprimanda Will.
- Tes caresses me manquent tellement ! Et puis, tu avais promis m’emmener voir Un mariage trop parfait de Jennifer Lopez.
- Ah ! c’est vrai ; j’avais totalement oublié ! pesta-t-il en regardant sa montre.
Juste à ce moment, une vieille dame vint les interrompre.
- Mais, c’est Will Pokou ! s’écria-t-elle. Mais, c’est lui !
- Bonsoir, répondit Will, surpris par tant d’enthousiasme.
- Et il n’a pas changé… Eh ! qu’est-ce que tu as fait ?… passé un pacte avec le diable pour rester toujours aussi jeune ?
Will, qui ne comprenait rien à cette conversation saugrenue, jeta un regard dépité à son amie avant de poursuivre :
- Je suis désolé, mais…
- Non, ce n’est pas vrai, grand imbécile ! Je suis Dolorès Dacko.
Une lueur étrange parcourut alors le visage de Will qui s’écria :
- Doly ? Eh ! je ne peux pas le croire !
Il se jeta alors dans les bras de la vieille dame, manquant de peu de renverser la coupe qu’elle tenait, sous le regard amusé de sa compagne.
- Fais gaffe au cocktail ! lui cria Dolorès.
- Oui, oui ; excuse-moi, fit Will, tout penaud.
La jeune fille qui célébrait son anniversaire et ses compagnons suivaient de près la scène, d’un air amusé.
- Ah ! mon Dieu !… poursuivit Will, mi-joyeux, mi-embarrassé. Comme tu as changé !
- Oui, je sais ! répliqua son interlocutrice, le temps qui passe n’a pas été tendre avec moi, n’est-ce pas ?
- Oh ! ne sois pas stupide, Doly ! Tu es merveilleuse…
- Will… Epargne-moi tes mensonges, veux-tu ?
Will soupira et jeta un regard de côté, embarrassé. Juste à ce moment, son regard croisa celui de la jeune fille qui célébrait son anniversaire. Aussitôt, cette dernière baissa les yeux, incapable de contrôler les pulsions de son cœur.
La scène ne passa pas inaperçue, puisque Simon, un de ses amis la chahuta aussitôt :
- Chérie, est-ce que tu te sens bien ? Tu es devenue bizarre tout à coup.
- Je vais bien… C’est juste… C’est lui, en faisant un signe de la tête en direction de Will.
- Quel âge peut-il avoir ? demanda cette fois Sharon, sa voisine et amie assise à sa droite.
- On se calme, les filles, repartit Simon. Charlotte, s’il est riche comme il me le semble, tu vas avoir une sacrée concurrence !
Ils se mirent tous à rire de bonne guerre. Juste à ce moment, Dolorès qui était une des convives de cette table, les rejoignit en compagnie de Will.
- Ecoutez-moi, les enfants ! Je vais vous présenter un vieux copain à moi. Il est irrésistible. C’est Will Pokou ; et c’est lui le propriétaire de cet établissement hors de prix.
- Hors de prix ? s’indigna faussement Will. Je ne peux pas croire que tu dises cela, Doly. Où est-ce que vous trouverez un kédjénou de pintade mangeable à moins de quinze mille francs ?
- J’ai adoré le soufflet de framboise… Je suis Sharon.
- Sharon, merci pour le compliment, répliqua Will.
- Moi, c’est Simon.
- Salut, Simon !
- Salut ! Ravi de faire votre connaissance.
- Moi aussi.
Après un court silence, Will poursuivit :
- Puis-je demander qui fête son anniversaire ?
- C’est elle qui fête son anniversaire et elle est ma petite fille, répondit Dolorès en montrant la jeune fille qui ne s’était pas encore présentée du doigt. Elle s’appelle Charlotte.
- C’est la fille de Cathy ? demanda Will.
- Tu parles ! Elle a les yeux de Cathy, non ? Et le talent, je n’en parle même pas. Sais-tu que cette enfant a fait elle-même tous ces chapeaux « insensés » que nous portons ?
Cette phrase entraîna une explosion de rire sur la table.
- Ils sont supers, répartit Will, admiratif. C’est un travail merveilleux !… Vous savez parler ? demanda-t-il à Charlotte pour la chahuter.
- Merci, répondit-elle enfin, un sourire radieux aux lèvres.
- Vous êtes la fille de Cathy, repartit Will. Alors, vous devez avoir…
- Vingt-deux ans et jamais embrassée, répondit Simon.
- Non, non, là, je ne marche pas ; une si jolie fille n’a jamais embrassé ?...
- Hélas non ! répartit Simon, feignant d’ignorer le regard de désapprobation de Charlotte.
- Joyeux anniversaire tout de même, Charlotte et je te souhaite aussi de rencontrer le prince charmant.
- Merci.
- Ravi de t’avoir revu, Doly.
- Ravie, moi aussi.
Sur ce, il se retira sous leurs regards admiratifs.
- Ah ! mon cœur, ne bats pas si fort ! s’écria Simon en croisant les bras sur sa poitrine.
Les autres convives éclatèrent une nouvelle fois de rire.
- Il est mignon, mais il est un peu vieux pour Charlotte, avoua Sharon.
- Non, il est simplement fabuleux ! s’extasia Simon.
- D’où le connais-tu, grand-mère ? demanda enfin Charlotte.
- De Bassam. Un vieil ami de ta maman.
Un peu surprise par cette réponse, Charlotte leva la tête et vit Will s’en aller en compagnie de son amie. Dans son costume bleu nuit, il avait un charme irrésistible. Et sa démarche altière était bien là pour témoigner de cette élégance qui était sur le point d’avoir raison d’elle. Une foule d’idées se bousculèrent alors dans sa tête de jeune fille en quête d’émotions fortes. (A suivre...)
Posté le 28.11.2007 par ndahfranc
VOUS VOULEZ DES CONSEILS POUR SAUVER VOTRE COUPLE ?
Lisez l'article qui précède. C'est un véritable expert qui vous cause. Si cet extrait vous convainc, courez vite acheter l'oeuvre ou appelez l'expert en question qui n'est autre que le chaleureux Biton Koulibaly. Il saura vous en dire plus.
Posté le 27.11.2007 par ndahfranc
LA LITTERATURE DOIT-ELLE ETRE UNE REPRESENTATION DE LA SOCIETE OU UNE INVENTION DE LA SOCIETE ?
En lisant les œuvres écrites en Côte d’Ivoire, une tendance s’impose, celle qui consacre l’écriture comme miroir de la société. Mais un miroir délibérément tourné vers les travers de la société. Ce qui me gène, moi, dans cette approche de la littérature (maladroitement considérée comme le fondement de l’engagement), c’est qu’on a le sentiment que la littérature n’existe que pour décrier les tares de la société. Au lycée comme à l’université, les œuvres littéraires sont étudiées essentiellement sous cet angle. Les thèmes abordés par la plupart des écrivains sont : la gestion du pouvoir politique et tous ses corollaires, la guerre, l’excision, la violence sous tous ses aspects, la mort… au point que les œuvres qui ne fonctionnent pas de cette façon sont considérées comme mineures. La question qui me vient à l’esprit est celle de savoir si ces œuvres ont eu une véritable incidence sur nos sociétés.
Personnellement, je trouve cette littérature trop sombre, même si le style en atténue parfois l’odeur. Les occidentaux n’aiment nos textes que lorsqu’ils font le procès de nos dirigeants ou de nos valeurs. Il n’y a qu’à voir les œuvres qu’ils priment ici et là. Nous aimons nous déshabiller devant eux sous le fallacieux prétexte que nous faisons de la littérature. Il est temps que cette approche de l’écriture cesse pour se tourner vers celle que j’appelle l’invention de la société. L’écriture est un art et l’art est synonyme de beauté. L’écrivain doit apprendre à créer la société, à la modeler selon les valeurs qui fondent notre idéal commun.
Les valeurs sociales, religieuses et spirituelles africaines ont été mises en place au cours d’un processus qui a duré des siècles. C’est à nous d’en faire la promotion, c’est à nous de les mettre à la disposition de la population.
Aujourd’hui, les écrivains comme Paulo Coelho sont appréciés de tous parce qu’ils ont intégré cette donne à leurs productions littéraires. On ne peut changer la société qu’en changeant l’homme. Apprendre à l’africain à suivre le processus de formation initiatique et personnelle, tel doit être un des objectifs majeurs de l’écriture.
De nos jours, avec l’urbanisation galopante, l’homme africain est livré à lui-même, sans aucun repère. Tout ce qui compte pour lui, c’est la course au pouvoir et à l’argent. C’est à nous de lui rappeler les vraies valeurs, celles qui consacrent la primauté de la vertu et des biens spirituels sur les biens matériels, toutes choses qui ont fait la grandeur de nos parents. Il ne s’agit pas de faire l’apologie du passé, mais de mettre le passé à la disposition du présent. Pour cela, l’écrivain africain doit aller à l’école de l’oralité pour s’instruire, apprendre à connaître nos dieux, nos héros, ceux qui ont fait la grandeur de nos peuples.
C’est à ce challenge que je veux inviter les jeunes écrivains d’aujourd’hui. Que leur rôle ne consiste pas seulement à créer des histoires banales, mais des histoires qui soient de véritables leçons de formation personnelle, intellectuelle et sociale.
Posté le 27.11.2007 par ndahfranc
Une jeune femme qui se sentait perdue à cause des difficultés de la vie cherchait à comprendre pourquoi sa destinée était si difficile. Au bout du rouleau, elle voulait se suicider ou partir ailleurs pour tenter sa chance en espérant que le bonheur lui ouvrirait cette fois les bras. Mais avant de prendre une décision définitive, elle voulait réussir cette fois à entrer en contact avec son ange gardien toute chose qu’elle n’avait jamais réussi à faire jusqu’à présent. Aussi, prit-elle la position que lui avait enseignée une de ses amies quelques jours plus tôt. Assise sur une natte, buste droit, jambes écartées et repliées se joignant par les plantes des pieds, dos des mains posées sur les cuisses, yeux fermés, elle essaya d’accéder à son être intérieur afin de lui demander de l’aide dans l’entreprise qu’elle allait mettre à exécution. Quelques minutes plus tard, entre plusieurs langues de flammes, apparut le visage énigmatique de son ange gardien.
- Que veux-tu, femme ? lui demanda-t-il.
- Je veux savoir pourquoi ma vie est si triste, pourquoi le bonheur fuit loin de moi.
L’ange lui sourit.
- Il y a longtemps que j’attendais que tu me poses cette question.
- Je n’arrivais pas à entrer en contact avec toi.
- Mais tu me cherches là où tu es certaine de ne pas me trouver.
- Comment ça ?
- Tu me cherches en dehors de toi or je suis en toi. La preuve, tu m’as trouvé quand tu m’as cherché là où je me trouvais.
- D’accord, maintenant que je t’ai trouvé, je voudrais comprendre.
- Tout ce que tu dois comprendre et savoir se trouve en toi-même.
- Comment y avoir accès ?
- C’est simple, il te suffit de te soumettre à l’épreuve du miroir.
- L’épreuve du miroir ?
- Oui. C’est une épreuve qui consiste à entrer en soi-même et de prendre connaissance de ce qui s’y trouve. C’est la seule façon pour l’être humain de savoir qui il est en réalité, quels ont été ses gains et ses passifs karmiques et comment il peut construire son avenir.
Quand la jeune femme eut pris congé de son ange gardien, un sentiment de peur s’était substitué à l’espoir qu’avait suscité sa rencontre avec lui. Mais cette réaction était tout à fait normale car l’homme a toujours eu peur de connaître sa vraie nature. Il préfère vivre dans l’ignorance, ce qui lui évite de faire les efforts nécessaires pour son évolution.
Ah ! L’épreuve du miroir ! Elle la redoutait tant, mais à présent, elle n’avait plus le choix. Il lui fallait s’y soumettre.
Guidée par la force du destin, elle marcha d’un pas hésitant en direction du miroir et le détacha du mur. Puis, tout doucement, avec des gestes d’une dextérité maladroite, elle le posa sur une chaise devant elle avant de reprendre sa position de tout à l’heure. Elle se concentra avec toute la force de son esprit en fixant le miroir. Tout à coup, à la place de son image, une porte s’ouvrit. D’un pas incertain, elle pénétra alors cette demeure mystérieuse à laquelle elle venait enfin d’avoir accès. Et la nuit surgit brusquement derrière ses paupières subjuguées. Devant elle, s’entremêlaient des voies inextricables. Elle marchait sans savoir où aller. Les rues étaient vides ; les cieux sans étoiles ; les maisons inhabitées…C’était une ville fantôme, refuge de souvenirs abandonnés. Elle était seule et continuait de marcher, poussée par le vent et les dunes du destin. Plus tard, elle s’arrêta devant une immense maison, consciente d’être enfin arrivée à la fin de son trajet. Elle s’avança jusqu’à la porte qui donnait sur le salon. Mais soudain, elle eut peur de l’ouvrir, car elle savait que cette porte donnait accès au silence, à la demeure des âmes déchues. Imaginez une demeure où chaque pierre est un secret, un soupir, une défaite, une angoisse, un enfer. L’âme qui pénètre dans une telle maison est exposée aux forces du mal, forces impitoyables des ténèbres. Mais elle avait besoin de franchir cette porte car, c’était aussi la porte de la vérité. Elle n’avait donc pas le choix.
Prenant son courage à deux mains, elle poussa la porte qui grinça avant de s’ouvrir. L’esprit tourmenté, elle en franchit le seuil. Mais à peine fit-elle quelques pas que la porte se referma aussitôt derrière elle, dans un fracas terrifiant. Des murmures commencèrent alors à se faire entendre. Elle avait le sentiment que des êtres invisibles tenaient une réunion secrète dans cette étrange et immense maison. Elle avança à travers les couloirs sans savoir où elle allait en réalité. Après avoir parcouru un chemin interminable, elle s’arrêta enfin devant une porte qui portait cet écriteau : « Ici se trouvent les réponses à vos interrogations… » Son cœur se mit alors à battre de façon désordonnée. Elle se demandait si elle devait continuer ou rebrousser chemin. Finalement, elle se résolut à frapper à la porte et attendit. Quelques instants plus tard, le battant s’ouvrit. Elle entra. Mais la pièce était vide. Seule une petite table avec deux chaises de part et d’autre en occupait le centre. Instinctivement, elle prit place et attendit.
Quelques minutes plus tard, un moine au crâne nu et à la longue barbe blanche fit son entrée dans la pièce. Sans rien dire, il vint prendre place en face d’elle. Puis, de son regard énigmatique, il entreprit de scanner son âme. Quand il eut fini, il lui demanda, amer et déçu :
- Pourquoi te laisses-tu mourir alors que la vie t’ouvre gentiment les bras ?
- Trop d’obstacles m’empêchent de sauter dans le train du bonheur, répondit-elle, amère.
- Le vrai problème qui t’empêche d’être heureuse, c’est de chercher le bonheur là où il n’est pas. La plupart des humains font cette erreur et leur vie devient un calvaire.
- Dites-moi comment m’y prendre. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas.
Le moine sourit avant de poursuivre.
- Sur le chemin comme dans la vie, seul l’homme avisé et sage peut courtiser le bonheur. Le soleil ne brille jamais de la même façon et avec la même force à l’intérieur des hommes. Un disciple ne peut jamais imiter les pas de son maître. A chacun sa manière de voir la vie, de vivre les difficultés et les conquêtes.
- Vous voulez dire que la quête du bonheur est un voyage solitaire ?
- Mieux, c’est une entreprise intérieure. Enseigner, c’est montrer ce qui est possible. Apprendre, c’est rendre possible à soi-même. La quête du bonheur, c’est être capable de réaliser son unité avec Dieu. Or, nombre de personnes sont incapables de le faire parce qu’elles ne savent pas vraiment qui est Dieu.
Il regarda avec amertume le trouble qu’avait suscité en elle la notion de Dieu. Il poursuivit donc.
- Dieu est un Principe et tout Principe est immuable. Tous les hommes reconnaissent que Dieu est la perfection de la Justice et pourtant ils ne cessent de se plaindre à longueur de journée d’être défavorisés dans tel ou tel domaine de la vie ou de n’avoir pas reçu suffisamment de dons pour réussir leur vie terrestre. Mais, à qui la faute ? Tu veux que je te dise à qui la faute ? Eh bien, sache que chaque homme est responsable de ce qui lui arrive. On ne vient dans la vie qu’avec l’héritage de sa vie précédente. Et une fois qu’on vient à la vie, on ne peut rien faire pour modifier cet héritage. Seule l’acceptation de notre condition peut réduire la souffrance légitime qui en découle. A quoi cela sert-il de se révolter contre Dieu qui n’est fidèle qu’à ses propres principes ? « Tout ce que l’homme sème, il le récoltera aussi » disent les Saintes Ecritures. C’est la loi de la semence. Si vous semez le bien, vous récolterez le bien, et si vous semez le mal, c’est le mal que vous récolterez. C’est une loi immuable que personne ne peut transgresser impunément. La loi est donc là, connue de tous. A qui donc la faute ? Est-ce à celui qui a instauré la loi ou à celui qui la connaissait et qui malgré tout l’a transgressée ?
La jeune femme baissa la tête, coupable. Le moine sourit de nouveau avant de continuer.
- Les humains raisonnent de façon absurde allant jusqu’à incriminer Dieu ou leurs semblables de leur mener la vie dure, sans raison valable. S’ils ont tant de difficultés à trouver un sens à leur vie, c’est simplement parce qu’ils croient que leur vie présente est coupée du passé et sans aucun rapport avec l’avenir auquel certains d’ailleurs ne croient même pas. Or, il est indéniable que le présent dépend du passé et que le présent construit également l’avenir. Dès qu’on admet cette conception, tout devient tellement clair. On finit par comprendre que chaque événement de notre vie a sa raison d’être…
- Si je suis donc votre raisonnement, l’interrompit la jeune femme, la prière n’a donc aucune espèce d’importance puisqu’elle ne peut agir sur notre vie présente ?
- C’est une mauvaise compréhension de la prière. La prière est le moyen par lequel l’homme loue la perfection de Dieu à travers les principes qu’il a établis. Souvent, dans les épreuves, on entend les gens dire : tout ce que Dieu fait est bon. Alors, si tel est le cas, il faut l’en remercier. Il faut dire : « Seigneur Dieu, maintenant j’ai compris : si j’ai ces épreuves à subir, cela signifie que je paie mes dettes et c’est très bien. Je ne me révolterai plus et je ne te demanderai plus d’être épargné. » La prière permet également à l’homme de demander à Dieu la Sagesse, c’est-à-dire l’acquisition de la Vérité intemporelle et des vertus cardinales, seul gage pour un avenir radieux. Dès aujourd’hui, tu peux préparer ton avenir par le désir, la pensée, la prière. Alors, va et mène le Bon Combat sans toutefois oublier ceci : on ne parvient au bonheur que par la connaissance de Dieu.
C’est sur cette dernière phrase que le moine se leva et disparut au détour de la porte…
La jeune femme se leva et lui emboîta le pas. Mais dès qu’elle sortit de la pièce, un remue-ménage infernal se fit entendre de celle d’en face : des cris, des hurlements, des gémissements qui lui déchiraient le cœur… Des êtres y étaient enfermés et cherchaient vainement à s’échapper.
Quand elle revint à elle, elle se sentait bouleversée par toutes ces vérités bien qu’elle avait le sentiment que quelque chose de puissant et de grandiose venait de se produire en elle : elle ne détestait plus Dieu.
Cette histoire m’a été racontée par un ami qui avait une immense connaissance des Lois cosmiques. Il m’a demandé de tenter la même expérience que cette femme. Après avoir longtemps hésité, je m’y suis mis et je ne vous le dis pas, ce que j’ai découvert a largement dépassé mes espérances. Voilà pourquoi désormais, j’apprends à aimer Dieu au lieu de le détester comme j’avais pris la mauvaise habitude de le faire. Vous aussi, vous pouvez tenter cette expérience fabuleuse. Votre vie s’en trouvera certainement changée.
Posté le 26.11.2007 par ndahfranc
LES DIFFERENTES ETAPES DU RÉCIT
1- La situation initiale
Les premières anecdotes consisteront à cerner la situation initiale, c’est-à-dire, la situation du personnage principal au début de l’histoire.
Il faut surtout retenir que l’exercice consiste à libérer le personnage et à le suivre dans ses faits, gestes, déplacements et paroles pour construire son environnement immédiat et déceler sa quête. On plantera au fur et à mesure le décor, en faisant connaissance avec ses lieux préférés ainsi qu’avec ses parents et amis…Il ne s’agit donc pas d’écrire par exemple, Nafi (c’est le nom de l’héroïne) rêve d’épouser un beau jeune homme. Non ! C’est par rapport à ses relations avec les autres personnages qu’on le découvrira.
Chaque fois qu’on aura affaire à un espace, on prendra soin de le décrire en insistant sur sa valeur affective. Il en est de même pour les personnages dont on prendra soin d’indiquer le nom, l’identité, la profession, la silhouette, le caractère, le projet, la relation avec le personnage principal, etc.
Le lecteur doit pouvoir se représenter ce que nous lui racontons : il faut donc multiplier les détails qui lui permettent de voir et de comprendre la scène et la rendent vraisemblable.
N.B. : Veillez à retenir surtout les détails qui auront de l’importance dans la suite de l’histoire, car tout indice semé au début de l’histoire doit être utilisé par la suite.
Exemple
"C’est un pays de cocagne, un pays où il faisait bon vivre. La nature n’était qu’opulence et générosité. Les arbres fruitiers, semblables à des courtisanes endimanchées, offraient aux regards gourmands leurs formes pleines de promesses. A la tombée de la nuit, les fleurs exhalaient un parfum lourd et suave qui faisait monter dans chaque âme une délicieuse ivresse. Au petit matin, la rosée rafraîchissait l’herbe verte et luxuriante dans laquelle les enfants, aux joues rebondies, aimaient à se rouler en poussant des rires clairs et gais. Les plus petits pelotonnés contre les seins lourds de leur mère, s’endormaient doucement.
Les greniers et les ventres toujours pleins, la forêt giboyeuse, la nature généreuse, la vie ici, tel un reptile repu, se déroulait sans hâte, paisible et paresseuse. Oui ! C’était bien un pays de cocagne, un pays béni des dieux ! Les saisons au rythme immuable se succédaient à l’infini. Nous savions qu’après les grosses chaleurs arriverait la saison des pluies.
C’était celle que je préférais. Je passais des heures à observer la pluie. Spectacle édifiant qui pour moi relevait de Dieu !" (Flore Hazoumé, Cauchemars).
2- L’élément modificateur
La deuxième série d’anecdotes sera consacrée à l’élément modificateur, c’est-à-dire, ce qui intervient et modifie la situation initiale. C’est la phase la plus importante qui garantit en partie l’attrait du récit. Plus cette phase présente une situation complexe, inattendue, plus les péripéties pour la dénouer sont passionnantes et exaltantes.
L’auteur fait alors appel à son génie créateur, à sa finesse dans la réflexion, en utilisant bien entendu, les principales techniques narratives qui créent le suspense.
Un bon auteur, c’est d’abord celui qui sait raconter une histoire en créant des situations inattendues.
A ce niveau, il faut faire preuve de précision dans la peinture psychologique des personnages. Car, c’est à partir de cette anecdote que naissent les conflits aussi bien à l’intérieur du personnage principal qu’entre lui et les autres. Il faut donc faire ressortir leurs émotions et attentes (n’oubliez pas que ce sont des hommes comme nous).
N.B. : Toute émotion a au moins deux facettes : physique et psychologique. Un geste rageur, un pleur, le silence, un monologue intérieur, sont autant de signes dont la description aide le lecteur à comprendre une situation.
Exemple
"J’étais jeune, j’étais pur et comme les anciens, j’avais confiance en la bonté humaine, mais grande était notre erreur ! Avant les grands bouleversements, nous vécûmes une période particulièrement heureuse ; une félicité rare nous enveloppait, une sérénité inhabituelle habitait nos âmes, nous goûtions chaque instant de l’existence avec déférence, avec passion, comme si au plus profond de nos êtres, nous savions que nous vivions là nos ultimes moments de plénitude.
L’angoisse naquit peu à peu dans nos cœurs. A pas feutrés, elle prit possession de nous. Tout commença par une confusion de la nature et des saisons…"(Flore Hazoumé, Cauchemars).
3- Dénouement et situation finale
La troisième série de tableaux peut être consacrée au dénouement et à la situation finale. A ce niveau, on peut laisser le lecteur sur une impression frappante. On peut créer un effet de surprise, choisir un dénouement heureux, laisser le lecteur dans une situation d’attente…
Exemple
"… Voilà mon oncle, pour une première et dernière lettre, il n’y manque rien. J’ai beaucoup vieilli en ce laps de temps. Placé en marge de tout mouvement, j’entends le tumulte de la vie. Seule et à distance, l’âme remonte à la surface et se baigne dans les flots de la solitude.
Ici, tout me semble clair et manifeste ! L’œil ne voit jamais ce qui lui rentre dedans. Si mon corps n’est pas à son aise, mon âme se repose. Tout en moi me paraît néant ; quand je pense à Dieu, je deviens si minuscule que mes larmes jaillissent du puits de mes sentiments que je croyais tari à jamais.
J’ai vu plus que mon âge et n’ai vécu qu’un printemps.
Je ne te dis pas au revoir, ni à bientôt. Nous nous verrons en Dieu." (Sembene Ousmane, Le docker noir).
4- Les péripéties
Les péripéties sont composées de plusieurs tableaux. C’est ici qu’on juge la qualité de conteur de l’auteur. Il doit faire preuve d’imagination.
- Dans les diverses péripéties, il faut ménager une progression dramatique, des rebondissements.
- Il faut créer un effet de suspense :
• en marquant la progression du danger ;
• en multipliant les indications temporelles pour souligner l’écoulement du temps ;
• en intercalant les notations descriptives et en notant les émotions et les interrogations du héros.
Exemple
Depuis le jour où il avait été écroué, un véritable combat se livrait en Diaw Falla. Raisonnant, fouillant partout afin que lui apparaisse la légitimité de son acte. Sa liberté y était cachée. Il ne pouvait se défaire de l’obsession d’être coupable. Il cherchait la force de se sauver de lui-même ; s’il essayait de traduire ses pensées en paroles, sa langue s’y refusait.(…)
Il se mit à penser à ceux qui étaient de l’autre côté et à ceux qui étaient dans la même posture que lui. Sous l’angle d’une vision double, cela lui faisait penser à une corrida, le taureau à tuer, ou le matador… Puis, la foule beuglante criant à mort. L’homme doit mourir, ou la bête, sans qu’aucune pitié ne vienne affecter les spectateurs ; ni l’un ni l’autre n’est un assassin : que le matador tue, c’est horrible…Pourtant…
Il se voit piochant jusqu’au crépuscule de la vie pour payer cette dette. Dette qui se répercutera sur tous ses descendants. Le plus mauvais créancier était la société qui réclamait toujours son dû et, même payée, ne l’effaçait jamais. (Sembene Ousmane, Le docker noir).
Posté le 25.11.2007 par ndahfranc
Un jour, un ami à qui j’avais remis un livre qui traitait de la question du karma est venu me voir et m’a dit ceci : « Je te remercie de m’avoir prêté ce livre. A présent, je sais pourquoi je souffre tant dans la vie.
- Et puis-je savoir pourquoi ? lui demandai-je, intrigué.
- Je sais à présent que j’ai dû être dans ma précédente incarnation quelqu’un qui a fait beaucoup souffrir les autres. Ce que je vis aujourd’hui n’est que la conséquence de ce que j’ai commis comme actes dans le passé. »
Je ne vous dis pas combien de fois j’ai été attristé par cette conception erronée que mon ami avait de la notion du karma. Il l’avait vidé de son sens. Et au lieu que cela l’aide à avancer dans la vie, il s’était plutôt résigné. Je me suis alors assigné comme mission de l’aider à bien comprendre le fondement de cette réalité cosmique.
Le karma est un mot sanskrit qui signifie littéralement : action, réaction. Quel est donc le principe de l’évolution de la personnalité humaine en rapport avec le karma ?
D’après Abd-ru-shin, auteur du célèbre livre Dans la lumière de la vérité, « le développement de chaque être humain se fait d’après un plan inscrit dans les lois cosmiques ; il vise un but précis. Ce but est la perfection compatible avec l’origine spirituelle de notre espèce. Il comprend l’acquisition de l’autoconscience, le développement d’une forte personnalité, l’initiation à la marche des lois naturelles et notre libre insertion dans leur activité ascendante. Ce n’est que par ses propres efforts, ses luttes et ses dépassements que chacun peut s’élever, se parfaire et monter marche après marche l’escalier du perfectionnement de son moi. »Pour simplifier cette conception de l’évolution spirituelle, prenons l’exemple de la société humaine. Avant d’occuper un poste dans une entreprise et ainsi se prendre en charge socialement, l’homme doit apprendre. Ainsi, dans le système scolaire ivoirien, il y a le cycle primaire, le cycle secondaire et le cycle supérieur avec chacun ses différents niveaux d’apprentissage.
A la fin de chaque cycle, nous opérons une orientation en fonction de nos ambitions personnelles mais aussi et surtout en fonction de nos capacités intellectuelles. Le courage dont nous ferons preuve, le goût de l’effort, la persévérance, etc., nous permettront d’atteindre nos objectifs. Dans le cas contraire, on devra reprendre certaines classes l’année suivante. On devra alors, pour ne pas se faire renvoyer, tenir compte des observations des différents conseils de classe pour savoir ce qui n’a pas marché et travailler en conséquence pour s’améliorer. Parfois, compte tenu de nos résultats, on peut quitter une école d’excellence pour une autre moins cotée. Est-ce de l’injustice ? Non, bien entendu, ce n’est que le résultat de notre travail. La capacité pour un élève de reconnaître ses faiblesses pour tenter de les corriger, voilà la voie du succès. Il en va de même de l’évolution spirituelle et c’est ce que Abd-ru-shin a tout simplement voulu dire, même si cette réalité est plus profonde que cela.
Le noyau de l’homme, c’est l’esprit, c’est lui qui est immortel sauf s’il n’arrive pas à se détacher de la matière. Il périra donc avec elle lors de la désagrégation de cette dernière. Le corps physique est un vêtement que l’esprit utilise pour s’adapter aux conditions de la matière dense. Le matériel ne nourrit que le corps qui est de la même matière que lui. Or, l’homme n’est pas seulement fait de corps physique il est aussi fait d’esprit. Comment donc nourrir l’esprit ?
Nos actes, nos actions et nos pensées, voilà ce dont se nourrit l’esprit. Pour que l’esprit soit correctement alimenté, il faut que l’homme sache que c’est de lui seul que dépend la qualité de la nourriture de l’esprit. Il est celui qui sème, entretient le champ et moissonne. Cela se passe exactement comme dans le plan physique. Ici, la seule chose qui nous échappe, c’est la notion du temps. En fonction de la qualité de la terre, du type de culture, il y a un temps précis pour la récolte. Un autre élément, c’est la quantité ou si vous voulez, la qualité de la récolte. Regardez bien, quand vous semez un grain de maïs, ce n’est pas seulement un grain de maïs que vous récoltez, mais plusieurs épis. Dans la loi de la semence, la récolte est en général bonne sauf que certains sèment du maïs et s’attendent à récolter du blé. On récolte toujours au centuple ce qu’on a semé. Quand le temps de la moisson arrive et que vous vous rendez compte que ce que vous avez récolté n’est pas comestible, à qui donc la faute ? Certains accuseront les ouvriers d’être idiots ou fainéants or c’est vous qui leur avez donné la semence. Ils n’ont fait que vous obéir. Au lieu de veiller à l’entretien du champ, vous avez passé votre temps au cabaret. Or, les ouvriers ne travaillent bien que lorsque le contremaître ou le patron est rigoureux.
Si c’est quelqu’un qui vous a donné la terre moyennant la moitié de votre récolte, s’il est conciliant, il vous donnera une seconde chance. Dans le cas contraire, il portera plainte contre vous à la justice et vous serez condamné. Trouverez-vous le verdict du procès injuste ? Vous plaindriez-vous au juge parce que vous n’avez rien à manger ?
Comment alors s’y prendre pour remédier à cette situation ?
Il faut d’abord admettre que si nous avons fait une mauvaise récolte, nous sommes les seuls responsables et n’accuser personne. Ensuite, il faut chercher les causes de nos désagréments présents afin de les corriger et ainsi améliorer notre situation dans l’avenir car pour l’instant nous ne pouvons malheureusement pas faire de festin comme ceux qui ont fait une bonne récolte. Enfin, il nous faut redoubler d’ardeur au travail pour pouvoir rembourser nos créanciers et avoir une partie pour notre propre consommation. Voilà le sens du karma. Le karma est d’abord et avant tout une notion pédagogique qui ne saurait s’accommoder du manque de discernement dont certaines personnes font preuve.
En effet, voici des gens qui ne savent pas écouter leur voix intérieure, la voix de Dieu, leur intuition, qui font de mauvais choix dans la vie parce que guidés par l’appât du gain facile, la cupidité, la jalousie, la méchanceté, et ils s’étonnent de souffrir après, allant jusqu’à imputer cela à leur mauvais karma. Non, cela, ce n’est pas le karma, c’est la stupidité, le manque de bon sens et d’esprit de discernement.
Quand nous avons à prendre une décision pour laquelle nous ne savons quelle attitude adopter, il n’y a qu’un seul recours, Dieu. Adressons-nous à lui, demandons son aide, demandons-lui de nous éclairer et il se fera un plaisir de le faire. Encore faut-il que nous sachions où il se trouve, comment entrer en contact avec lui et comment lui parler.
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