Rechercher
Derniers commentaires

je trouve que les conseils donnés, sont très bien mais difficile a appliquer, pour les femmes moins difficile ...
(Voir la suite)
Par nawel, le 06.11.2009

slt j ss hind une femme marocaine j 20ans bon l'age pr moi k des chiffres ds la vie et l'amour na ps un certai...
(Voir la suite)
Par hind, le 06.11.2009

merci pour ces conseils .moi je suis passionné par l'écriture rien ne m'effrai seulement j'eprouve deja des di...
(Voir la suite)
Par kouadio, le 05.11.2009

il n'y a que les africains un peu bêtes pour raisonner comme ce fiavi.je suis désolée si on a l'impression que...
(Voir la suite)
Par RAISSA, le 05.11.2009

c'est un mauvais texte ...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 19.10.2009

vraiment c'est un texte géniale pour la prière...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 19.10.2009

votre analyse est pertinente,cepen dant il ne faut pas oublier qu'une oeuvre de veronique tadjo est au program...
(Voir la suite)
Par Maferima TAMELA, le 12.10.2009

moi jai besoin de lire tout les chapitres svp...
(Voir la suite)
Par nicole, le 28.09.2009

sincere felicitation pour ce roman qui nous montre que mem les handicapé sontdes etre normal qui merite eux au...
(Voir la suite)
Par nicole, le 28.09.2009

félicitation pour cette histoire...
(Voir la suite)
Par nicole, le 28.09.2009

Articles les plus lus

· DE L’EDITION D’UN MANUSCRIT
· MES POEMES (Page 4)
· LITTERATURE IVOIRIENNE
· L'ARGENT FAIT-IL LE BONHEUR ?
· LE LANGAGE DES ANGES
· LE STYLE D'UN AUTEUR ? PARLONS-EN.
· LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT VI
· COMMENT REUSSIR SON MARIAGE
· LE SECRET DE LA PRIÈRE
· L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 1

Statistiques

Date de création : 15.11.2007
Dernière mise à jour : 30.10.2009
151 articles


LE MASSACRE DE KOUMASSI

Publié le 15/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
LE MASSACRE DE KOUMASSI
Extrait:
...Tout bon guerrier doit savoir lire dans le livre de la nature. Un attroupement de vautours au loin au-dessus d’un village est un mauvais présage. Le cri lointain d’une hyène interpelle la vigilance de tout guerrier. Et la course folle des esprits dans l’obscurité ? Et le chant du cygne dans la nuit agitée ? … Voici autant de signes qui permettent à tout bon guerrier d’être sur ses gardes.
Les guerriers d’Opokou Warè déchiffrèrent ces signes de la nature avec effroi. Et l’affolement s’empara d’eux. L’inquiétude aussi.
Plus tard, le son du tam-tam parleur martela avec effroi des appels au secours pour confirmer ce qui n’était jusque là qu’un mauvais pressentiment. Opokou Warè ordonna aussitôt un repli. De toutes les façons, l’adversaire avait déjà battu en retraite et s’était réfugié dans la brousse. Plus question donc de continuer la guerre. Même si l’objectif qui était d’exterminer l’ennemi n’était pas totalement atteint, on n’en était pas loin. En témoignaient tous ces cadavres gisant sur le sol. Qu’importent les quelques survivants terrés dans les forêts proches ! Il fallait retourner au plus vite à Koumassi.
L’armée d’Opokou Warè reprit sans perdre une seule minute le chemin du retour. Elle marchait, courait, sautait, volait…
Les guerriers, anxieux, pensaient au sort réservé à leurs femmes, leurs enfants, leurs parents, restés au village…
Ils marchaient depuis quelques heures quand tout à coup résonna à nouveau le tam-tam parleur. Et chacun prêta l’oreille. Le contenu du message envoyé par le gardien des traditions sacrées était troublant : « Koumassi n’est plus qu’un champ de ruines, une cité morte et sans âmes. Un groupe de femmes, d’enfants et quelques vieillards se sont terrés dans la forêt au nord. Seules Pokou et Ekoua ont miraculeusement échappé à la mort. Mais, elles sont les otages d’Ebiri Moro. »
Le souverain du royaume Ashanti et ses troupes, quoique affectés par cette triste nouvelle, marchaient à la rencontre des fuyards. Une heure plus tard, ils les retrouvèrent regroupés dans un camp de fortune. Et ce fut le moment inespéré et angoissant des retrouvailles. Les cœurs étaient partagés. Tandis que certains étreignaient joyeusement un enfant par-ci, une femme par-là, d’autres cherchaient désespérément du regard un père, une mère. On finit par se rendre compte que bien peu de personnes d’âge étaient présentes. Et chacun étouffait difficilement sa douleur et sa rage.
Opokou Warè, après avoir compté les siens, sentit un poignard lui déchirer le cœur : autour de lui, seuls quelques enfants et concubines dont la présence ne lui apportait aucun réconfort. Aucune trace par contre des princesses de sa lignée ni de ses favorites. Aussitôt, il se tourna vers Yassoua Kouakou qui avait conduit le groupe des fuyards. Celui-ci, sans même attendre que le roi ouvre la bouche, se mit à balbutier :
- Beaucoup de princesses ont refusé de fuir avec nous.
- Et on ne les y a pas contraintes ? hurla le roi.
- Abla Pokou a essayé de les convaincre mais elles n’ont pas voulu entendre raison.
- Elle n’a pas insisté, je suis certain qu’elle n’a pas insisté ! Pourquoi cette sorcière est-elle encore en vie alors que tant de mères et de jeunes filles sont mortes ? Elle me le paiera !
Finalement, N’Zi le grand réussit à calmer le roi qui se réfugia derrière un silence méditatif. Il laissa aux survivants le soin de savourer le plaisir des retrouvailles.
Plus tard, il appela ses généraux N’Zi le grand et Boni l’intrépide et leur fit part de sa nouvelle stratégie.
- Rentrons à Koumassi. Quand nous aurons mangé et pris des forces, nous irons à l’assaut de l’ennemi. Rassemblez les familles pour le départ.
- Est-ce que tu crois que nous avons faim après tous les malheurs que nous venons de vivre ? lui demanda N’Zi le grand.
Opokou Warè fixa son général dans les yeux.
- Je sais que tu n’auras pas la paix tant que ce poltron n’aura pas payé pour tout ce qu’il a fait, lui répondit le roi.
- Rentre à Koumassi avec Boni et les rescapés. Moi et mes hommes, nous allons partir en avant-garde.
La poignée de mains que se donnèrent les deux hommes était tout le symbole de leur détermination à laver l’affront subi. Juste après, N’Zi le grand et ses hommes disparurent derrière les hautes herbes du maquis.
C’est au petit matin que la procession dirigée par Opokou Warè parvint dans les ruines encore fraîches et fumantes de la ville. Quel spectacle ! On courait ici et là mais le constat était le même. Des cris et des pleurs s’élevaient dans la nature meurtrie. Ici, c’est un père ou un oncle décapité qu’on pleurait. Là, une mère ou une épouse éventrée. La douleur était épouvantable. Opokou Warè se dirigea vers son palais, suivi de Boni l’intrépide. Devant ses yeux ahuris, le spectacle était poignant. Les corps encore chauds et fumants de ses femmes gisaient dans une marre de sang. Certaines avaient été décapitées, d’autres éventrées. Toutes étaient nues, preuve qu’elles avaient été violées. Le roi fit un effort surhumain pour ne pas pleurer. Oui, un roi ne pleure jamais avec ses yeux. C’est signe de faiblesse. Un roi qui a mangé le cœur de son prédécesseur pleure avec son cœur. Soudain, son regard fut attiré par un cadavre que l’on avait pris soin de recouvrir d’un voile blanc. Il demanda à Boni l’intrépide de l’ôter. Apparut alors le visage marqué par la douleur de la reine mère. Un filet de sang avait coulé sur ses lèvres devenues muettes à jamais. Boni, secoué par une forte émotion, recouvrit aussitôt le cadavre souillé. Mais, au moment où il s’abaissa pour le soulever, Opokou Warè l’arrêta. Il se baissa lui-même et souleva le cadavre de sa mère. Ensuite, il se dirigea vers la case qui avait résisté au pillage et à l’incendie. Il se recueillit un long moment sur la dépouille de sa mère. Quand enfin, il ressortit, c’était en homme profondément révolté qu’il s’adressa à ses guerriers.
- Ebiri Moro a profané le royaume jusque dans ce qu’il avait de plus sacré. Même les os vénérables ont été désacralisés. N’eût été la vigilance de Gbôssô Nanwlè, il nous aurait dérobé le trône sacré. Et je ne parle même pas de la mort de ma mère. L’insulte est grave et impardonnable. Apprêtons-nous à mourir en hommes dignes ou à vaincre l’ennemi qui nous a poignardés dans le dos. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous partons dans une heure rejoindre N’Zi et les autres…

Extrait du roman historique, La mystérieuse traversée, paru chez Edilivre-Editions.

LES CAHIERS DE L’ECRIVAIN DEBUTANT VIII

Publié le 15/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
QU’EST-CE QUE LA QUÊTE ?

Depuis le début de cette aventure, je vous ai dit que le premier matériau de construction du texte narratif, c’est l’histoire. Mais d’aucuns diront, qu’est-ce qu’une histoire ? Cette question a déjà trouvé réponse dans le cours précédent. Je n’y reviendrai donc pas. Par contre, je m’attarderai aujourd’hui sur un élément essentiel sans lequel il ne peut y avoir d’histoire à raconter. Cet élément, c’est la quête.
La quête, c’est le dessein, l’objectif, le projet, l’intention, les motivations du personnage principal (héros) et qui mettent en branle tout le réseau des personnages. Contrairement à une opinion très répandue, il ne suffit pas d’avoir un personnage principal, des personnages secondaires, un espace, etc., pour avoir une histoire. Tous ces éléments doivent avoir pour noyau la quête qui fonctionne comme un élément régulateur.
La quête peut partir des aspirations les plus banales comme conquérir l’amour d’une femme aux désirs les plus nobles comme acquérir la sagesse, le pouvoir, la fortune, en passant par la vengeance, le meurtre, etc. C’est en fonction de cette quête que sera choisi ou si vous préférez, sera conçu notre personnage principal. La quête doit fonctionner comme un manque que le héros a besoin de combler pour se réaliser.
Prenons un exemple : Konan est un jeune homme qui veut devenir riche et cela par tous les moyens. A partir de cette quête, nous pouvons déjà imaginer quel genre d’homme est notre héros aussi bien sur le plan social que sur le plan moral ou psychologique. En outre, on peut imaginer quels espaces il va fréquenter, quels personnages il va côtoyer pour arriver à ses fins mais aussi quels personnages vont se dresser sur son chemin. Du coup, on peut dégager l’idéologie qui sous-tend notre projet d’écriture. Si nous sommes contre cette espèce de personnes pour qui la fin justifie les moyens, alors, nous ferons en sorte que le projet du héros ne connaisse pas une fin heureuse même si, à travers les stratégies narratives, tout laissait croire le contraire. C’est justement à partir de cette quête que l’on classera les personnages en deux catégories : d’un côté les adjuvants, c’est-à-dire les alliés du personnage principal, ceux qui l’aident à réussir sa « mission » et de l’autre, les opposants, c’est-à-dire ceux qui ont pour rôle de le contrarier.
Si dans notre projet d’écriture, la quête n’est pas clairement définie, il va sans dire que nous aurons des problèmes pour conduire notre histoire. La quête, c’est un peu la boussole de l’écrivain. Même pour une œuvre autobiographique, on a besoin de déterminer avec précision la quête pour ne pas donner l’impression de naviguer à vue comme un bateau sans gouvernail. On évitera ainsi le risque qui consiste à vouloir parler de toute sa vie.
De la quête aussi peut dépendre le succès de notre œuvre. En effet, la quête que l’écrivain choisit doit être une préoccupation largement partagée ou à tout le moins d’un intérêt indiscutable de sorte que l’itinéraire du héros apparaisse comme une leçon dont le lecteur pourrait tirer partie.
Comme vous le constatez, la quête est plus qu’importante dans la réussite d’une œuvre. Utilisez votre génie pour en inventer des plus belles mais aussi des plus insolites. Cela mettra du piment dans votre narration et vous ouvrira certainement les portes du succès.
A bientôt.

LAISSEZ-NOUS ECRIRE…

Publié le 13/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Une chose est de plus en plus frappante dans la création littéraire africaine aujourd’hui, c’est qu’elle fait de plus en plus la part belle aux œuvres qui ont un contenu idéologique affirmé. Le sentiment qui se dégage, c’est que pour être publié, il faut s’inscrire dans un cadre thématique balisé par les éditeurs et les critiques littéraires. La première conséquence de cette situation, c’est qu’elle enlève à la création littéraire sa spontanéité et son caractère intuitif. Or, l’écriture, c’est d’abord et avant tout l’inspiration intuitive, la transcription de réalités parfois au-delà du monde sensible.
Ecrivains débutants, n’ayez pas peur ni honte d’écrire ce que vous ressentez au plus profond de vous-mêmes. C’est votre manière à vous de participer à la construction du monde. Car, vos pensées et vos idées, font partie d’un tout indissociable. Si vous ne les formulez pas, il manquera à coup sûr, quelque chose à l’harmonie de la toile collective.
Un écrivain n’est bon que parce que certains ont décidé qu’il en soit ainsi. Est-ce une raison pour laisser vos rêves mourir et ainsi infester tout votre univers intérieur ? Ecrivez et croyez-moi, il s’en trouvera un jour quelqu’un pour vous lire et profiter des vibrations positives de vos pensées. Ne pensez jamais ni au succès ni à l’échec car tous les deux ne peuvent vous conduire qu’à votre perte. Le premier vous fera croire que vous êtes le plus beau du monde tandis que le second vous traînera dans les égouts les plus infects.
Ecrire, c’est contribuer à nourrir l’âme universelle. Rien de plus !

AU CŒUR DE MA DOULEUR

Publié le 12/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
J’ai envie de crier très fort. J’ai envie de pleurer à chaudes larmes. J’ai même envie de mourir, pour mettre fin au cycle infernal de l’incertitude et de l’échec…
J’ai toujours été un bon perdant. Mais à trop perdre, on finit par se perdre soi-même. Perdre la boussole de son existence dans un perpétuel recommencement sans début ni fin. Un véritable cercle vicieux à vous couper le souffle…
Pourquoi mon destin est-il si exigent, si cruel ?

Ah ! Ma vie ! Une vie de chien galeux, errant à la recherche d’un os délabré par les intempéries, couvert par une grappe de mouches cannibales aux appétits aiguisés par la pauvreté et les dures aspérités de la vie. Un cow-boy sans arme ni cheval, dans un far West décrépit et moribond, sous une chaleur caniculaire à vous dessécher comme un haricot.
J’ai envie de vomir, tant cette misère pestilentielle me griffe la gorge et les tripes. Vomir toutes ces insanités, toutes ces horribles souffrances pour me purifier et renaître à la vie.
Combien de fois ai-je tout abandonné pour tout recommencer dans la vie ? Même au péril de ma vie ? Tant et tant de fois que je ne puis plus en savoir le nombre. Se remettre en cause toujours pour la même cause. Perpétuellement. Sans même s’assurer qu’on pourra tout reconstruire comme il se doit. Mais toujours dans l’espoir de mieux faire que par le passé.

Mon passé à moi est si minable, si fécond de déceptions qu’il me pèse comme une malédiction. J’ai essayé à plusieurs reprises de l’enterrer dans les profondeurs mythiques et insondables de ma mémoire, mais sans succès. Comme un chien enragé, il me poursuit et me mord constamment au talon. Et ces douleurs machiavéliques résonnent en échos jusque dans les tréfonds obscurs de mes entrailles.

L’idée m’a souvent traversé l’esprit de tout abandonner pour fuir comme un poltron. Il m’est même arrivé de faire mes valises. Mais vous savez quoi ? Le courage m’a manqué et mon pauvre cœur lacéré était imbibé d’amour. Un amour si pur et si niais que j’ai dû à plusieurs reprises rebrousser chemin. Car, y a-t-il plus grand trésor que l’amour d’une mère ? Y a-t-il chaleur plus grande que celle d’une femme qu’on aime ? Y a-t-il voix plus amicale que celle d’un fils premier ? …
Vous êtes l’objet de mes projets les plus fous tout comme celui de mes peines les plus amères. Je suis comme l’âne de Buridan, déchiré entre des sentiments si contradictoires que mon pauvre cœur en est terriblement affecté. Il oscille entre amour et pitié, envie et peur, doute et espoir…
Que de projets avortés ! Que de rêves évanouis ! Que d’espoirs vains !
Et pourtant, les sacrifices consentis ont toujours été à la mesure de mes espérances et de mes ambitions.
Dans le secret intime de ma chambrette, j’ai constamment versé des larmes obscures pour noyer les tourments de mes peines.
J’essayais après de repartir sur de nouvelles bases, avec des ambitions revues à la baisse. Mais très vite, mon impuissance s’étalait de nouveau comme un immense désert de sable brûlant. Aucune ombre à l’horizon. Un sol aride, fragmenté par la férocité du climat. Un climat à la gueule ouverte et crachant perpétuellement des langues de feu. Tout au fond de cette géhenne, des êtres nus se tortillent douloureusement. Et les échos de leurs cris ricochent sinistrement sur mes tympans. Je cours pour essayer de les secourir, mais j’avance à peine. Mes pieds, emprisonnés dans ce guêpier de sables brûlants ont perdu de leur ténacité. Ma gorge, asséchée par ma longue et harassante marche est à bout de souffle. Exténué, je m’écroule sur le sable brûlant. Mais les voix essoufflées et moribondes des miens tambourinent plus fort encore sur mes tympans. Je tente vainement de me relever. Mes forces m’ont abandonné. Et déjà au-dessus de moi, les charognards se disputent ma « dépouille ». Le festin sera à la mesure de mes échecs…

Je ne pouvais pas accepter de mourir sans appeler au secours. J’ai alors rassemblé mes ultimes forces et j’ai crié très fort. Et ma voix, armée de la sagaie du désespoir, a transpercé la sensibilité de ton cœur. Et tu as répondu à mon appel.

Aléthéa, femme de mes rêves ! Ta voix suave et amicale m’a alors bercé et rassuré. Elle a injecté en moi un nouveau souffle de vie, une nouvelle dose d’espoir. Depuis l’autre bout du fil, tu m’as dit : « Courage ! Courage ! Courage ! »
J’ai alors compris que je n’avais pas le droit de me laisser mourir ; que la vie était une succession infinie de luttes et de combats. Je me suis alors relevé, revigoré, ragaillardi et déterminé, puis j’ai dit : « Mon père, ma mère, mon frère, arrêtez vos larmes. Je reviens vous chercher bientôt. »
Après ma résurrection, ta présence s’imposait à moi comme le début de ma thérapie. Car ta voix et ton parfum ont l’extraordinaire pouvoir de me guérir. Leurs pouvoirs sont presque magiques.
Sais-tu que je n’ai jamais vraiment connu le bonheur que dans mes rêves ? Il paraît que c’est le refuge des peureux et des incapables. Peu importe ! Car à travers eux, j’ai pu goûter aux délices du vrai bonheur. L’amour était au rendez-vous. Une folle après-midi sur une plage aux parfums romantiques. Un soleil aux rayons d’arc-en-ciel versait sur les amoureux un flot de chaleurs excitantes. Trente sept degrés à l’ombre. Nous nous entrelacions et le temps aiguisait notre appétit. Le bonheur était à son comble et le temps semblait s’être arrêté…
Te souviens-tu de ce rêve ? Je te l’ai conté mille fois. Et chaque fois, tu avais souri devant la grande passion qui me consumait. Tu semblais dire : « ce n’est qu’un rêve, voyons ! » Mais vois-tu, ce rêve était pour moi plus qu’un rêve. C’était même plus qu’une obsession. C’était ma raison de vivre.
J’ai fait le voyage pour aller à ta rencontre. Tu me l’avais demandé et je m’en étais d’ailleurs réjoui. Car c’est toujours pour moi un énorme plaisir de courir à la rencontre de l’amour.
Je t’ai attendue dans cette chambre toute bleue, l’esprit en proie à un doute infernal. J’avais peur que tu ne viennes pas. Encore une autre angoisse, une autre incertitude. Au fond, toute ma vie n’aura été qu’une succession infinie d’angoisses puériles.
Ton retard me troublait et m’apparaissait de plus en plus comme une trahison.
Trahison ! Voici le mot qui me fait le plus peur dans la vie. J’en ai connu plusieurs. Certaines m’ont déchiré le cœur. D’autres m’ont dépouillé de mon âme…
Toi, tu as l’air spéciale. C’est probablement la providence qui t’a mise sur mon chemin. Pourtant, j’ai aussi le pressentiment que toi aussi tu t’en iras, même si c’est pour une raison beaucoup plus noble. Et une autre viendra pour s’en aller elle aussi aussitôt après. Et le cycle recommencera plus infernal et plus impitoyable que jamais…
Sais-tu que c’est surtout pour toi que mes derniers échecs me pèsent tant ?
Pour toi, je me croyais capable de tout, même de réussir là où beaucoup ont échoué. Pour toi, je me croyais capable de relever tous les défis, même les plus extraordinaires. Je tenais tant à me rendre intéressant à tes yeux.
A présent, je suis réduit à ruminer ma tristesse et mes échecs. A écouter le bruit des voitures qui passent sur la grand-route. A me saouler du bruit du ventilateur qui semble me consoler de ses hélices tournoyantes. Seule ta présence pouvait dissiper ma solitude et ma tristesse. Elle me fait oublier mes soucis et me réconcilie avec mon être intérieur. Ta voix comme une ritournelle me berce langoureusement. Et je languis sous la douceur de tes caresses…
Dès que tes pas se sont fait entendre derrière la porte, mon cœur a tressailli d’émotions. Quand j’ai ouvert, ton sourire a illuminé la chambre de ses mille éclats. Tu es entrée avec ta grâce et tout un monde de senteurs romantiques. Nous nous sommes alors serrés très fort. Une étreinte aussi sensuelle que la puissance de notre amour passionné. Et nos soupirs se mêlèrent pour former une gigantesque tour de baisers…
Cette nuit-là, nous avons consommé, insouciants, le fruit de la passion, soupirant et râlant de plaisir…

C’est donc ça que vous appelez faire l’amour ? Ces corps entrelacés qui soupirent d’un plaisir malsain et souillé ?
Non ! L’amour est si pur, si noble qu’il ne saurait être réduit à cette naïve expression de soupirs et de jouissances coupables.
Pour moi, l’amour, c’est se sentir proche de quelqu’un par la sensibilité. C’est avoir la même vision de la vie, les mêmes angoisses et les mêmes espérances, au point de vivre ensemble dans un même élan de solidarité et de complémentarité. Une union pour conduire à bon port le navire de l’existence. Réduire les insuffisances individuelles par l’entraide et la compréhension. Deux tourterelles joyeuses, fortes dans leur amour et optimistes quant à leur avenir. C’est surtout cette image que je garde de toi et de l’amour que tu incarnes. Une image bien plus noble que la simple attraction physique que tu suscites en moi, mais que je refuse néanmoins de perdre…
La séparation fut douloureuse. Mais qu’importe la douleur quand la mission a été accomplie !
Tu avais joué ta partition dans le tourbillon de tourments dans lequel j’étais embarqué. Une noble et exaltante mission. Voilà pourquoi il n’y avait aucune raison pour moi de rester. Il me fallait donc partir. Et recommencer de nouveau à vivre, à espérer, mais surtout à douter et à craindre.
Loin de toi, j’avais peur de sombrer de nouveau dans la hantise de la dépression. Mais la chaleur de ton dernier baiser me rassura de ton éternelle amitié.

Mais l'avenir se montra toujours hostile à mon égard. Avenir. Voilà un mot qui me trouble constamment. Et à raison d’ailleurs. Car les incertitudes de mon présent semblent me conduire inévitablement vers un demain sombre et imprévisible. Un cavalier sur une monture incontrôlable. Un torero face à un bœuf mortellement blessé. L’issue de la lutte est forcément incertaine. Comment arriver à vaincre quand les conditions sont si difficiles et les adversités si nombreuses ? Comment alors entretenir l’espoir indispensable à toute ambition ? [...]

J’ai le sentiment que ma vie, malgré mon job, est triste et amère. Je cours après un bonheur fugace et versatile. Illusion destructrice. Est-il possible de courir après quelque chose dont on ignore la nature et l’identité ? J’ai peur de passer ma vie entière à le poursuivre sans jamais pouvoir l’attraper.
Et aujourd’hui, ce dont j’ai le plus peur, c’est le doute qui s’est installé dans ma tête ; mais plus encore l’esprit de mort qui me hante. Esprit maléfique aux intentions macabres. La vie pourraitt basculer pour un rien.
J’ai l’impression que quelqu’un joue avec ma vie et rit de mes angoisses et de mes souffrances. Un esprit invisible bourré de sadisme et de cruauté ; qui me tient en laisse comme un chien. Tout semble s’écrouler autour de moi. Mes espoirs semblent sans espoir et mes espérances sans aucune lueur d’avenir. Un prisonnier sur une île déserte, avec pour seule et unique arme, le désir d’échapper à un destin cruel.
La nuit, mes sommeils sont infestés de cauchemars. Des cauchemars démoniaques qui tuent en vous tout espoir ; qui vous font douter de vos forces et vous précipitent dans un gouffre sans fond. Comment échapper à un tel destin ? Voilà toute l’équation de ma vie. Une vie dont la direction semble m’échapper chaque jour davantage. Un navire léger sur une mer en furie. L’embarcation, fragile et légère est à la merci de toutes les intempéries. Et j’ai peur de tout : de la vie ; de la mort ; de la réussite ; de l’échec ; de mes amis ; de mes ennemis ; de tout ce qui est visible et invisible...

Mes rêves semblent constamment me fuir et s’évanouissent comme une peau de chagrin. Et je ne peux que constater le résultat amer de ma destruction. Mes ambitions bien que légitimes, fondent comme glace au soleil.
Perdu dans la conscience de ma misère, ivre d’angoisses incertaines, j’aspire pourtant à un soleil plus gai ; qui sache rire avec des dents d’une blancheur ensoleillée. Qui sache mettre de la chaleur dans une vie un peu trop fade. Qui sache éclairer mon destin et brûler de ses dards impitoyables, les démons qui se dressent en ponts mystérieux sur la route de ma réussite.
Hélas ! Au bout du petit matin, un soleil terne, une fraîcheur morbide, un ciel macabre, une atmosphère épouvantable…
Je suis exposé à la menace du rapace comme le poussin loin de sa mère protectrice.
Je grelotte d’un froid implacable qui ignore les caresses de l’amour maternel.
Monstre invisible aux instincts masochistes !
Tu m’as assez griffé avec tes ongles vénériens.
Tu as assez souillé mon âme qui se décompose comme une viande faisandée.
Soleil terne au sexe raide !
Tu t’es assez accouplé avec mon destin !
Un destin volage
Qui butine comme une abeille vagabonde à la recherche du nectar
Source de vie sans laquelle la vie serait immobile comme la patience du pêcheur.
Je ne suis rien
Je n’ai jamais rien été
Et j’ai peur de ne pouvoir rien devenir…

Je n’ai même plus la force de résister à mon propre destin. Le film est toujours le même. Avec les mêmes acteurs ; le même décor ; la même fiction ; la même fin, dramatique.
Malheureux d’être ce que je n’ai jamais supporté d’être devenu, je renonce enfin au combat et laisse aller au gré du vent, toute ma foi et toute mon âme. Voilà pourquoi j’écris mon testament avec les mots puisés dans les profondeurs de ma douleur.

L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 11

Publié le 12/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Enfin rentré chez lui, Will découvrit par terre, le colis que s’apprêtait à lui offrir Charlotte lorsqu’elle eut son malaise. Il le déballa et découvrit sa montre, celle qu’elle lui avait prise un jour où ils se promenaient dans le parc. Il y avait un petit mot qui l’accompagnait.

Mon Cher Will,
Ces trois mois que nous avons vécus ensemble sont les plus beaux de ma vie. Jamais je n’aurais espéré que le destin me ferait un tel cadeau. A présent, si la mort veut, elle peut m’emporter, je m’en moque éperdument. Mais, la seule chose que je voudrais te laisser lorsque le pire se produirait, c’est l’amour. Je voudrais te laisser l’amour comme seul héritage de mon passage sur la terre…Oui, je voudrais te laisser l’amour en héritage !
Charlotte.

Will ne put retenir ses larmes qui se mirent à couler comme un torrent.

* *
*

Après un long moment où le sommeil se fit rebelle, Will trouva enfin un semblant de quiétude derrière ses paupières closes. Mais cela ne dura pas bien longtemps, puisque presque deux petites heures après, il se réveilla en sursaut, trempé de sueur. Il venait de faire un terrible cauchemar : Charlotte tombait dans un gouffre sans fonds et lui, tentait vainement de la retenir. Ses cris déments avaient laissé une blessure béante dans son âme.
Fou d’angoisse, il se précipita au volant de sa voiture et fonça tout droit vers la Clinique. Il trouva Charlotte toujours sans connaissance. Pendant trois jours, il la veilla, priant le Bon Dieu qu’il se manifestât une nouvelle fois.
« Mon Dieu, je te promets d’être un homme rangé et fidèle si tu me ramènes ma Charlotte. Je regrette sincèrement tout le mal que j’ai pu causer à toutes ces jeunes femmes. Pardonne-moi toutes mes fautes… »
Quand une faute est confessée avec autant de regret, il n’y a pas de raison que le Tout Puissant ne nous pardonne.
Will, qui s’était retiré dans la salle d’attente pour permettre au médecin de garde d’effectuer sa visite matinale l’accosta au moment où il sortait de la chambre de Charlotte :
- Docteur, comment est-elle aujourd’hui ?
Le médecin coula sur lui un regard compatissant, lui adressa un sourire de réconfort avant de lui répondre :
- Son état est stationnaire ; mais il faut garder espoir. Le plus dur est passé, vous pouvez me croire.
Ah ! l’hypocrisie des médecins ! pensa-t-il. Même quand tout espoir est perdu, ils vous font croire le contraire, juste pour ne pas que vous sombriez dans la démence. Et lui, William Pokou, malgré le courage dont il essayait de faire preuve depuis le début, n’était pas certain d’échapper à la démence. Car pour lui, cela était plus qu’une évidence maintenant, il ne pouvait vivre sans sa Charlotte.
Le médecin le tira de ses confuses pensées.
- Vous pouvez aller la voir, lui lança-t-il avant de disparaître dans son bureau.
Will observa Charlotte avec une émotion à nulle autre pareille. Que faire à présent ? Il se sentait tellement impuissant !
Il y avait des lustres que Will n’avait pas mis les pieds dans une église, mais, il fouilla dans les arcanes de son subconscient pour y déceler un psaume qu’il avait appris alors qu’il n’était encore qu’un tout petit garçon docile.
« A mes paroles prête l’oreille, ô Jéhovah ! Comprends mes soupirs. Sois attentif au son de mon appel au secours, ô mon Roi et mon Dieu, car c’est toi que je prie. »
Will avait prononcé ces paroles avec une foi sans pareille. Et l’instant d’après, il attendit que le miracle se produisît.
Non, ce ne pouvait être qu’une hallucination ! Pourtant, quand Charlotte bougea les doigts une seconde fois, il ne put s’empêcher de hurler :
- Elle bouge, elle bouge, docteur ! Ses doigts bougent !
Au son de sa voix, le médecin accourut en compagnie de deux infirmiers.
- Sortez, monsieur ; laissez-nous travailler ! avait aussitôt ordonné le médecin.
Will sortit à la hâte. Une joie immense se lisait sur son visage. Il ne vit pas Dolorès qui arrivait.
- Bonjour, Will. L’as-tu vu ce ma…
Will ne la laissa pas terminer sa phrase.
- Elle a bougé, tu m’entends, Dolorès ! Elle est en vie, s’écria-t-il en se jetant dans les bras de la vieille dame.
Enlacés comme deux amoureux, ils pleurèrent de joie…

* *
*

Transférée dans la chambre n° 3 depuis la veille au soir, Charlotte recevait à présent ses premiers visiteurs. Tous ceux qui l’aimaient étaient là au grand complet : tante Dolorès, Sharon, Simon, John, Agnès, Lisa, sans oublier Will ainsi que quelques membres du personnel de son restaurant. Une colonie enthousiaste qui étala sa bonne humeur de longues minutes durant.

RIEN QUE POUR UN TELEPHONE PORTABLE…

Publié le 11/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Adamo n’oubliera pas de si tôt ce qu’il lui est arrivé en cet après-midi de samedi…
Il venait de descendre du gbaka qu’il avait emprunté à Yopougon pour Adjamé lorsqu’il fut bousculé par un individu…
La scène avait eu lieu devant la grande Mosquée d’Adjamé.
Comme à l’accoutumée, les environs de l’édifice religieux grouillait de monde. Dans un tohu-bohu indescriptible, voyageurs, « coxers », marchands ambulants et autres véhicules de transport en commun, interprétaient, chacun dans un langage qui lui était propre, des mélodies incompréhensibles et assourdissantes.
En pareille circonstance, se frayer un chemin dans une masse humaine aussi touffue que la forêt amazonienne relevait de l’exploit pour une personne normale, à fortiori, quelqu’un qui avait le physique d’Adamo.
En effet, Adamo n’avait pas du tout été gâté par la nature. Il avait une tête monumentale comme un rocher sur un corps aussi minuscule que celui d’un bébé. Ses doigts étaient si courts qu’il avait de la peine à tenir même une cuillère à café… Pour dire les choses telles qu’elles sont sans utiliser de rhétorique, Adamo n’était rien d’autre qu’un nain. A peine plus haut que trois pommes.
Après qu’il eut été bousculé, il se rendit aussitôt compte que son téléphone portable avait disparu. Ce téléphone, il l’avait acheté lors de la dernière promotion d’appareils, organisée par l’opérateur de téléphonie mobile Orange. Aussitôt, il se retourna et reconnut par la chemise qu’il portait, l’homme qui l’avait bousculé et qui était selon lui son voleur.
- Au voleur ! Au voleur ! hurla-t-il comme un forcené.
En une fraction de seconde, l’homme qu’il tenait pour son agresseur fut maîtrisé par la foule en colère. Aux yeux des badauds, il était doublement coupable : s’être rendu auteur de vol, qui plus est sur un handicapé. Pour ce double forfait, l’homme reçut de violents coups avant de subir un interrogatoire tout aussi musclé. Mais surprise ! Le voleur en question était sourd et muet et répondait aux questions de la foule en émettant un son incompréhensible pour le commun des mortels.
Après qu’on se fut rendu compte qu’il ne jouait pas la comédie, une partie de la foule prit aussitôt parti pour lui.
- Qu’est-ce qu’un sourd-muet va-t-il faire d’un cellulaire ? s’interrogeaient-ils.
Les gens ne tardèrent donc pas à se rendre compte du caractère saugrenu de l’accusation d’Adamo, le nain, et hurlaient à qui voulaient les entendre :
- Comment quelqu’un qui n’entend ni ne sait parler peut-il voler un cellulaire ? Que va-t-il en faire ?
Les partisans du sourd-muet qui avaient grossi en nombre demandèrent alors au nain s’il avait un témoin.
- Oui, clama-t-il tout haut. J’en ai un !
- Voilà qui va leur clouer le bec ! Il dit qu’il a un témoin. D’ailleurs, pourquoi mentirait-il ? s’égosillaient ses partisans.
- Oui, nous sommes d’accord ! Qu’il nous montre son témoin !
- Ce monsieur là-bas a tout vu ; il peut témoigner ! dit Adamo en montrant du doigt un mendiant aveugle.
- Mais, ce pygmée n’est qu’un farceur ! Comment peut-il désigner comme témoin, un aveugle ! menacèrent les partisans du sourd-muet.
- Mais, vous n’avez qu’à l’interroger et on verra bien ! se défendirent ceux d’en face.
- D’accord ! Qu’à cela ne tienne ! Demandons-le lui !
- Monsieur, confirmez-vous les allégations de ce monsieur ?
- Oui, j’ai vu ce monsieur dérober le portable du nain !
Ce fut un véritable tohu-bohu à la suite des propos de l’aveugle qui ne tarda pas à se muer en véritable émeute.
Bientôt, la sirène de la police fit se disperser une partie de la foule. On embarqua immédiatement les protagonistes sans aucune autre forme de procès.
Après les différents interrogatoires et confrontations, le commissaire principal décida de déférer dans les prochains jours, le sourd-muet que toutes les preuves accablaient selon lui.
Les jours qui suivirent, tous les journaux de la ville firent de cet événement, leurs choux gras. A leurs différentes unes, le même titre : Un sourd-muet déféré devant le parquet pour vol de cellulaire !
Les jours suivants, un groupe de soutien au fameux prisonnier fut créé. Certains de ses membres, pour exiger la libération sans condition du détenu, entreprirent une grève illimitée de la faim sur le parvis de la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan.
- Nous voulons que le Président de la République intervienne en personne pour gracier notre camarade. Nous voulons aussi que chaque ivoirien ait un cellulaire pour pouvoir communiquer en toute liberté, pour que plus personne ne soit plus condamnée pour vol avéré ou non de cellulaire.
Quinze jours après, on enregistra le premier mort parmi les grévistes de la faim. La presse nationale et internationale proche de l’opposition commenta abondamment cet événement en accusant le Président de la République de passivité devant la situation.
De plus en plus, une rumeur persistante d’insurrection populaire était annoncée. Pour ne pas prêter le flanc à ses adversaires politiques, aussi bien internes qu’externes, le Président décida de s’adresser au peuple ivoirien :
"Mes chers compatriotes, la Côte d’Ivoire, notre beau pays, traverse actuellement une des crises les plus importantes de son histoire. Nos ennemis cherchent à entraver notre marche héroïque vers le progrès et le développement. Mais je vous invite à résister à cette autre attaque. Faites de la communication votre credo. Car, la communication permet d’éviter les préjugés et de consolider l’unité nationale. Un peuple qui ne communique pas est donc appelé à mourir. Or, nous avons besoin de vivre, nous avons le devoir de vivre. C’est pourquoi, j’ai pris les mesures suivantes :
- A cet instant-même, le sourd-muet Koffi vient de bénéficier d’une grâce présidentielle.
- La date de sa libération sera décrétée Journée nationale de la communication.
- Tous les appareils cellulaires seront désormais exonérés de taxe afin de permettre au plus grand nombre d’en acquérir.
- Tous les partisans recensés de Koffi le sourd-muet auront chacun droit à un téléphone cellulaire et une carte prépayée d’une valeur de 25 000 F CFA.
Mes chers compatriotes, l’avenir appartient à ceux qui sauront communiquer.
Vive la Côte d’Ivoire !"

Le discours du Président fut salué par tous les ivoiriens. Koffi, le sourd-muet fut fêté en héros national. Il fut décoré par la grande chancellerie au cours d’une cérémonie mémorable…

COMMENT CHOISIR SES THEMES ?

Publié le 09/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
L’activité d’écriture est une activité complexe comme je ne cesse de le répéter. Elle requiert tellement de ressources morales, physiques et intellectuelles qu’on se sent presque abattu quand un de nos manuscrits fait l’objet d’un refus de la part d’un éditeur malgré la qualité du style et de l’écriture. Bien souvent, il nous est reproché le fait que notre thème manque d’originalité ou est traité sans aucune originalité. Il arrive quelquefois que nous ne comprenions pas bien la charge que recouvre cette remarque. Aujourd’hui, nous allons essayer d’en fixer quelques repères pour éviter que nos nuits blanches ne soient des nuits pour rien.

Quand on veut écrire, il est toujours important que le thème sur lequel doit porter notre réflexion, soit un thème actuel ou à tout le moins présente une dimension nouvelle de la question que nous voulons aborder.
Un thème actuel suppose qu’il est dans la logique des grandes questions qui se posent à la société dans laquelle nous vivons. En effet, dans toute société, il y a des questions essentielles ponctuelles dont la résolution contribue à l’avancée sociale, économique ou politique de la cité. Les grands esprits, supposés ou avérés, ont le devoir de participer à ces réflexions dont les fruits servent de boussole à la société toute entière. Pour cela, les artistes et en particulier les hommes de lettres, doivent connaître la psychologie et les centres d’intérêt de leur peuple. Quand on dit que l’écrivain est le porte-parole du peuple, ce n’est rien moins que cela. L’écrivain ne fait que mettre sur la place publique les questions qui intéressent ou qui devraient intéresser le peuple. Il les traite selon sa sensibilité et ses aptitudes intellectuelles. Il en présente les avantages et les inconvénients. Il en fixe les nouvelles normes qui pourraient faire avancer la société. Voilà à quels besoins devrait répondre le choix d’un thème. Comme on le voit, le thème répond à un besoin d’ordre social, intellectuel, économique, culturel, politique et idéologique mais ce sont les différents artifices propres à chaque genre culturel qui en consacrent le caractère artistique.
Quand vous choisissez donc un thème, demandez-vous en quoi il pourrait intéresser ceux pour qui vous voulez écrire. Par exemple, le thème de l’amour est un thème très prisé par les écrivains débutants. Si vous êtes de ceux-là, vous devez obligatoirement vous poser les questions suivantes :
- quelles sont mes motivations en choisissant ce thème ?
- quelles conceptions de l’amour veux-je mettre en avant ?
- quel intérêt ces conceptions présentent-elles pour le public ?
- ces conceptions contribuent-elles à faire avancer le débat au plan idéologique, culturel, moral ou social ? Etc., etc.

L’écriture est aussi une projection dans l’avenir, une anticipation sur le futur. Les masses populaires sont tellement empêtrées dans les problèmes d’ordre existentiel qu’elles n’ont pas le temps de songer au futur. C’est le rôle des intellectuels, des artistes et surtout des écrivains de proposer des scénarii dans les différents domaines d’activité. Que ce soit au niveau de la Religion, du village planétaire, de l’avenir de l’Afrique, du monde face à la menace terroriste, du phénomène de l’immigration qu’elle soit clandestine ou légale, de l’usage de la science dans l’amélioration des conditions de vie sur terre, des menaces climatiques qui pèsent sur la planète bleue, de l’éventualité d’une invasion extra-terrestre, de la fin du monde, etc., etc., l’écrivain doit faire valoir son génie pour informer le peuple, le mettre en garde contre les abus de toutes sortes.
Chaque société a ses préoccupations mais de plus en plus avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la vision de l’écrivain s’est élargie au point qu’il peut intervenir sur tous les sujets de par le monde. Encore faudrait-il que son œuvre soit éditée ou distribuée là où elle intéresse le plus le public. Si ce n’est pas le cas, à quoi servira-t-elle ? L’éditeur est le premier à se poser cette question.
L’écrivain, pour échapper à ces menaces, doit se cultiver, s’informer, s’instruire afin que ses œuvres contribuent à l’évolution de l’humanité.

LES CAHIERS DE L'ECRIVAIN DEBUTANT VII

Publié le 08/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
LE RECIT ENCADRE

Je l’ai souvent dit, le premier matériau de construction du texte narratif, c’est l’histoire qu’on se propose de raconter. Je ne reviendrai pas sur les autres matériaux de construction encore moins sur le schéma narratif canonique (vous les trouverez dans les premiers cahiers de l’écrivain débutant), mais je m’attarderai aujourd’hui sur la notion d’histoire pour en révéler l’importance.
Qu’est-ce qu’une histoire en terme de création romanesque ?
Selon le dictionnaire HACHETTE, l’histoire est une relation d’actions, d’évènements, d’aventures réelles ou inventées. Raconter une histoire à un enfant. L’histoire d’un voyage.
Le mot qui me paraît central dans cette définition c’est le terme de RELATION.
En effet, relation, c’est d’abord et avant tout le fait de relater. En sont dérivés les mots narration et récit.
Mais il y a une deuxième définition qui vient en renforcer la compréhension et qui insiste quant à elle sur le RAPPORT tissé entre des personnes en l’occurrence ici entre les personnages.
C’est cette deuxième définition qui consacre le caractère artistique de l’œuvre romanesque. Car, le génie de l’écrivain, c’est d’arriver à créer une harmonie entre les actions, entre les événements, entre les différentes histoires, etc., de sorte à présenter une toile homogène.

Une des techniques utilisées par les écrivains pour rendre leurs textes limpides et attrayants (quand une histoire est trop simple, elle n’accroche pas), c’est le récit encadré.
On dit qu’un récit est encadré lorsqu’il prend place à l’intérieur d’un autre texte, qui peut être narratif, descriptif, explicatif ou argumentatif.
Le texte dans lequel s’insère le récit s’appelle texte-cadre. C’est dans ce texte-cadre que prennent place un ou plusieurs autres récits. On peut même parfois observer plusieurs niveaux d’emboîtements.
Dans le texte-cadre, différents éléments peuvent amener le ou les récits encadrés. Ce peut être :
- un mot, une réaction ou une question :
Ex : - Et Clara ?
- un objet, un paysage, un animal ou une personne :
Ex : Le gecko est un petit lézard…
- un sujet de conversation :
Ex : J’en ai eu des aventures ! Mais aucune comme celle qui m’est arrivée au port où l’on va bientôt jeter l’ancre !

Comme on peut le constater, l’utilité du récit encadré est multiple. On peut raconter pour illustrer une affirmation, pour apporter une explication, ou tout simplement pour émouvoir, effrayer, passionner, etc.

Dans un texte narratif, il introduit une pause dans la narration. Il fait entendre une autre voix dans le récit.
Dans un texte descriptif, il illustre la description, ou le portrait. Il met la description en action.
Dans un texte explicatif, il illustre ou fait comprendre par un cas concret. Il peut aussi servir de justification.
Dans un texte argumentatif, il vient à l’appui des arguments avancés pour étayer un avis.

Tout ce charabia pour dire que, quand vous écrivez, il faut éviter tout ce qui pourrait provoquer une quelconque confusion chez le lecteur. Il faut aussi varier, pour éviter la monotonie, les niveaux de narration. A l’intérieur de votre histoire principale, doivent s’insérer des histoires secondaires avec des narrateurs différents mais sans provoquer de hiatus dans la compréhension du texte. Un bon roman, c’est une combinaison harmonieuse de plusieurs histoires à l’intérieur d’une histoire, de plusieurs voix à l’intérieur d’une voix. Lisez le texte de Isabelle Boni-Claverie et vous comprendrez tout ce que je viens de vous dire. Mais la référence mondiale dans le domaine est bien le chef-d’œuvre Cent ans de solitude de Garcia Marquez que tout le monde connaît.
N’hésitez surtout pas à lire les textes-référence pour en percer les secrets.
Bon courage, cher collègue et à bientôt.

L'AMOUR EN HERITAGE (Roman inédit) Chapitre 10

Publié le 07/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
Charlotte venait de se réveiller.
- Will ? Mais, qu’est-ce que tu fais là-bas ?
- Rien… eh ! non, non, ne viens pas !
Charlotte ne pouvait s’empêcher de rire devant les gestes puériles de Will.
- Donne-moi encore une minute, d’accord ? Va-t’en, va-t’en !
Charlotte revint alors sur ses pas et s’empara d’un colis qu’elle avait laissé dans le canapé. Puis, elle se dirigea de nouveau vers Will. Celui-ci se mit encore à crier :
- Non, non, non ! tu vas gâcher le plaisir de la surprise !
Charlotte sautillait alors comme une enfant.
- Oh ! il faut que je vois ça !
- Allez, va-t’en, allez ! cria-t-il en faisant de grands gestes.
Charlotte se tordait de rires.
- Ça y est, presque. Encore une seconde, une seconde ; presque prêt ! Attends encore, juste une seconde, et voilà ! Ça y est ! Allez, surprise !
Des ampoules multicolores éclairèrent alors une partie du séjour. Mais, au moment où Charlotte essayait de s’approcher, elle ressentit un malaise comme elle en avait connu ces derniers temps et s’affala brutalement au milieu de la pièce.
L’instant d’après, une ambulance la conduisait à la clinique…
Le docteur Gandy, aussitôt informé de la situation, sauta dans son hélico privé en direction de Yamoussoukro.
Dans la salle d’attente de la Clinique Notre Dame des Lacs, Will tournait en rond comme pris au piège, faisant d’interminables va-et-vient.
Ses amis étaient là pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve : John et sa femme, ainsi que Lisa et tous les autres, personnels du restaurant…
Il y avait aussi les parents et amis de Charlotte qui étaient là : la vieille Dolorès, Simon et Sharon…
Tous avaient le visage marqué par la tristesse et la douleur. L’inquiétude qui les minait était insurmontable.
Une infirmière vint informer Will que Charlotte avait repris connaissance.
- Ne restez pas longtemps, lui conseilla-t-elle.
- Bien.
Il était à présent seul avec elle. Il posa sa tête à côté de la sienne et murmura à son oreille :
- Le temps jamais ne sépare les ailes du corps de l’oiseau. L’oiseau va avec ses ailes, ses plumes avec le ciel… Rien de ce qui a volé, ni l’alouette ni toi ne meurent comme le temps.
Charlotte ouvrit alors les yeux et lui dit d’une voix tenue :
- Mais, qu’est-ce que j’ai fait de toi !
- Tu m’as détruit pour les autres femmes.
- Non, je t’ai sauvé pour elles.

Dehors, des voix signalèrent l’arrivée du docteur Gandy qui, sans perdre une seule seconde, demanda :
- Elle a été préparée pour six unités ?
- Oui, docteur, lui répondit le médecin de Charlotte.
- Bon, qu’est-ce qu’on attend ?
- Juste vous, docteur.
- Alors, on y va.
Aussitôt, Charlotte fut conduite au bloc opératoire, sous le regard inquiet de Will et des autres.
L’attente était longue et pénible pour les uns et les autres… Il y avait dans chaque regard, une illusion prête à s’envoler sans avoir tenu parole. Il y avait dans chaque larme, des espoirs furibonds, prêts à capituler au moindre danger. Et l’amour dans tout ça ? « Charlotte, ton visage a illuminé ma vie. Si tu pars, ce sera avec mon âme et ma vie s’usera au contact de la douleur »…
Des heures s’écoulèrent…
Enfin, le docteur Gandy sortit de la salle d’opération et s’avança vers Will, le regard fixé au sol.
Tous avaient les yeux braqués sur lui. Que pouvaient-ils bien ressentir à ce moment précis ?
Will alla à sa rencontre. Mais, le médecin n’esquissa aucun geste qui eut pu lever le doute sur l’issue de l’intervention.
Will sentait ses jambes vaciller, prêtes à se dérober sous lui, quand il entendit cette voix, comme dans un rêve.
- Nous avons réussi ! Le miracle s’est produit !
Will ne sut pas ce qui s’était passé car, tout de suite après, il avait perdu connaissance.
Quand il revint à lui, il était couché sur un lit, à l’hôpital.
- Et Charlotte ? hurla-t-il aussitôt à l’infirmière qui le veillait.
- Elle n’a pas encore repris connaissance, lui répondit-elle, mais ce n’est qu’une question de temps.
- Puis-je la voir ?
- Non, pas maintenant… Vous savez, M. Pokou, c’est un vrai miracle, ce qui vient de se produire. Les chances de réussite de cette opération étaient quasi nulles…
- C’est l’amour qui l’a sauvé !
- Pardon ?
- Non, rien.
Puis, il ferma les yeux pour savourer sa victoire sur la mort. (A suivre)

QUI SUIS-JE ?

Publié le 04/01/2008 à 12:00 par ndahfranc
QUI SUIS-JE ?
Un écrivain ? Certainement pas, puisque aucune œuvre éditée ne porte mon nom. Et mon nom ne vous dit rien puisqu’il ne sert qu’à me nommer. Or, je ne suis « rien », pas un écrivain en tout cas.
Mais j’aime écrire. Pour me soulager et pour vous faire plaisir. Ils ont voulu me faire taire en me coupant la langue. Ils ont seulement oublié que les mots ne sont pas fils de la parole. Les mots sont dans le murmure du vent et dans les sourires éclatants du soleil. Leur demeure est dans le ventre du Silence. Or, je suis fils du silence. Comme vous. C’est pourquoi vous aimez écouter mes histoires. Mais, sont-ce vraiment mes histoires ? Ai-je la capacité d’inventer des histoires, moi, simple humain ? Non, je ne fais que vous relater des bribes d’histoires que les anges ne cessent de nous raconter pour nous aider à vivre agréablement et utilement. Toutes leurs histoires sont belles mais ce sont nos oreilles qui les déforment quelquefois. Soyez donc indulgents si certaines de « mes » histoires manquent de fluidité ou de poésie. Je m’efforce chaque jour d’aiguiser mon ouïe afin de vous faire plaisir. J’ai bien dit plaisir car, la force m’aurait manqué si je ne vous avais pas su si nombreux à visiter mon blog. Quelqu’un disait : « Et si on te vole tes histoires ? » Seul un sot pourrait agir ainsi. Car, comme je l’ai dit, ces histoires ne m’appartiennent pas ; elles sont la propriété des anges. En plus, il serait plus sage de chercher à acquérir la technique plutôt que de voler l’histoire.
Passez le mot à vos amis afin qu’ils nous rejoignent au temple où nous nous sommes donnés pour mission d’apprendre à dompter les mots. J’ai dit les mots et non la parole car, la parole est indomptable et est à l’origine de toute chose. Elle est en tout. Quand vous riez, c’est la voix de la parole. Quand vous pleurez, les larmes de cristal qui tombent de vos yeux ne sont rien d’autres que la voix de votre cœur. Dans chacune d’elles, il y a l’itinéraire de vos différentes vies. Mais, sachez que c’est ensemble, en échangeant nos différentes expériences, que l’écriture nous livrera le secret des dieux.


DERNIERS ARTICLES :
AUTOPSIE
Bonsoir François, Je serai très heureux de partager mes idées avec toi et avec tout le groupe. Aussi, je crois que tu peux donner une autre image à ton blog. Par exemp
LES EPINES DE LA GRANDEUR
Les astrologues croient fermement que leur art est une science. Ils tentent de le démontrer, tous les jours, par leurs ouvrages et leurs interviews. Dans son ouvrage : «
LE PARDON COMME FRUIT DE LA REDEMPTION
ETTY MACAIRE Professeur de lettres modernes/SIZE
BLASSONNI OU LA CREATURE DE LA PERFECTION
"BLASSONNI ou la créature de la perfection" est dans les rayons des librairies depuis la fin du mois de juillet 2009. Cet ouvrage de littérature de jeunesse édité par l
PRIX IVOIRE 2009
Prix ivoire 2009 : Les ouvrages sélectionnés connus Le pré-jury du Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d'Expression Francophone, présidé par le critique littérai

forum