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Date de création : 15.11.2007
Dernière mise à jour : 30.10.2009
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LITTERATURE IVOIRIENNE

Publié le 18/11/2007 à 12:00 par ndahfranc
LITTERATURE IVOIRIENNE
QUAND LA GUERRE DE SUCCESSION FAIT RAGE.
Depuis la mort de Jean-Marie Adiaffi et d’Ahmadou Kourouma, la littérature ivoirienne a perdu de sa verve sur le plan international, d’autant plus que ceux qui étaient sensés prendre le témoin n’ont pas répondu présents à l’appel. En effet, après la disparition de ces illustres noms, la discrétion un peu surprenante de Zadi Zaourou, le maître (qui a su tout de même nous gratifier dans les journaux de sa désormais célèbre Chronique des temps qui tanguent) et la retraite bien méritée de Bernard Dadié (une autre icône de cette littérature), l’on s’attendait à voir émerger Bandaman Maurice (Le fils de la femme-mâle) qui attendait depuis un moment dans l’antichambre de la gloire internationale et à un degré moindre, Véronique Tadjo (auteur de Latérite), qui par sa polyvalence, a su quelquefois attirer les projecteurs sur elle. Mais très vite, l’on s’est rendu compte que pour jouer à un tel niveau, il faut beaucoup plus que du talent. Le premier éprouve des difficultés à concilier carrière politique et littéraire tandis que la seconde, du fait de son éloignement de la terre natale, n’arrive pas vraiment à accrocher le lectorat local. Dès lors, une redistribution des cartes s’imposait.

Les vrais héritiers
Et pourtant, les vrais héritiers sont là !
Isaïe Biton Koulibaly, resté égal à lui-même, a continué de gratifier ses lecteurs d’œuvres certes de qualité moyenne, mais adaptées à leur niveau. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, son lectorat compte parmi les plus importants de la place. Ce n’est pas son roman Et pourtant elle pleurait paru récemment chez Frat-Mat Editions qui le démentirait, lui qui fait partie des meilleures ventes en Côte d’Ivoire.
Camara Nangala, cet autre cadre de l’écriture ivoirienne, amoureux de sa liberté (il est l’auteur de Le printemps de la liberté), continue de tisser lui aussi sa toile. En effet, l’homme s’étant rendu compte que les maisons d’édition manquaient de volonté et surtout de professionnalisme, a décidé de créer sa propre structure afin de mieux vendre ses livres. Apparemment, cela semble bien lui réussir dans la mesure où ces dernières années, il a inondé les librairies surtout d’œuvres de littérature de jeunesse. C’est peu dire qu’il est l’idole de cette tranche d’âge en matière de littérature. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Régina Yaou, elle aussi, continue de tenir sa place. En effet, pour mieux soutenir la concurrence, en plus de sa maison d’édition habituelle, elle a publié depuis quelques mois une œuvre romanesque chez Cercles Editions, une nouvelle venue dans l’édition. L’auteur de Ehui Anka ne veut pas céder un seul pouce de terrain et c’est tant mieux pour les lecteurs.
Flore Hazoumé fait également partie des espoirs de la littérature ivoirienne. Tant bien que mal, elle essaie de s’accrocher pour ne pas se laisser distancer dans cette lutte de positionnement. Dernièrement, son œuvre, Au coin de la rue, la vie m’attendait, a reçu les éloges d’universitaires reconnus et c’est de bon augure pour la suite de la compétition.
Fatou Kéita fait aussi figure de cadre de la littérature ivoirienne. Ses thèmes favoris, à savoir la femme et l’excision, lui ont valu d’être retenue au programme scolaire avec son œuvre "Rebelle", ce qui est un honneur. Sa dernière œuvre "Et l'aube se leva" a également reçu un bon écho de la part du public.
Quelques universitaires comme le Professeur Gnaoulé-Oupoh, Jean-Baptiste Kouamé, Yao N’guetta et bien d’autres, regardent un peu de loin cette lutte fratricide qui semble un peu les dépasser du fait de leurs productions limitées.

Les mal-aimés
Dans cette partie, je parlerai essentiellement de deux auteurs qui veulent forcer le destin. Il s’agit de Tiburce Koffi et de Vénance Konan. Ces « deux larrons en foire » sont arrivés depuis peu à la littérature mais quelle énergie ! Mais, s’ils sont soumis aux feux de l’actualité, ce n’est pas seulement à cause de leurs productions littéraires, mais c’est surtout à cause de leur façon irrévérencieuse de parler des personnalités qui incarnent les institutions de la République. Cela est peut-être dû à leur triple casquette. En effet, l’un et l’autre sont journalistes et militants actifs de partis politiques si bien qu’il est difficile de savoir à quels titres ils parlent quand ils prennent la parole. Cette façon de faire, même si elle plaît à quelques-uns est mal vue par certains intellectuels qui estiment qu’on peut dire la vérité tout en restant courtois. Enfin bref, laissons chacun utiliser la stratégie qui est la sienne. Car je suis convaincu qu’il s’agit plus de stratégie que d’autres choses. En effet, Tiburce et Vénance, ayant certainement constaté qu’il manquait un véritable leadership au niveau de la littérature ivoirienne ces dernières années, veulent opérer un coup de force avec l’appui de puissants relais médiatiques. Pour l’instant, cela semble bien leur réussir car, en plus de leurs coups de gueule quotidiens, il faut bien avouer que leurs œuvres méritent d’être citées chaque fois qu’on parle de littérature ivoirienne. Pas seulement à cause de leurs titres volontairement provocateurs, mais aussi à cause de la qualité des thèmes traités et de l’écriture. Les prisonniers de la haine et Robert et les catapilas, les deux premières œuvres de Vénance Konan sont un régal pourvu que l’on se départisse de ses préjugés. Quant à Tiburce Koffi, dans un style à la limite de la prose poétique, il a su faire admirer son talent d’artiste. Terre de misère, L’embarras de Dieu et L’agonie du jardin sont des productions qu’il faut lire absolument pour comprendre le comportement atypique de ce « rebelle ». Mais cela suffit-il pour faire de ces deux auteurs de véritables leaders ? Seul l’avenir nous le dira.

Les jeunes loups
Le domaine de l’édition en Côte d’Ivoire est d’autant plus difficile que les éditeurs ne s’intéressent qu’aux auteurs qui ont déjà un nom. Leaders politiques, hommes de média, utilisent leur popularité pour entrer par effraction dans le royaume littéraire. Mais, certains jeunes passionnés n’entendent pas se laisser décourager par de telles pratiques. Et, avec la démocratisation de l’édition ces deux dernières années, ils espèrent prendre part au débat et avec des œuvres de qualité. L’un des plus sérieux prétendants de cette génération reste incontestablement N’DAH François d’Assise Konan. Ce jeune passionné a déjà plusieurs œuvres à son actif. On peut citer entre autres "Mission accomplie", "Le jour où la vie m'a fait pleurer", "La légende du coq sacré", "Le retour de l'enfant-soldat", "Blassonni ou la créature de la perfection" ainsi que des nouvelles parues dans des ouvrages collectifs. C'est dire combien la lutte s’annonce épique !
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Ecrire un commentaire Commentaires (10)

Traore Aminata le 04/02/2008
Je suis entièrement d'avis avec votre analyse que je trouve pertinent.
Il faut inciter aussi le public à lire et surtout aborder des thèmes qui sont d'actualité. sUIS jeune écrivain dont le livre est en cours d'édition et j'espere noous cette jeunnesse le soutien de nos ainées.


Hamitraore le 04/02/2008
Merci pour cette analyse pertinente. j'espere que les maisons d'éditions donneront la chance aux nouveaux pour exterioriser leur substance littèraire.Surtout avoir le soutien des ainées. Par les thèmes abordés, l'écrivain se doit d'inciter le public. Je serai ravi de recevoir des informations du monde de littèrature en particulier ivoirienne.
Mon blog


oumar le 12/07/2008
je suis surpris de voir Venance KoNAN placé parmi les mal aimés de la littérature ivoirienne! vraiment surpris, parce que c'est un auteur de qualité. l'un de ceux trés rares dont on peut lire les oeuvres sans somnoler!


kouadio le 20/02/2009
je suis d' autant heureux quant on parle de livre car pour c 'est grace a la lecture que la jeunesse ivoirienne relevera le defi de la maturite .mais egalemment j 'envisage ecrit un livre et je demande a nos devanciers et aux specialistes d encader les futur ecrivains comme moi. concernant votre analyse je crois qu 'elle merite d 'etre saluée et je dirais aussi d apres les les termes du pr gnaoule oupo l 'ecrivain ne doit pas etre reserver a une certaine classe d 'individu
http://carus.centerblog.net


Badr Ryadi le 17/03/2009
j'ajouterais Fatou Keita parmi les écrivains reconnus.
j'ai beaucoup apprécié son dernier roman "et l'aube se leva"
au point d'en faire une critique sur mon blog qui n'est pas en rapport avec la Côte d'Ivoire.
peut être justement parce que l'histoire dépasse les frontières de ce pays.

http://badrryadi.centerblog.net


manasse le 20/04/2009
il est un grand ercivient ivoitiene


yapi sosthene le 02/05/2009
je partage votre avis avec affirmation car grace à votre talent;jeunesse que nous sommes nous arrivions à ètre plus heureux.


yao kouadio florent le 08/08/2009
c,est du bon


DJELA le 23/08/2009
votre analyse n est pas mauvaise mais je pense que vous avez oublier Alain Tahi


Maferima TAMELA le 12/10/2009
votre analyse est pertinente,cependant il ne faut pas oublier qu'une oeuvre de VERONIQUE TADJO est au programme pour les etudiants de deuxième année à la fac de lettres de l'univ de cocody,c'est dire qu'elle a reçu l'estime des professeurs responsables de l'UP. Il faut aussi reconnaitre que le professeur Gnaoulé est très occupé et qu'il fait d'énormes efforts pour booster la littérature ivoirienne ;j'en prends pour exemple le fait qu'il ait réussi à faire introduire cette discipline à la fac des lettres de l'université de Cocody.enfin le problème des maisons d'editions et des auteurs ivoiriens c'est qu'il n'ont pas encore réussi à faire entrer dans les cœurs des ivoiriens la culture et l'amour de la lecture.C'est bien pourquoi ils ne se vendent pas.merci.


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